‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 67 sur 244 · LE NKOPLATONISMR CHRETIEN D'AUGUSTIN · texte numérisé non relu

LE NKOPLATONISMR CHRETIEN D'AUGUSTIN

Chaque âme raisonnable reçoit intérieurement ses leçons. Toutefois, il ne s'ouvre à chacun qu'autant que chacun peut le comprendre, selon sa volonté méchante ou bonoe. Si Tàme est trompée, ce n'est pas le tort de la vérité qu'elle consulte, de même que, si les yeux corporels sont trompés, ce n'est pas la faute de cette lumière qui nous environne.

Ainsi, quoique, dans la succession du temps, chacun de nous ait sa raison distincte, il y a une raison à laquelle nous participons tous et qui n'est ni la vôtre, ni 1^ mienne. La raison de chaque homme a en quelque sorte sa raison dans la raison des hommes, et au fond ^e la multiplicité subsiste Tunilé.

Etres essentiellement raisonnables, nous sommes essentiellement immortels. Le corps peut bien devenir poussière; mais l'âme, s'identifiant avec la vérité, est incorruptible comme elle.

Si maintenant nous quittons le point de vue du vrai pour le point de vue du beau, nous verrons que les arts sont des expressions sensibles de la pensée et de ses liarmonies intimes.

Il faut qu'ils se proportionnent aux sens auxquels ils s'adressent; mais il faut surtout que, ramenant la variété ila plus parfaite unité, ils reflètent le divin idéal.

Aimons-les; car ils sont la consolation et Tembellis-

sement de nos jours d'épreuve et de mortalité. Ne les

aifflODs pas toutefois comme des biens suffisant à donner

le bonheur. Il ne faut avoir d'entière attache que du côté

de Dieu.

Les choses inférieures doivent être pour nous une planche sur les flots, que nous ne repoussons pas comme

Fabbb. — Pensée chré lionne. 11

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un poids incommode, que nous n'cni brassons pas comme un stable appui, et dont nous nous passerons s'il le faul, tout en sachant bien nous en servir.

La vérilaljle beauté qui mérite tous nos amours réside au-dessus de toutes les manifestations de la nature et des arts. C'est une liarmonie que tous peuvent entendre et qui jamais ne s'interrompt. C'est un soleil que tous peuvent contempler et qui jamais ne se voile de nuages.

Telle e.st cette inirtiorlelle beauté qu'il sui'llt, pour eiL jouir, qu'on garde la constante volonté d'en jouir. Elle n'écarte personne par rt'ucombrement de la foule: elle ne passe pas avec le temp.s; elle ne change pas avec les lieux ; elle n'est pas interceptée par la nuit ou obscurcie pu l'ombre; elle n'est pas soumise aux sens. Attirant d— tous les points du monde ceux qui la cherchent, elle e^ prés d'eux; elle y est toujours; elle ne manque nulle par^ ni jamais; elle avertit en public; elle instruit en secret ; elellc transforme tous ceux ijui la voient.

Les êtres ne sont uimaliles qu'autant que resplendît en eux cette beauté supérieure. Nous aimons les hommes non pour leur imlividuuUlé propre, mais pour le modèle idéal que nous voyons en eux.

De même qu'il n'y a pas (l';iniour hors de l'idéal, il n'y a pas de sagesse hors de la vérité.

Dans la vérilé contemplée et convertie en pratique, on découvre et on possède le souverain bien, que peu savent chercher, mais que tous ambitionnent.

Il est bien exact de dire que la félicité est partie intégrante du souverain bien. Néanmoins celui-ci réside surtout dans la perfection.

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