‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 42 sur 244 · L'ESPRIT DE SACRIFICE ET D'AMOUR · texte numérisé non relu

L'ESPRIT DE SACRIFICE ET D'AMOUR

mes biens pour nourrir les pauvres, quand je livrerais mon corps jusqu'à brûler, si je n'ai point la charité, cela ne me sert de rien. La charité n'est point envieuse, point présomptueuse; elle ne s'enorgueillit pas; elle n'est point ambitieuse; elle ne recherche pas l'intérêt propre; elle ne s'aigrit point; elle ne pense pas le mal ; elle ne se réjouit pas du mal d'autrui ; mais elle se réjouit de la vérité ; elle souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout. La charité ne finira jamais, pas même lorsque les prophéties prendront (in, que les laogues cesseront et que la science sera abolie. Car nous ne connaissons qu'imparfaitement et ne prophétisons qu'imparfaitement ; mais quand viendra ce qui est parfait, tout ce qui est imparfait se dissipera. Quand j'étais enfant je parlais en enfant, je jugeais en enfant, je raisonnais en enfant; mais lorsque je suis devenu homme, je me suis défait de ce qui était de Tenfant. Nous voyons maintenant à travers une énigme et comme par un miroir; mais alors nous verrons face à face. Maintenant je connais Dieu imparfaitement; mais alors je le connaîtrai comme jeu suis connu. Jusque-là, ces trois choses demeurent : la foi, Tespérance et la charité ; mais la charité est la plus excellente des trois. »

Ainsi croire, espérer, aimer; mais surtout aimer! La foi s'évanouit dans la vision, et l'espérance s'évanouit dans la possession, tandis qu'il y aura toujours matière à l'amour.

L'amour est l'âme du christianisme, comme il était l'àroedu bouddhisme, comme il était Tàme des mystères <lu polythéisme. C'est dans l'amour que toute grande religion puise sa vie.

Pabbx. — Pensée chrétienne. 6

82 LE CRISTIANISME PRIMITIF

i/apostolat chrétien

Ici, comme antérieurement dansllnde, Tardeur de l'amour suscita Tardeur de Taposiolat, apostolat enthousiaste et infatigable.

Que d'autres soient sages pour eux seuls et désespèrent de l'humanité ! Que Platon prenne plaisir à nous montrer son philosophe qui, à Técart du forum où souffle un vent de folie, se retire en un coin bien tranquille et s'abrite derrière un petit mur ! Le disciple du Christ ne calcule pas si la mêlée est trop épaisse pour qu'il soit bon de s'y jeter : il se considère comme un soldat de la vérité; il veut conquérir tous les cœurs à sa foi; il y dépense son temps, ses forces, sa vie.

Voyez Paul : il a couru toutes les routes ; il n'a connu que veilles et fatigues ; il a tout soufl^ert, la soif, la faim, le froid, la nudité ; il a essuyé tous les périls et sur mer et dans les déserts ; il a été honni par ses compatriotes, repoussé par les étrangers, renié par de faux frères ; on l'a emprisonné, on Ta fouetté, on Ta battu de verges, on Ta lapidé. N'importe! Il demeurera apôtre jusqu'à ce qu'il soit fait cadavre.

Et depuis, combien d'autres sont allés au loin de cité en cité, brûlant du même zèle de propagande qui jeta Paul sous la hache des bourreaux de Néron! A ceux qui s'étonnaient de leur courage ils répondaient : « Notre maître nous a dit : Allez et enseignez toutes les nations. » Que si un jour la force se dressait devant eux et leur donnait le choix entre le silence et la mort, ils ne se taisaient pas et mouraient.

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