TER
on ne saurait comprendre Ja continuité des processus d'organisation, depuis ceux qui ont façonné l’organisme jusqu’à ceux qui ont créé l’entendement, sans admettre qu’ils sont commandés à tous les degrés par des tendances ou par des schèmes, principes immatériels qui se sont constitués avec l’aide de la conscience et peuvent fonctionner à son appel.
C’est du côté de ces schèmes relativement indéterminés de coordination entre les éléments nerveux, plutôt que dans des mécanismes physiologiques trop précis, qu’on chercherait à bon droit la cause du réflexe adapté. Jamais on n’expliquera comment du déclenchement d’un mécanisme fixé et rigide peut sortir, en réponse à une situation nouvelle et ajusté à cette situation, un acte qui ne s’est pas encore produit, par exemple le réflexe, tant de fois observé, de la grenouille décérébrée dont on excite la peau par un acide, qui essuie et gratte le point irrité avec la patte correspondante et qui, lorsque celle-ci a été coupée, se sert de l’autre patte pour le même office. Cela s'explique au contraire assez bien, si l’on admet qu’il existe, par delà les associations neuro-musculaires toutes faites qui engendrent le réflexe ordinaire, un schème d’association neuro-musculaire, une tendance organique générale, capable de s’activer de façon différente, sous la pression d’une situation vaguement ressentie.
L'action et la perception sont intimement liées. Le progrès de nos habitudes motrices est solidaire du progrès de la perception : pour se mouvoir parmi les choses et les utiliser, il faut être capable, par exemple,