LES SACRIFICES KT LA RÉDEMPTION
en Médie, en Syrie, en Phénicîe, en Palestine, en Tauride, en Ârcadie, dans la Gaule, dans la Germanie, chez les Carthaginois, chez les Ethiopiens, chez les Scythes, chez les Sarmates, chez les Thraces, chez les Hérules, chez les insulaires de TOcéanie, chez les Péruviens, chez les Mexicains, chez les Indiens, ont consacré cette doctrine féroce que la divinité attend de nous des sacrifices perpétuels de créatures vivantes, offertes en holocausie pour détourner ses coups, solliciter ses grâces, et racheter nos fautes?
Des philosophes, tels que Pylhagore, répètent en vain
^\xe la divinité a en horreur les victimes sanglantes ; que
leur immolation, loin de Thonorer, doit Tindigner; et
qu'elle attend de nous des vertus, non des sacrifices. Il
y a comme une secrète entente entre tous les sacerdoces
pour maintenir et justifier les tueries saintes, protectrices
de leur puissance.
Ce ne sont pas les druides seuls qui professent que i& vie d*un homme ne peut être rachetée que par celle ^'un autre, et que, pour prévenir les maux qui menacent ^ne existence, il faut qu'une autre existence soit vouée ^ a mort.
Tout au plus, avec le progrès des temps, consent-on 'Cl et là à se passer de victimes humaines, pour ne frapper que des animaux, qui emportent dans leur mort ininiéritée la charge des péchés communs.
On continue à professer que les douleurs des êtres
innocents qu'immolent les sacrificateurs servent aux .
'Oupables au profit de qui celle immolation est faite.
Quand brûlent sur Taulel les chairs des viclimes égor-
es, cet holocausie est, selon la parole biblique, une
aiîon dodeur suave qui monte jusqu'au trône de Dieu.
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10 volonlL' de son pore, pour obtenir aux hommes lu fédemption élcrnelle.
Si nous songeons, en même Lem]'s, (jue le dog-me de liTrinilé, promulgué au concile de Nicée, a fait du Fila eldu Père un seul Dieu, il faudra lien conclure que le liogme de la RédeinpUon se ramène à celle formule qui <:onfond la raison et scandalise la conscience : Dieu exige
11 mort de Dieu et s'immole â Dieu alin de donner satis- Mion à Dieu pour les péchés des hommes enlaà\ii dès leur naissance par la faute de leur premier père.
La bonté de Dieu est fondée sur la cruairic de Dieu ; •^l pour en faire la plus grande des victimes, on commence pur en faire le plus injuste des bourreaux.
LE RÉDEMPTEfB
Il ne semble pas que, dans les sociétés des premiers chrétiens, on ait subtilisé ni sur la substance du Christ, ni aup le péché, ni sur le sacrilîce du Calvaire.
Une chose apparaissait comme manifeste, c'est que Jésus était bien lu preinitre des créaliires, selon la pensée fie siaint Paul, et non Dieu même; qu'il avait fait luire une lumière nouvelle; qu'il avait enseigné le vrai culte •jui est le culte en esprit et en vérité ; qu'il avait relevé les déshérités, annoncé le royaume de Dieu, procuré au monde en sa personne la vision do la Sainteté et sanctionné sa vie par la merveille de sa mori, suivie, pennit-OQ, de sa résurrection.
était le Sauveur, il était le Hédempteur, lui qui avait rté aux hommes le message du salut et qui avait de ses soufTrances son œuvre libératrice.
2i0 Lie OOfiMATlSME CATHOLIQUE
Quelle n'est pas la puissance du martyre ? Le point minant de la vie de Jésus, c'est sa Passion. De m* que Jeanne d*Arc est avant tout la suppliciée de Roi Jésus est avant tout le crucifié du Calvaire. « Je ne autre chose que Jésus, disait saint Paul, et Jésus cifié. »
C'est qu'il n'y a rien au-dessus de la foi et de Tan aboutissant au don même de la vie; c'est que la puissante des prédications est celle des supplices ; < qu'il est dans l'ordre qu'une puissance régénéral germe du sang versé pour les causes éternelles; < qu'elle est éminemment naturelle cette parole du G de Lucain, au moment de faire le sacrifice de sa ^ « Puisse ce sang racheter les peuples! Puisse ma i payer tout ce qu'ont mérité d'expiation les mo romaines ! »
Le progrès s'opère au prix des sacrifices d'une é Des héros se trouvent dont le dévouement aspire à pc tout le poids des aspirations communes et des doul communes. Us comballenl pour les autres, non pour • mêmes/ Ils se donnent; el de leurs cendres croit Ta du progrès.
Ce fut une grande victoire que la mort de Soc buvant la ciguë. Plus grande encore a élé la vici de Jésus expirant sur la croix. Il est mort, dirent bourreaux. Non, il vivait! Il vivait en Dieu, le ; commun dont nous sommes tous les fils, et à qu rejoignent nos âmes quand vient notre dernier soi II vivait parmi les hommes et il y vivra tant que batt des cœurs purifiés, grandis, fécondés par l'évocatio son enseignement et de ses souffrances.