PORPHYRE
El comment concevoir qu'il eût pu en être autremenl, quand on voit avec quel esprit aristocratique les néo-platoniciens travaillaient à une renaissance religieuse ? A Texemple des stoïciens, ils ne savent pas comprendre que la solidité et la durée manquent fatalemenllàd'où le peuple est exclu et ils professent à Tégard du vulgaire un orgueilleux mépris. « Je ne m'adresse poiot, disait Porphyre, aux artisans, aux athlètes, aux matelots, aux gens d'affaires, mais à celui qui s'inquiète de la nature de l'homme, de son origine et de sa destinée. On ne. tient pas le même langage à ceux (|m dorment et qui ne s'occupent en quelque sorte qu'à leur sommeil et à celui qui s'efforce de secouer la torpeur du corps et qui dispose tout autour de lui pour l'éternel réveil. A l'un, la vie austère, la solitude et les longues contemplations; aux autres, l'ivresse et ses pesanteurs, l'assouvissement des appétits, une chambre bien close, un lit mou et chaud, enfin toutes les délicatesses qui amènent la stupidité de Tàme et qui produisent la paresse et l'oubli. » Le christianisme, lui, Deul pas de ces dédains, et c'est parce qu'il s'adressa surtout aux petits qu'il se fit grand.
Il ne faudrait pas croire qu'en dédaignant de se rendre populaire la théologie alexandrine ait évité de devenir extravagante. Porphyre imagine des hiérarchies sans fin de génies malfaisants ou bienfaisants et veut que l'ordre général de nos pensées ait son corrélatif dans une série parallèle d'êtres invisibles.
C'est en effet la tendance du platonisme de transformer en réalités vivantes de pures idéalités.
Sur ce point Porphyre outra beaucoup les défauts de
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ses mailres. A son tour, il fui largement dépassé par son disciple Jamblique, CDCore plus porté que lui à voir dans de simples conceptions de véritables êtres et à compliquer le dénombrement des démons.