PORPHYRE
du polythéisme non moins que celles du christianisme. Mais, ne voulant renverser Tun que pour restaurer Tautre, il trouve moyen de légilimer Tancien culte. Il eDseigae donc qu'au-dessous de ce grand Dieu qu*il faut adorer en silence, il y a des esprits célestes qui nous servent de médiateurs auprès de lui et qu'il convient de nous concilier par des moyens sensibles. Ils réclament de nous des sacrifices et des fêtes, mais surtout des prières. « Ceux qui refusent de prier les dieux et de tourner leurs pensées vers ces modèles de toutes les ▼ertos ressemblent à des enfants san« père etsans mère. » Pour appeler ainsi les dieux « les modèles de toutes les vertus, » il fallait nécessairement ne pas prendre à la lettre les traditions religieuses du paganisme. Aussi voyons-nous que Porphyre et ses successeurs entreprirent d appliquer à la mythologie consacrée un large système d'interprétation philosophique.
De fait, le polythéisme, qu*il aurait été difficile de concilier avec la doctrine d'un Dieu personnel, semblait pouvoir s'accommoder d'une théologie panthéiste. La divinité étant l'essence de tout, n'est-elle pas toute qualité et tout élément ; n'est-ellepas la beauté de même que la sagesse, ou Minerve de même que Vénus; n^est-elle pas le feu de même que Teau, ou Yulcain de même que Neptune ? Que sont donc les fables mythologiques, sinon l'expression symbolique des mille formes de la vie des êtres au sein de TEtre?
Les néo-platoniciens furent tout heureux de pouvoir s'approprier la vieille religion, et ils se mirent à en •montrer le fort et le faible, le vrai et le faux, se réservant de garder l'un et de repousser Tautre,
L'ÉGLECTISMK ALESAiSDIUN
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lii]ue et l'art, les mystères sacrés avaient conservé une vie propre dont le foyer était la pensée spirilualislc ! rayonnant à. travers la grossièreté des symboles accu- < mules par l'usage. Dans ces mystères, il y avait incontestablement en germe une haute métaphysiijue. On pouvait montrer, par exemple, que la pensée antique | entrevoit dans l'Amour l'unité première d'où tout dérive; ■ qu'elle tend à considérer la création comme l'acte gêné- , reux de l'Etre s'amoindrissant lui-mônie pour furmer ' des êtres de ses propres membres; enfin, qu'elle semble affirmer le câté divin de l'humanité et la possibilité de J noire absorption en Dieu, quand elle attribue aux héros 'I le pouvoir de conquérir par leurs vertus une place parmi les divins habitants de l'Olympe.
Mais qu'est-ce que l'exégèse la plus habile, sinon l'acte de décès d'une religion, et, en quelque sorte, son der- 1 nier signalement? Les Alexandrins avaient bien cette 1 érudition savante avec laquelle on enterre le passé ; 1 mais ils n'avaient pas cette foi sincère et naïve qut crée l'avenir, Leur apologie du paganisme en fut l'oraison ' funèbri.'. "
L'attitude de la nouvelle école devait pourtant lui attirer la protection de l'empereur Julien qui fut l'ennemi des chrétiens parce qu'il était l'ami des vieilles mœurs et des vieilles croyances de l'empire. Mais c'est en vain que la politique tentera de faire servir une philosophie sénile à la restauration du polythéisme et à In régénération de l'ancien monde. Il n'était pas au pouvoir des détenteurs de la force [lubllque pas plus que | des thaumaturges oudesriiéteurs de ressusciter un cadavre.