‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 102 sur 175 · XV. LA GUERRE ET LA PAIX · texte numérisé non relu

XV. LA GUERRE ET LA PAIX

Chose facile à prouver, puisque la ruine de l'Italie vient seulement de ce que, beaucoup d'années, elle s'est reposée sur des troupes mercenaires. Quelquesuns jadis s'en servirent avec certain succès, et elles semblaient pleines de valeur tant qu'elles combattirent entre elles, mais quand survint l'étranger, elles montrèrent ce qu'elles valaient. Aussi le roi de France Charles VIII put-il prendre l'Italie avec la craie ^ Et qui disait que nos fautes en étaient la cause, disait vérité *; mais ces fautes étaient celles que j'ai exposées et non pas celles qu'on pensait.

Prince, XII.

Les troupes mercenaires.

L'expérience prouve que les princes et les républiques qui font la guerre par leurs propres forces obtiennent seuls de grands succès, et que les troupes mercenaires ne causent jamais que dommage. Une république, défendue par ses propres armes, tombe plus difficilement sous la sujétion d'un de ses citoyens que celle qui se sert d'armes étrangères.

La quai cosa doverei durar poca fatica a persuadera, perché la rovina d' Italia non è ora causata da altra cosa, che per essere in spazio di molti anni riposatasi in su 1' armi mercenarie : le quali fecion già per qualcuno qualche progresse, c parevan gagliarde infra loro ; ma corne venne il forestière, elle mostrarono quello che 1' erano. Ondechè a Carlo re di Francia fu lecito pigliare Italie col gesso : e chi diceva che ne erano cagione i peccati nostri, diceva il vero ; ma non erano già quelli che credeva, ma questi ch' io ho narrato.

Principtf XII.

E per esperienza si vede, i Principi soli e le repubbliche armate far progressi grandissimi, e 1' armi mercenarie non fare mai se non danno : e con più difficultà viene ail' ubbidienza d' un suo cittadino una repubblica armata d' armi proprie,

' A la manière d'un fourrier qui marque les logements avec la craie.

'* Savonarole avait attribué les malheurs 'de (Florence aux péchés de ses habitants.

Pendant une longue suite de siècles, Rome et Sparte vécurent libres et en armes ; présentement, les Suisses sont très armés et très libres. Prince, XII.

David s'étant offert pour aller combattre le Philistin Goliath, qui défiait les Israélites, Saiil, afin de l'encourager, le revêtit de ses propres armes ; mais David, après les avoir essayées, les refusa, en disant qu'elles l'incommoderaient et qu'il ne voulait affronter l'ennemi qu'avec sa fronde et son couteau. En effet, les armes d'autrui, ou bien elles vous tombent du corps, ou bien elles vous pèsent, ou bien elles vous gênent. Prince, XIII.

Rester neutre ne fut jamais utile à personne, ou qu'on soit inférieur en nombre à l'un quelconque des belligérants, ou qu'on ait ses états entremêlés aux leurs. Et tout d'abord, persuadez-vous bien qu'il n'est chose plus nécessaire à un prince que de se conduire d'une part envers ses sujets, d'autre part envers ses amis et voisins, de telle façon qu'il ne devienne ni odieux ni méprisé. Que s'il devait choisir entre l'un ou l'autre de ces deux inconvénients, il

che una armata d' armi forestière. Sterono Roma e Sparta molti secoli armate e libère. I Svizzeri sono armatissimi e liberissimi. Principe, XII.

Offerendosi David a Saul d' andare a combattere con Golia provocatore filisteo, Saul per dargli animo, 1' armô dell' armi sue ; le quali come David ebbe indosso, ricusô dicendo con quelle non si poter ben valere di se stesso ; e perô voleva trovare il nimico con la sua fromba e con il suo coltellc. In sommo. r armi d' altri, o le ti cascan di dosso, o le ti pesano. 0 le ti stringono. Principe, XIII.

Lo stare neutrale non credo che fusse mai ad alcuno utile, quando egli hnbbia queste condizioni, che sia manco potenle di qualunque di quclli che combattono. et che egli habbia gli stati mescolati con gli stati di chi combatte ; et havete ad intendere prima, che non ô cosa più necessaria a un principe che governarsi in modo con li sudditi, et con gli amici et vicini, che non diventi o odioso, o contennendo. et se pure egli ha

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