‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 5 sur 244 · LES PHARISIENS T · texte numérisé non relu

LES PHARISIENS T

Malgré ces belles maximes, les pharisiens, forts de leur puissance et hostiles aux nouveautés, étaient devenus des sectaires intolérants, habiles à prêcher la charité mieux qu*à la pratiquer.

Lors de l'avènement du Christ, tous leurs instincts conservateurs se révoltèrent en présence de cet agitateur dont la parole hardie entreprenait de renouveler les àraes. Aussi est-ce contre eux que Jésus dut surtout diriger ses attaques. Il faut voir comme il oppose sa mission toute populaire à leurs prétentions aristocraliciues. Dans l'exagération de leur culte pour le savoir, les pharisiens n'admettaient pas que la piété pût être là où était rignorance. Jésus déclare qu'il est venu convaincre la science de vanité ; et, tendant les bras aux déshérités de ce monde, il s'écrie : « Je vous loue, mon Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et que vous les avez révélées aux petits. Cène sont point ceux qui sont • en santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. En vérité, je vous le dis, ô sages, les pécheurs et les courtisanes vous précéderont dans le royaume de Dieu. Venez à moi, vous tous qui êtes travaillés et chargés de quelque peine, et je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez le repos de vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger. 0 hommes, en vérité, je vous le dis, si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des deux. »

Les pharisiens, s'estimant seuls justes, mettaient leur confiance en eux-mêmes et méprisaient les autres. Làdessus, Jésus disait : « Deux hommes montèrent au

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temple pour prier; Tun était pharisien et Taulre publicain. Le pharisien, se tenant debout, priait ainsi en luimême : « Mon Dieu, je vous rends grâce de ce que je ne suis pas pareil aux autres hommes, qui sont ravisseurs, injustes, impudiques, ni tel qu'est ce publicain. Je jeune deux fois la semaine, je paie la dîme de tout ce que j\ii de bien. » Et le publicain, se tenant éloigné, n'osait pas seulement lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : « 0 Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur ! » Je vous le dis : celui-ci s'en retourna justifié dans sa maison et non pas l'autre; car celui qui s'exalte sera humilié et celui qui s'humilie sera exalté, y)

Enfin, les pharisiens affectaient un zèle dévot, qui chez beaucoup, était plus politique que religieux et sous lequel se cachait une hypocrisieprofonde. Jésus jeta à ces louches tyrans du sanctuaire un immortel anathème : « Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Observez tout ce qu'ils vous enseignent, mais ne faites pas selon leurs oiuvres ; car ils disent et ne font pas. Ils lient sur les épaules des hommes des fardeaux pesants que les hommes ne peuvent porter, et que, pour leur })art, ils n'ont garde d'effleurer du bout du doigt. C'est pour T'tre vus des autres qu'ils accomplissent toutes leurs actions. Ils aiment les premières places dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues, et qu'on les salue dans les lieux publics, et que les hommes les appellent 7?ialircs. Pour vous, ne veuillez point être appelés maîtres, car vous n'avez qu'un maître et vous êtes tous frères; ne donnez, non plus, le nom de père à personne sur la terre, car vous n'avez qu'un père, qui est dans les cieux. Malheur à vous, scribes et pharisiens

LES SADDUCEKNS

hypocrites, parce que, avec votre ostenlalion de longues prières, vous dévorez les maisons des veuves ! Malheur à TOUS, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et après qu'il Test devenu vous le rendez digne de Tenfer deux fois plus que vous! Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous êtes exacts dans les plus petites pratiques du culte et vous avez abandonné ce qu'il y a de plus important dans la loi : la justice, la miséricorde et la l'oil Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous nettoyez Textérieur de la coupe et êtes pleins intérieurement de souillures et de rapines! Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous êtes des sépulcres blanchis, qui au dehors paraissent beaux, mais au dedans ne sont qu'ossements, infection et pourriture ! Serpents, race de vipères, malheur à vous ! »

LES SADDUCCENS

Les Sadducéens étaient Taristocratic d'Israël. A eux

surtout Tor et les honneurs. Amollis par l'abondance et

le pouvoir, ils ne furent jamais d'énergiques défenseurs

de la nationalité juive. Tandis que les pharisiens se

montraient farouches patriotes, eux s'accommodaient de

la domination étrangère, du moment où il n'était pas

touché aux privilèges de la caste sacerdotale.

l)e leurs rangs sortait régulièrement le grand sacrill- ^leur qui était le plus haut dignitaire de la religion disrar»! et qui, comme président du sanhédrin, pronon- Çaitsans appel sur les causes civiles et religieuses déférées au tribunal suprême.

Les Sadducéens, strictement attachés à la lettre du Pen-

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taleuque, fidèles au vieil esprit mosaïque, limitaient à la vie actuelle Taction de la justice divine et niaient toute vie à venir. Il suivait de là que le souverain Pontife d'Israël était habituellement un incrédule n'admettant point Texistence future et la résurrection des corps affirmées par les pharisiens.

