XV. LA GUERRE ET LA PAIX
s'appauvrit par la victoire qui, tout vainqueur qu'il est, ne peut exterminer ses ennemis, et doit abandonner en proie à ses soldats les dépouilles et rançons des vaincus. Pour un semblable état, la défaite est un malheur, la victoire est un désastre. Car, en perdant, il ne souffre que le mal que lui fait l'ennemi ; mais en gagnant, il subit les prétentions de ses propres amis, prétentions d'autant plus insupportables qu'elles sont moins fondées, et qu'il se voit contraint d'accabler ses sujets du fardeau de charges nouvelles. Et s'il a en lui quelque humanité, il ne se peut réjouir sans arrière-pensée, d'une victoire qui contriste ses sujets. Histoire, VI, 1.
Les hommes, le fer, l'argent et le pain, voilà le nerf de la guerre ; mais de ces quatre choses, les deux premières sont les plus nécessaires, car les hommes et le fer trouvent l'argent et le pain, mais le pain et l'argent ne sauraient trouver les hommes ni le fer.
Art de la guerre, VII.
Les principaux fondements de tout état, soit nouveau, soit ancien, soit mixte, sont de bonnes lois et de bonnes armes. Et comme il ne peut y avoir de
ma a' suoi suldati appartengono. Questo taie è nelle perdite infelice e nelle vittorie infelicissimo, perché perdendo, quelle ingiurie soppoila che gli fanno i nimici ; viiicendo, quelle che gli fanno gli amici, le quali per essere meno ragionevoli sono meno sopportabili, veggendo massime essere i suoi sudditi con taglie e nuove offese di raggravare necessitato. E s' egli ha in se alcuna umanità, non si puô di quella vittoria interamente rallegrare, délia quale tutti i suoi sudditi si contristano. Siorie, VI, 1.
Gli uomini, il ferro, i danari e il pane sono il nervo délia guerra : ma di questi quattro sono più necessari i primi due,
Serchè gli uomini ed il ferro trovano i danari ed il pane, ma pane e i danari non trovano gli uomini ed il ferro.
Arte délia Guerray VII.
I principali fondamenti che abbino tutti gli stati, cosi nuovi corne vecchi o misti, sono le buone leggi e le buone armi
bonnes lois là où il n'y a point de bonnes armes, et qu'au contraire, là où il y a de bonnes armes il doit; y avoir de bonnes lois, je laisserai de côté les lois pour ne parler que des armes.
Je dis donc que les troupes dont un prince se sert pour défendre son état, ou bien lui sont propres, ou bien mercenaires, auxiliaires ou mixtes. Les mercenaires et auxiliaires sont inutiles et même dangereuses, et si un prince n'a pour appui que des mercenaires, son pouvoir ne sera jamais ni tranquille ni sûr ; car de telles troupes sont désunies, ambitieuses, sans discipline, infidèles, outrecuidantes envers les amis, lâches devant les ennemis ; elles n'ont envers Dieu nulle crainte, envers les hommes nulle bonne foi ; et l'on ne diffère la ruine de l'Etat qu'autant qu'on en diffère l'attaque. Pendant la paix, ces troupes vous dépouillent et pendant la guerre, l'ennemi.
La raison en est que de tels soldats n'ont, pour les pousser à servir, aucun autre amour, aucun autre intérêt qu'une maigre solde, et cela ne suffit point à ce qu'ils veuillent mourir pour vous. Ils veulent bien être vos soldats tant que vous ne guerroyez point sitôt la guerre venue, c'est la fuite ou la désertion.
e perché non posson essere buone leggi dove non sono buone armi, e dove sono buone armi conviene che siano buone leggi, io lascerô indietro il ragionare délie leggi, e parlerô dell' armi. Dico, adunque, che l'armi con le quali un Principe difende t suo stato, 0 le sono proprie, o le sono mercenarie, o ausiliari. 0 miste. Le mercenarie ed ausiliari sono inulili e pericolose : e se uno tiene lo stato suo fondato in su 1' armi mercenarie non starà mai fermo ne sicuro ; perché le sono disunite, ambi ziose e senza disciplina, infedeli, gagliarde tra gli amici, tn li nimici vili ; non hanno timoré di Dio, non fede con gl uomini, e tanto si differisce la rovina quanto si differisc* r assalto ; e nella pace sei spogliato da loro, nella guern da' nin^ici. La cagione di questo è, che non hanno altro amor né altra cagione che le tcnga in campo, che un poco di stipen dio ; il quale non è sufficicnte a fare ch' elli voglino morir' per te. Vogliono ben essere tuoi soldati mentre che tu noi fai guerra ; ma corne la guerra \iene, o fuggirsi o andarsene