SIMON LE MAGICIEN ET GERINTHE
portent même, faisant une confusion évidente, que le peuple romain et le sénat adorèrent Simon comme un dieu, et qu'une statue lui avait été érigée dans i*ile du Tibre avec cette inscription : « Simoni, Deo sancio. A Simon le Dieu saint.
La légende ajoute le fait suivant, dont ne parlent ni Tertullien, ni Irénée, ni Justin. Simon, qui avait des démons à son service, entreprit de se faire enlever sur un char de feu en présence de Tempereur Néron et d'une foule énorme convoquée à ce spectacle. Mais saint Pierre était là; il se mit en prières ; il conjura par son intercession la puissance démoniaque ; et Simon avec son char fut précipité du haut des airs.
Cérinthe avait été instruit par Simon à voir en Jésus le messager de Dieu, mais non un Dieu. Il nia donc la divinité du Christ; et en même temps il professa Tobligalion où étaient tous les croyants d'être des circoncis.
Un jour, diaprés ce que nous apprend saint Irénéc, lapôtre Jean était au bain à Ephèse, quand tout à coup Cérinthe s'offrit à sa vue. « Quoi ! Cérinthe ici ! s'écria- Wl. Cérinthe, l'ennemi de la vérité ! Fuyons, de peur (]ue ces murs ne s'écroulent. » El il se sauva sans se taigner.
Selon certaines traditions, appuyées par des témoignages de Tertullien et de saint Epiphane, Cérinthe aurait compté parmi ses disciples un certain Ebion {le pauvre)^ qui adopta sa doctrine en y mêlant des inspirations de la philosophie stoïcienne où il avait été nourri, cl qui prêcha en Asie, dans TUe de Chypre, même à Rome, vers la fin du premier siècle.
Ce personnage demeure très problématique. Mais ce
Pasu. •— Pensée chrélienne. 7
qui est certain c'est l'existence des Ebionites, les pauvres du Christ. Ils considéraient Jésus, si grand fût-il, comme un homme né naturellement de Marie et de Joseph ; associaient les observances juives à leur foi dans renseignement évangélique ; et se faisaient une loi de vivre dans une austère pauvreté, en attendant le retour prochain du Christ, le roi des saints.
l'évangile selon saint JEAN
D'après les témoignage de saint Irénée, saint Epiphane et saint Jérôme, c'est à l'intention des Cérinthiens, des Ëbionites et en général de tous les chrétiens négateurs de la divinité du Christ, que, vers la (in du i^"* siècle, fut écrit cet évangile selon saint Jean qui devait être adopté par l'Eglise comme le code du dogmatisme chrétien.
11 y est marqué que « le Verbe s'est fait chair », et de là suivra le mystère de Tlncarnation ; que le crucifié est (( l'agneau qui enlève les péchés du monde », et de là suivra le mystère de la Rédemption ; que « pour avoir la vie éternelle il faut mangerla chair du Fils de Thomme et boire son sang », et de là suivra le mystère de TEucharistie.
Puis, Jésus y dit à ses disciples : « Je suis la voie, la vérité et la vie ; personne ne vient au Père que par moi. Je prierai mon père et il vous enverra un autre consolateur afin qu'il demeure éternellement avec vous. Je ne vous laisserai point orphelins. Demeurez en moi et moi en vous. Je suis la vigne et vous êtes les branches. Quand cet Esprit de vérité que je vais vous envoyer sera venu, il