Incapables de comprendre qu'on puisse vivre sans les nécessités physiques, les satisfactions sensuelles, les tracas et le va et vient de ce monde, tout imprégnés de matérialisme, convaincus que tout meurt avec le corps, les Sadducéens entreprirent d'embarrasser Jésus à propos d'une Israélite qui avait appartenu successivement à sept maris sans avoir eu un seul enfant d'aucun d'eux. « Puisque vous croyez à une vie future, lui dirent-ils, duquel de ces sept maris cette Israélite sera-t-elle la femme dans l'autre monde ? » Jésus leur répondit. « Dans ce siècle, les hommes prennent des femmes et les femmes prennent des hommes ; mais, parmi ceux qui fieront juges dignes du siècle à venir et de ressusciter des f/iorts^ ni les hommes ne prendront des femmes ni les femmes ne prendront des maris ; et ils seront immortels, égaux aux anges du Dieu du ciel ». Paroles que saint Paul commentera en disant : « Le corps est maintenant conçu et semé dans la corruption, il ressuscitera dans l'incorruptibilité ; il est conçu dans la difformité, il ressuscitera dans la gloire : il est conçu dans la faiblesse, il ressuscitera dans la force ; il est conçu pour une vie animale, il ressuscitera pour une vie spirituelle. Dieu sera tout en tous. La figure de ce monde est d'un jour. Considérons ce qu'on ne voit pas. et non pas ce qu'on voit, parce que ce qu'on voit passe, et ce qu'on ne voit pas est éternel ».

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Les SaJJucéens se piquaient d'être les zélateurs de la loi; mais ils n'affichaient pas cette dévotion criarde et méliculeuse des pharisiens qui portaient avec ostentation de larges écriteaux où étaient inscrites des sentences du Pentateuque ; qui se jaunissaient le visage pour faire remarquer l'austérité de leurs jeûnes fréquents; qui poussaient Tesprit de scrupule jusqu'à la minutie la plus puérile, multipliaient les cas de conscience et accréditaient la casuistique singulière duTàlmudoù sont posées des questions comme celle-ci : « Le jour du sabbat ne faut-il pas s'interdire de monter sur son àne pour le mener boire '? »

Divisés en tout le reste, les Sadducéens et les Pharisiens furent d'accord pour combattre le prophète de Nazareth. Eh quoi ! ce fils de charpentier se mêlait de révolutionner Israël ! Ce visionnaire parlait des félicités spirituelles du ciel, au lieu de promettre ces joies terrestres où le peuple se plaisait à concentrer ses espérances messianiques ! Cet impie proclamait son indilTérence pour les cérémonies du culte ; condamnait le formalisme des rigides observateurs du sabbat; répétait que Dieu demande l'amour et non les sacrifices ; chassait les marchands du temple; invitait les croyants à se passer d intermédiaires pour communier avec Dieu, et voyait 'ioe usurpation sur Dieu-môme dans l'orgueil des interprèles de la loi qui prenaient le nom de maîtres ou de pères! Sus à ce pernicieux agitateur!

La ligue de toutes les aristocraties existantes, prêtres, riches et docteurs, finit par arrêter la poussée de l'enthousiasme populaire et fit crier aux Juifs : « que Jésus soit crucifié! », quand, la veille, ces mêmes Juifs, émer-

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veillés Je sa doctrine et de ses œuvres, criaient : « qu'il soit glorifié ! »

LES ESSKMENS

Les Esséniens, que nous connaissons par les témoignages de Philon, de Josèphe et de Pline, constituaient, à côté des pharisiens et des sadducéens, une espèce de* secte socialiste fondée sur le sentiment de la fraternité.

Leur idéal était la parfaite communauté des biens, et chacun mettait tout son avoir à la disposition de tous.

Ni indigence, ni richesse parmi eux. Ils n'avaient, comme des frères, qu'un seul patrimoine, dont ils confiaient la gestion à quelques-uns de leurs coreligionnaires chargés de pourvoir aux besoins de la société. Ils ne vendaient rien ; ils n'achetaient rien ; mais ils se donnaient Tun à Tautre ce qui leur était nécessaire.

Quand un Essénien allait en voyage, il était reçu chez les Esséniens du dehors comme dans sa propre maison, et alors même qu'on ne s'était jamais vu, on vivait ensemble sur le pied de la plus intime amitié.

Cet esprit de mutuel dévouement était entretenu par Tesprit de renoncement.

Les Esséniens faisaient consister le fort de la vertu à ne pas se laisser vaincre par les passions et à éviter les pièges de la volupté. Ils se gardaient de toute délicatesse dans le vivre et dans le vêtement; abhorraient comme choses impures les parfums et les eaux de senteur ; se montraient modestes dans leurs regards, leurs gestes et leurs démarches; s'interdisaient des plaisirs que d'autres trouvent légitimes ; enfin avaient le mariage en aversion et s'improvisaient une famille au moyen d'enfants qu'ils

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