LES ÉCRITS ÉV ANGÉLIQUES ET L'EXÉGÈSE
VOUS enseignera toute vèlrité. Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus ; encore un peu de temps et vous me verrez. En vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous gémirez, vous autres, et le monde se réjouira; vous serez tristes ; mais votre tristesse sera changée en joie. La femme, pendant qu'elle enfante, a de la tristesse parce que son heure est venue; mais après qu'elle a enfanté un fils elle ne se souvient plus de ses maux, tant son cœur est saisi de joie, parce qu'elle a mis un homme au monde. El vous aussi, maintenant vous avez de la tristesse; mais je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous ravira votre joie. Je suis le bon pasteur, et le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas dans cette bergerie, mais je les amènerai. Elles écouteront ma voix, et il n'y aura plus qu'un troupeau et qu'un pasteur. » ' El, levant les yeux au ciel : « 0 mon Père, l'heure est venue. Glorifiez votre fils afin que votre fils vous glorifie. Glorifiez-moi, ô mon Père, de cette gloire que j'ai eue en vous avant que le monde fût! »
L'apôtre du Dieu-Homme complète l'apôtre de la vocation des Gentils. Paul, c'est la rupture du christianisme avec la synagogue ; Jean c'est la fusion du christianisme avec l'hellénisme.
LES ÉCRITS ÉVANGÉLIQUES ET l'eXÉGÈSE
De l'évangile selon saint Jean, le grand évangile niystique, se distinguaient des écrits antérieurs contenant des relations sur la doctrine, la vie et la mort de Jésus.
ino Li: CHRISTIANrsME PRIMITIF
Trois (le ces nombreux évangiles ont été accrédités en même temps que celui île Jean. Les autres ont été réputés apocryphes.
L'évangile canonique le premier en date, et qui est le |)Ius bref, parut environ trente ans après la mort de Jésus, il est l'œuvre de Marc, compagnon de Pierre et de Paul, Les miracles y tiennent une place plus grande que dans les autres évangiles. Jésus y est suivi par une foule de gens avides de le loucher, parce qu'il y a dans son contact une vertu qui guéri) de toutes les infirmités. Tantôt c'est avec de la salive, tantôt c'est par une imposition des mains, tantôt c'est par un simple commandement qu'il rend la vue aux aveugles, le mouvement aux paralytiques, la santé aux mourants. A propos de la délivrance d'un possédé, nous le voyons se prêter à un arrangement avec une légion de diables. Sur leur demande, il les envoie du corps de rénergumène dans les corps de deux mille pourceaux. Aussitôt tous les pourceaux d'aller se noyer : grave préjudice pour les propriétaires, qui prièrent Jésus de quitter le pays.
11 s'en faut que ce soit cette tliaumatuigie, semblable à celle de tant d'illuminés depuis Apollonius jusqu'à Jambliqne, qui fasse la beauté, la grandeur, le charme des évangiles. En ce temps-là chacun croyait h la lettre que la foi .■■oiilêve les montagnes, et il y avait plus de crédulité que d'esprit critique. Jésus lui-même déplorait l'état d'àtiie de ces charnels qui mettaient les prestiges sensibles au-dessus de toutes les supériorités morales et réclamaient des signes. Comment d'ailleurs les miracles auraient-ils été des preuves, puisqu'on était convenu que les démons, les magiciens, les enchanteurs faisaient des miraclt