BEAUX EFFETS DU DOGME DE L'INCARNATION
^st à la fois Dieu et homme, infinie et finie, cela impor- ^'^ peu. Le point était de faire sa part au sensible et au
^^'Prasensible, à Tanthropomorphisme païen et au spi-
'^^^Ualisme théiste.
BEAUX EFFETS DU DOGME DE l'iNCARNATION
Quand la distance est trop grande entre les êtres, il ^^mble que Tadmiralion est possible, non Tamour.
Mais voici que Dieu se met au niveau de Thomme pour se faire aimer de lui. Sa participation à Tinfirmité humaine nous rend d'autant plus sensibles à sa grandeur divine; sa grandeur divine nous rend d'autant plus sensibles à ses humaines soufTrances. Aussi n'y a-t-il pas d'être qui ait été aussi ardemment et constamment ^irné, à travers la suite des siècles, que Ta été le Christ, fils de Marie. Qui dira les milliers de cœur qui se sont ^ondus de tendresse aux pieds de Jésus, en même temps *îu'ils l'adoraient?
Platon recommandait à ses disciples de devenir semblables à Dieu. Mais la distance n'est-elle pas infinie ^olre l'homme et Dieu? Mais n'y a-t-il pas ce danger ^Ue Dieu soit pour nous une pure abstraction ? Ici Dieu ^sl à notre portée. Il est une personnalité concrète, vivante, descendant jusqu'à nous, pour nous élever jusqu'à soi. Imiter Jésus-Christ : là tient le christianisme. Plus de vague. La divinité se localise dans le temps ^t dans l'espace; et elle a son histoire. C'est tour à tour 1^ Jésus de la crèche et le Jésus de la Passion, le Jésus ^^ sermon de la montagne et le Jésus de Tanathème aux l^harisiens, le Jésus de la Samaritaine et le Jésus de la Madeleine. Le fidèle peut aller à Nazareth, à Bethléem,
Fabhe. — Pensée clirélicuuc. 13
î nOUMATlSME LI.VÏlIOLlQCIi -^^^^^"
à Jérusalem, voir les lieux foulés parles pas de son Dioa et repasser toutes les étapes de sa vie. Aussi que de voyages en lerre sainte aux anciennes époques de foi! Représentez-vous rémolioii (les pieux pèlerins. ({UBniT un Pierre l'Ermite leur montrait les divers points de la ville de Dieu et leur disait : « Lfi était la porte par où le Christ lit son entrée quand les petits enfants vinrent audevant de lui des rameaux à la main, et qu'on étendit sous ses pas des tapis de feuillages. Là était le jardin des olives où si forte fut son angoisse qu'il en eut une sueur de sang. Là est le calvaire qu'il gravit en portant sa croix. Là est le Golgotlia, où on le crucilîa, où Longin le perça et où son sang coula. Voici le sninl sépulcre où Joseph d'Arimatliie déposa son corps et d'où il sortit vivant, pour aller s'asseoir à la droite du Père. "
Et combien cette impression d"uu Dieu incarné, présent et cheminant sur la terre, n'êtail-elle pas encore plus vive aux siècles voisins de la vie de Jésus !
A cette époque, on n'était pas membre de la communauté chrétienne dès le temps môme où on est un enfant | muet et sans raison ; on n'y était rei;u qu'à la suite de ' longues épreuves, après avoir dit adieu au monde tout en continuant à vivre dans le monde, et après avoir t renoncé aux œuvres de la sensualité, de la cupidité, de <| l'orgueil et de la vengeance. Il s'agissait de se régénérer. 1 L'incorporation parmi les membres de l'Église du Saint I des saints apparaissait comme la transliguration de 1 l'homme grandi au-dessus de Tliumanité. j
LA IH':i FIXATION M' r.umiTiEN I
Rendu de la mori à la vie, du trouble à la paix, des servitudes de hi i-liair ii lu liberté de l'esprit, le parfait
LA DÉfFICATION DU CHRÉTIEN 195
chrétien est uni à Dieu par le Christ; il est sanctifié, béaliRé; et, parmi les agitations du temps, il vit dans les visions de l'éternité.
*-*^s Pères s'accordent à "montrer que rincarnation de *^^^u devenu enfant de la femme est la renaissance de 1 homme devenu enfant de Dieu.
S^IoQ saint Grégoire de Nysse et saint Grégoire de ^^^îanze, de mortel le chrétien devient immortel, *^^omme il devient Dieu, élevé par celui qui s'est *"^îssé pour nous sauver.
^aint Basile fait écho à son ami saint Grégoire de ^^^ianze, pour exalter ce don sublime de la « déifica- ^^^ )), œuvre de Tesprit de Dieu connu et aimé en ^^sus-Christ.
•âaint Jean Ghrysostome invite ses auditeurs à se '^présenter un vieillard courbé par Tàge, miné par la Maladie, épuisé par la faim, qui tout à coup se redresse ^h^ngé en un beau jeune homme resplendissant de grâce, ^^ force et de santéj le diadème au front. Telle est la ''^Hovation de Tàmc chrétienne- <( Dieu, dit-il, est né fils ^^ la femme pour que Thomme cesse d'être fils de la ^^ïime; il est né selon la chair pour que l'homme ^^Oaisse selon l'esprit. »
Et saint Augustin : « 0 homme, Dieu s'étant fait ^^rnme, te convie à n'ôtre plus homme et veut te faire ^îeu. » Ce qui fera dire à saint Thomas d'Aquin que ^ iJieu déifie l'homme par une mystérieuse participation ^ Sa nature ».
» C'est être créé à nouveau qu'être fondé en Jésus- ^lirist », avait dit saint Paul.
Ke faisant pas Jésus-Christ Dieu, le grand apôtre
ajoutait : « Totis ceux qui so7it conduits par fesprii de Dieu sont fils de Dieu.,. Le Christ est le premier-né entre plusieurs frères ».