‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 31 sur 244 · LACTE DE DÉCÈS DU PAGANISME · texte numérisé non relu

LACTE DE DÉCÈS DU PAGANISME

Au-dessus de tout cela, Damascius, un des derniers Alexandrins, semblera mettre l'ignorance, déclarant que rieo ne peut être ni vu, ni conçu, ni deviné, et qu'au fond de tout il y aune impénétrable nuit. Il sera absurde, mais non inconséquent. Le nihilisme, voilà bien le terme où Ion aboutissait. C'était tomber d'autant plus bas qu'on avait voulu s'élever plus haut.

Cependant Proclus eut les plus brillants succès : on lui attribua une merveilleuse sagesse et le don des miracles. Autour de lui se pressèrent de nombreux disciples, des femmes même, telles que Sosipatra et cette belle Hypathie, chaste, savante, éloquente, mais coupable d'èlre païenne, qu'une foule fanatique assaillit, traîna dans une église, et la mit en pièces.

Mais vainement glorifiait-on Proclus d'avoir renoué la chaîne d'or du platonisme; vainement semblait-il que les beaux jours de Plotin étaient revenus. C'était là une vilalilé factice; l'esprit de vie était ailleurs.

l'acte de décès du paganisme

L'heure allait sonner où l'école alexandrine s'éteindrait naturellement. L'intolérance ne voulut pas attendre. L'an 529, Justinien, écoutant les chrétiens, persécutés de 1& veille qui maintenant devenaient des persécuteurs, fit fermer les dernières écoles des philosophes païens. La plusimportante^de ces écoles brutalement fermées était Técole établie à Athènes. Il entrait dans les destinées de la philosophie hellénique que la ville qui fut son berceau fût aussi son tombeau.

Désormais, vain sera tout effort des hommes du passé pour galvaniser les vieilles croyances. Le paganisme est

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mort, et d'autant plus mort que sa part d'essence immortelle s'incorporera au culte nouveau avec de poétiques transfigurations.

Fleuves et bois, foyers et cités portent le deuil des dieux ; et TOlympe, avec son Jupiter couronné de roses, a fait place au Calvaire oii trône le Christ couronné d'épines.

Le christianisme mate Forgueil des sens, de la beauté et de la vie; mais il révèle aux cœurs le mystérieux infini des voluptés de la foi, de Tespérance et de la charité.

Il y a un amour des âmes dont lé christianisme est le créateur et qui convertit en ineffables délices douleurs et sacrifices.

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