‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 100 sur 175 · Chapitre XV LA GUERRE ET LA PAIX · texte numérisé non relu

Chapitre XV LA GUERRE ET LA PAIX

Il ne faut jamais laisser subsister un désordre pour éviter une guerre, car on ne l'évite point, mais on ne fait que la retarder à son propre désavantage.

Prince, III.

Le but de celui qui entreprend la guerre est de s'enrichir et d'appauvrir son ennemi : cela fut toujours, et il est raisonnable qu'il en soit ainsi ; car on ne poursuit la victoire, on ne désire la conquête que pour devenir puissant et affaiblir son adversaire. Il en résulte que chaque fois que la victoire appauvrit, ou que la conquête affaiblit le vainqueur, ou l'on a dépassé, ou l'on n'a point atteint l'objet pour lequel on a guerroyé. Le prince ou la république s'enrichit à la guerre quand, par suite de la victoire, il anéantit ses ennemis et devient l'unique possesseur du butin et des rançons. Celui-là, au contraire,

Non si deve mai lasciar seguire un disordine per fuggire una guerra : perché ella non si fugge, ma si differisce a tuo disavvantagio. Principe, III.

Fu sempre, che cosî è ragionevole che sia, il fine di coloro che muovono una guerra, d' arricchire se ed impoverire il nimico ; ne per altra cagione si cerca la vittoria, ne gli acquisti per altro si disiderano, che per fare se potente, c debole 1' avversario. Donde ne segue che qualunque volta o la tua vittoria t' impoverisce, o 1' acquisto t' indebolisce, conviene si trapassi, o non s' arrivi a quel termine, per il quaie le guerre si fanno. Quel principe, o quella Hepubblica è dalle vittorie e dalle guerre arricchito, che spcgne i nimici, cd è délie prede e dclle tnglie signore. Qucllo ncllc vittorie impoverisce, che i nimici, ancora che vinca, non puô spegnere, e le prede e le taglie non a lui.

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