LES FOLIES MYSTIQUES DES ALEXANDRINS
Les successeurs de Jamblique, Sopater, Edésius, Maxime, imitant ses emportements d'imagination, furent avaot tout en quête de prodiges et firent de Fécole néoplatooicienne une véritable école de magie.
Il semblait qu'un esprit de vertige s'était répandu dans les âmes, ou plutôt qu'une espèce d'hystérie contagieuse avait surexcité les cerveaux. On était possédé de la monomanie des extases, et on décorait du beau nom de contemplation divine les ivresses du délire le plus incohérent.
La première cause de ces insanités est le discrédit où était tombée la raison parmi les Alexandrins. Aime et pense ce que tu voudras; aime et fais ce que tu voudras : voilà la double conclusion où tendait le mysticisme de Técole. Or, conclure ainsi, c'est éliminer comme choses indifférentes la philosophie et la morale, la sagesse et la vertu.
Le vertueux Plotin lui-môme, préludant aux exagérations de ses successeurs, en était venu à dire : « Rien ne souille le sage; tout lui obéit et lui appartient; les choses de la terre ne peuvent pas plus altérer son âme, que les ordures des fleuves ne salissent la mer. S'il craignait que quelque chose le souillât, il le fuirait; mais il use de tout, mais il se permet tout, parce qu'il a conscience de son inviolable pureté. » Jeu dangereux
LÈCLKCTISME ALEÏANDBIN
que de laisser faire la bète. Si on ae peut faire l'anife qu'à ce prix, mieux vaut rester simplement homme.
LE r.RANU El'I.ECTIyl'E PlilIliLlS
La philosophie alexandrine ne devait pas seulement fleurir à Alexamlrie, C'est à AlhOnes qu'elle jeta son dernier éclat, avec Syrianus, et surtout avec son disciple Proclus.
Proclus combine à nouveau les doctrines de ses prédécesseurs et y ajoute de savantes recherches sur la sagesse occulte des mystères. Erudit par-dessus tout, il accentue plus qu'on ne l'avait fait avant lui le caractère éclectique de la philosophie alexandrine. Itien ne senilile lui tenir plus à cœur que la crainte d'être suspect d'originalité. Pour ne pas encourir un tel reproche, il n'écrit que des commentaires : commentaires sur l'œuvre d'Homère, commentaires sur les Ennèadcs de Plotin, commentaires sur le Phédon, sur le Plivdre. sur le Timée, sur le Parmùnidc, sur les Loif; de Platon. C'était déjà l'habitude de ses devanciers de produire leurs idées sous la forme de commentaires. Tous ces philosophes avaient besoin de s'attacher à une école antérieure, comme le lierre aux murailles. De là ce qu'il y avait toujours d'artilîciel dans leurs théories. Us savaient trop et voulaient surtout Irop savoir. Ils ne s'abreuvaient pas assez à la bonne source, la nature.
Mais que de choses ils connaissaient, et comme ils s'accordaient tous à infuser l'Orient dans la (îrèce ! Le cœlésyrien Jamblique étudiait les my.slères d'Egypte. Le tyrien Porphyre développait les idées indiennes et pythagoriciennes sur la métempsycose et sur la nécessité de