ROUSSEAU ET LES SUISSES LETTRE SUR LES SPECTACLES
A. — i. Ton austère de « vertu romaine ». Et cependant pas en accord avec la vertu du Premier Discours, ni en désaccord avec le romantisme du Second.
2. Différence fondamentale des opinions de Rousseau et de Bossuet sur le théâtre, malgré des apparences d’accord jusque dans les termes employés pour censurer les spectacles.
3. Différence des idées de Rousseau d’avec celles de D’Alembert et des « philosophes » ; ceux-ci adoptent sans autre que l’homme interprétera intelligemment les héros de théâtre ; Rousseau prend en considération la majorité du public qui interprétera de façon funeste à son « utilité », c’est-à-dire à son bonheur.
4. Même à supposer que le peuple comprenne les spectacles qu’on lui offre, le théâtre tel qu’il existe est funeste à l’homme — qui y cherche naturellement le fruit défendu.
5. Rousseau esquisse d’autres plaisirs que le théâtre, qui, ceux-ci seront légitimes par le fait qu’ils portent en eux le bonheur plus vrai et plus durable.
B. — Notions à élucider pour bien comprendre la philosophie morale de Rousseau ;
1. La conscience morale ou sentiment moral inné ; cette notion paraît l’éloigner des « philosophes » et le rapprocher du christianisme traditionnel ; la vérité est juste l’opposé ; mais Rousseau a contribué lui-même à créer la contusion sur ce point, car il a appelé ces notions « innées », et il a démontré qu’elles ne l’étaient pas. Sa conscience morale est d’essence rationaliste.
2. Vivre selon la nature signifie maintenant chez Rousseau non plus : selon la nature primitive, mais — dans l’état social — selon la nature de l’homme, laquelle comporte la raison, c’est-à-dire contrôle la passion romantique ; et il s’agit ici de la raison (dans le sens absolu du terme) qui est opposée chez Rousseau à la raison telle que développée par un groupe de philosophes du
XVIIIe siècle et qui prétendaient à faux avoir la raison parfaite. Donc sur ce terrain de la raison, le propre terrain choisi par eux, Rousseau se sépare des « philosophes ».