‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 90 sur 244 · LES ORIGINES DE LA CONFESSION AURICULAIRE · texte numérisé non relu

LES ORIGINES DE LA CONFESSION AURICULAIRE

Il ne tiendrait qu'à Bourdalone que nous ajoutions à ^ noms celui de saint Cbrysostome qui, selon lui, aurait ^ity dans un passage de sa quinzième homélie sur la ^^conde épître aux Corinthiens : « Les juges de la terre lie prononcent que sur les faits dont il y a conviction et ^^i sont devenus publics ; mais pour nous qui suivons ^^autres maximes et qui faisons profession d*une discipline toute sainte, nous soumettons au tribunal de TÉglise toutes nos pensées. C'est que notre foi nous apprend que ^^tte confession de nos propres pensées et de nos senti- '^ents les plus intérieurs et les plus cachés, bien loin ^^ nous attirer de la part de Dieu un arrêt de condamnation, prévient au contraire tous les arrêts que nous aurions à craindre de sa justice et nous en préserve. » Hais en réalité, saint Cbrysostome dit : « La justice ^^vile ne juge que des crimes extérieurs arrivés à sa Connaissance. Au contraire la justice ecclésiastique avertit les pécheurs qu'un jour viendra où le juge Suprême manifestera aux regards de Tunivers entier toutes les fautes qu'on aura commises. Ainsi la loi du ^^rist protège notre vie plus que toutes les lois des l^ommes. Trembler même pour les péchés les plus Secrets et les plus cachés ne vaut-il pas mieux que ^* avoir seulement des craintes pour certaines fautes publiques ? N'est-on pas plus sollicité à se préserver du naal? Là où la punition s'étend même aux fautes minimes, n'y a-t-il pas une impulsion plus forte vers la pratique du bien que là où la punition ne s'applique 4^'à des fautes considérables?... »

^oilà un exemple, entre mille, de ce zèle théologique V^ dénature les textes pour montrer comme tradition- '^^l dans l'Église ce qui y a été une innovation.

Î36 LE DORMATISME GATilOLlQDE

C'est ainsi que, trouvant dans les Ac/ex un texte qui, à propos tl'Epiiésiens convertis |>ar Paul et auparavant adonnés en ^rand nombre à des pratiques magiques, porte que •< plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confessant et déclarant tout haut leurs faits et gestes b {Miiltiqiip crefientiiim veitiehajit, confitentes et annuncianlrs actu!> suof.), les théologiens ont fait dire à la Vulgate, avec Le Maistre de Sacy, qu'ils w veiimeiU confensrr cr qu'Us avaient fait de mal a ; et ont vu manifestée là la pratique de la confession auriculaire.

On comprend bien le besoin qu'aurait l'Eglise catholique de faire remonter la confession à Jésus-Chrisl : mais on ne comprend pas que ses docleurs ne s'inclinent pas devant l'évidence.

N'esl-ii pas manifeste que les Actps des apâlres auraient parlé de la confession et de l'absolution, comme '■ ils parlent du baptême, administré au nom de Jésus- Christpour la rémission des pochés?

N'esl-ii pas manifeste que saint Paul, au lieu de dire qn'il faut qitf ekaam s'éprouve soi-même avant de participer au rfitat du Seigneur, aurait dit qu'il faut que chacun se confesse et soit absous i

N'est-il pas manifeste que les écrits primitifs, qui nous montrent tels et tels saints de l'antique Eglise communiant avant leur mort, nous les auraient montrés aussi se confessant et se faisant absoudre?

Revenons ii saint Jean Chrysoslome.

De fait, le pieux patriarche de Constantinople avait menacé ses prôlres d'excommunication s'ils continuaient à écouler dans le secret les fautes de leurs pénitentes. Il déclarait expressément que le fidèle n'a pas besoin de faire l'aveu de ses péchés a une personne en parti-

LES OBiGlNES DE LA CONFKEfilON AURICULAIRE Î3I

calier. A ses yeux, coRime aux yeux de saint Grégoire de Kaziaoze et de sainL Uilaire, l'essentiel est de confesser nos fautes au souverain juge, de ne pas les renou- Teler et de les réparer par la pénitence et les bonnes (EUTres.

Mais en vain d'excellents chrétiens persistent à penser qu'il n'y a qu'à imiter les apôtres et les saints de la pri- Diilive Eglise qui n'avaient pas de confesseur; qu'il s'agit Je recouoaiLre nos péciiés devant Dieu, en lui dbaiit. avec David : « Je confesse mon iniquité; lavez-moi de [Des taches ' a ; que Dieu qui lit dans les ûmes n'a que 'aire d'un procureur par les oreilles duquel passerait la commémoration repealante de nos fautes, avant d'arri- ^w jusqu'à lui. 11 n'est pas moins vrai que le recours > Un confesseur est de plus eu plus tenu coiamc un **cellent moyen de pénitence. L'usage de ce grand îns- 'niin^Dt de discipline s'établit d'abord dans les monas- '^>^ d'Orient; il se répand ensuite dans les monastères "^ l'Occident, et il finit par devenir une pratique géné- ''"ile de la chrétienté.

Tout d'abord, comme le veut la logique, la pénitence ''^Vait précéder le pardon. Mais des pénitents se dècoura- ?^ieal. Le clergé reconnut utile de mettre les pécheurs ^A paix le plus tôt possible, et l'ordre établi fut ren- ''<:rsè. Le paidon précéda la pénitence, au lieu de suc- «dïr à son accomplissement.

loe autre évolution suivit. Le prêtre ne s'était d'abord attribué que le droit de reconcilier les pécheurs avec ' %liïe, qui est la société des fidèles; et dans la formule de '^^uciliation, il demandait à Dieu de les absoudre. La P^it hite à l'autorité du sacerdoce oe parut pas sufti-

santé. La supplication fit place à une décision formelle de rhomtne de Dieu, édictant catégoriquement l'absolution au lieu do l'implorer.

Penser que le prêtre n'absout pas efTectivement, c'était d'abord être orthodoxe; ce sera désormais être hérétique.

LE TRIBL'NAL l)E LA PKMTESCE

La consécration dogmatique de la confession auriculaire date du xiu" siècle. En 121.^, le quatrième concile de LaLrait condamna tout prêtre qui en violerait le secret à être interdit : k Ne révéleriez-vous pas la confession d'un homme résolu de m'assassiner ? » demandait un jour Henri IV à son confesseur Collon. — « Non, répondit le prêtre; mais je me mettrais entre vous et lui. »

En même temps le concile édicta cette loi : » Qa6 tout fidèle, de l'un et de l'autre sexe, qui a atteint l'&ge de discrétion, [c'est-à-dire l'dge où /'on peut discerner le bien du mal, âge qui, selon les tltéoloylens, est environ six ans pour les filles et sept ans pour les garçons) confesse seul à seul fidèlement tous ses pécliés à son propre prêtre au moins une fois l'an, et qu'il ait soin d'accomplir de tout son pouvoir la pénitence qui lui aura été enjointe; qu'il reçoive aussi, au moins à la fête de Fàques, le sacrement de l'Eucharistie, à moins que, de l'avis de son propre prêtre, ot pour une cause juste et raisonnable, il doive s'abstenir pendant quelque temps de la communion. S'il manque à ces prescrip- j tions, qu'on lui interdise l'entrée de l'église pendant s vie, et qu'après sa mort il soit privé de la sépulture ' chrétienne. "

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