LE CHRISTIANISME DEJUDAISE PAR SAINT PAUL
observances mosaïques, faisaient valoir que Jésus avait pratiqué le judaïsme jusqu'à sa mort, et que, loin de l'abroger, il lui avait promis une durée égale à celle du ciel et de la terre. En même temps, ils alléguaient contre les tentatives d^apostolat universel ces paroles du Christ à ses disciples : « N'allez pas vers les Gentils et n'entrez pas dans les villes des Samaritains ; mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. »
Paul ne s'embarrassa pas de ces chicanes. Il enseigna que (( le vrai Juif est celui qui l'est intérieurement, non celui qui Test au dehors », que « la vraie circoncision est celle du cœur, non celle de la chair », et aux religions locales qui, enfermées dans l'enceinte d'une cité, sont une espèce de forteresse spirituelle oii se retranche l'égoïsme national, il opposa Tidée d'une religion cosmopolite qui ouvre aux âmes le royaume illimité de l'esprit et les fait toutes égales devant Dieu.
Ici, « ni juif, ni gentil ; ni circoncis, ni incirconcis ; ni barbare, ni scylhe ; ni esclave, ni libre; mais Jésus- Christ tout en tous ».
L'humanité n'est qu'un seul corps dont les membres sont universellement appelés à être « les héritiers de Dieu et les cohéritiers du Christ ».
La philosophie antique avait préparé l'œuvre de Paul ; et tout comme la formation dû monde romain avait ménagé ses assises au monde chrétien, les tendances universalistes des penseurs avaient disposé les esprits, par le discrédit graduel des cultes locaux, à l'acceptation d'un culte indépendant des familles, des nations et des races.
Tandis que le passé identifiait la religion avec le foyer
Fabhe. — Pensée clirélicnnc. 5
m LF CHRISTIANISMl:: PRIMITIF
et la cité, les Socrate, les Platon, les Arislole et celte grande élite des stoïciens avaient fondé le règne de la sainte liberté des âmes qui au-dessus des groupements humains voient l'humanité et séparent du domaine temporel des institutions le domaine spirituel des croyances.