Réactions communes à ‘tous les sujets
2: — —— à trois sujets 21, TÉTA 3. = — à deux sujets : 1403 & — propres à un sujet 1 1710
Mais Watt généralise en outre cette relation : il montre qu’elle est encore vraie quand l’identité porte seulement sur le mot de réaction. À la proposition établie par Muller et Pilzecker, Wundt, etc. il faut joindre celle-ci : une réaction est en moyenne et dans l’ensemble d’autant plus rapide, chez un sujet, que, la tâche restant la même et l’inducteur étant seul à varier, elle s’est répétée plus souvent. On peut dire finalement que la tendance prévalente est celle qui a acquis par la fréquence de son exercice plus de force et plus de rapidité que les autres.
Les exceptions s'expliquent aisément par le contrôle que le sujet exerce sur ses réactions dans le temps même où elles s’accomplissent et, en particulier, par l’influence de la consigne qui, dans les évocations à direction multiple, vient au secours de la tendance la plus faible et la plus satisfaisante et, parfois, la fait ainsi prévaloir. Trois cas peuvent en somme se produire : 1° bien qu’étant la plus faible, la tendance la plus conforme à la tâche l’emporte avec le secours de cette dernière; 2° une tendance très forte, mais inadéquate triomphe, malgré la tâche, d’une tendance adéquate, mais faible : ce cas est, comme le dit Watt (359), celui qui illustre le plus nettement l’idée que le développe-
ment rapide d’une tendance est un facteur indépendant de lévocation, c’est, en particulier, celui des réactions incorrectes par association verbale; 3° plusieurs tendances également conformes à Ia tâche entrent en compétition : la tâche leur prête également son influence, et c’est encore la plus forte qui entraîne finalement {a réaction (360).
Aïnsi deux sortes de conditions contribuent à amener la réponse : la tâche et les tendances reproductrices. Celles-ci sont dans une certaine mesure indépendantes de celle-là. La tâche prête son influence aux tendances reproductrices capables d’amener une réaction correcte. Parmi ces dernières, il faudra que s’opère une sélection, qui sera toute mécanique et fondée sur des différences de force et de rapidité entre les puissances susceptibles de passer à l’acte. Une tendance reproductrice très forte pourra même tenir en échec une condition logique à laquelle elle n’est pas conforme, en paralyser momentanément l’influence ou amener une réaction incorrecte.
Des tableaux et des schémas d’une admirable précision, auxquels nous ne pouvons que renvoyer le lecteur, montrent l’indépendance relative de ces deux facteurs. Ils nous apprennent, par exemple, que, à égalité de force entre les tendances reproductrices, les réactions sont moins longues avec la tâche I qu'avec la tâche If; que, pour une même tâche, les réactions communes à tous les sujets sont plus rapides que les réactions communes à tous les sujets moins un ({).
Un autre fait montre encore ce partage d’influence. On a vu que la distribution des épreuves entre les groupes A3, A2, A1 et AO dépend de la tâche; leur distribution entre les groupes À, B, C dépend au contraire des tendances reproductrices. De là, cette conséquence :
(1) Cf. notamment la figure 8, p. 353.
les consignes étant uniformes, les épreuves se répartissent avec une certaine régularité dans les premiers groupes; au contraire, comme les tendances reproductrices varient avec chaque sujet et avec chaque épreuve, aucune règle ne préside à la répartition des réponses entre les groupes À, B, C. Et du même coup tombe une objection qu’on pourrait faire à Watt en ce qui concerne l'influence qu’il attribue à la consigne dans la distribution des formes A3, A2, A1, AO : on pourrait dire que celle-ci résulte de certaines différences entre le matériel de mots inducteurs utilisé pour une tâche et le matériel utilisé pour une autre tâche, qu’un choix inconscient a présidé au groupement des mots inducteurs et à la formation des séries, et qu’en définitive le rôle qu’on veut faire jouer ici au facteur logique, c’est l'excitation seule qui le remplit. Si cette objection était fondée, on ne comprendrait pas que, la répartition des formes A, B, C ayant au fond les mêmes causes que la répartition des formes A3, A2, A1, AO, la régularité qui apparaît en celle-ci fasse défaut à celle-là (P. 327 et sq).
Il n’est pas jusqu'aux différences individuelles entre les sujets qui ne soient significatives. Le sujet I a des tendances reproductrices de force moyenne, mais la consigne exerce chez lui une influence forte et prolongée. Le sujet III a, au contraire, des tendances reproductrices très fortes, et la consigne est souvent impuissante à réprimer celles qui sont en désaccord avec elle ou à soutenir celles qui lui sont conformes. Le sujet II n’a pas de tendances reproductrices particulièrement fortes, et la tâche est, chez lui, plus faible encore. Ses réponses manquent de force et de sûreté (394-395). Les autres cas se ramènent, aux précédents. On pourrait presque, en interprétant ces différences individuelles, distinguer trois types : 1° un type logique caractérisé par la prédominance des facteurs logiques dans l’évo-