‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 103 sur 175 · XV. LA GUERRE ET LA PAIX · texte numérisé non relu

XV. LA GUERRE ET LA PAIX

ne souhaite point la haine, mais se garde avec soin du mépris. Or, il est fatal, vous dis-je, que celui qui est resté neutre soit détesté par le vaincu et méprisé par le vainqueur. Comme ils n'ont plus de considération pour lui, il n'est à leurs yeux qu'un ami sans utilité, un ennemi sans prestige. Aussi a-t-il lieu de craindre qu'ils ne lui fassent n'importe quelle injure et ne lui préparent n'importe quel malheur. Les prétextes ne manquent jamais au vainqueur, car, si les états se trouvent mêlés, le prince resté neutre se voit contraint à accueillir tantôt celui-ci, tantôt celui-là, il doit les héberger, les fournir de logements et de vivres. Tout le monde s'estimera toujours lésé, une foule de cas se produiront, d'où surgiront une foule de contestations. Et lors même qu'il ne s'en produisît aucune pendant que dure la guerre, ce qui est impossible, il s'en produira certainement après la victoire. Car les princes moins puissants, qui vous redoutent, courent se ranger sous l'égide du vainqueur et lui donnent occasion de vous attaquer. A qui me dirait : c'est la vérité, mais on peut bien se bisser enlever telle possession et conserver telle autre, je réponds que mieux vaut perdre valeureusement tout ce qu'on possède que blâmablement

a lasciare 1' uno di questi duoi, non stimi 1' odio, ma guardisi dal disprezzo... Et io vi dico che chi sta neutrale conviene che sia odiato da chi perde, et disprezzato da chi vince et corne di uno si comincia a non tener conto, et stimato inutile amico, e non formidabile inimico, si puô temere che gli sia fatta ogni ingiuria. et disegnato sopra di lui ogni ruina, ne mancano mai al vincitore le iustificazioni, perché, havendo i suoi stati mescolati, è forzato ricevere ne' porti hora questo, hora quelle, riceverli in casa, sovvenirli di alloggiamento, di vettovaglie : e semprc ognuno pensera di essere ingannato, et occorrcranno infinité cose che causeranno infinité querele ; et quando bene nel maneggiare la guerra non ne nascesse alcuna, che è impossibile, ne nasce doppo la vittoria, perché li minori potenti, et che hanno paura di te, subito corrono sotto il vincitore, et danno a quello occasione di offenderti ; et chi dicessi : — Egli è il vero, c' ci potrebbe essere tolto questo, et mantenutocl quelio — rispondo, che egli è meglio perdere ogni cosa virtuo-

une seule partie, et qu'on ne peut perdre une seule partie sans que le tout ne coure des risques.

Leit. fam., 377-79.

Quoique ce soit une action détestable d'employer la fraude dans la conduite de la vie, néanmoins, dans la conduite de la guerre, elle devient une chose louable et glorieuse, et celui qui triomphe de ses ennemis par fraude ne mérite pas moins de louange que celui qui en triomphe par les armes... Je ne regarde pas comme glorieuse la fraude qui nous porte à rompre la foi jurée et les traités conclus ; car, bien qu'elle ait quelquefois fait acquérir des états et une couronne, elle n'a jamais procuré la gloire. Je parle seulement de cette fraude dont on use envers un ennemi qui se défie de vous, et qui consiste proprement dans la conduite de la guerre.

Discours, III, 40.

Les royaumes bien ordonnés jamais ne confient le pouvoir absolu à leur roi, sinon aux armées, car là seulement il est besoin d'une décision soudaine, partant d'un pouvoir unique. Partout ailleurs, le

siamente, che parte vituperosamente, ne si puô perdere la parte vituperosamente, ne si puô perdere la parte che il tutto non triemi. Le//. /am., 377-79.

Ancorachè usare la fraude in ogni azione sia detestabile. nondimanco nel maneggiar la guerra è cosa laudabile e gloriosa ; e parimente è laudato colui che con fraude supera il nimico, corne quello che '1 supera con le forze.

... non intendo quella fraude essere gloriosa, che ti fa rompere la fede data ed i patti fatti ; perché questa.. ancora che la ti acquisti qualche volta stato e regno, come di sopra si discorse, la non ti acquisterà mai gloria. Ma parlo di quella fraude che si usa con quel nimico che non si fida di te, e che consiste proprio nel maneggiare la guerra.

Discorsi, III, 40.

I regni che hanno buoni ordini, non danno lo imperio assoluto agli loro re se non negli eserciti, perché in questo luogo solo è necessaria una subita deliberazione, e per questo, che vi sia una unica potestà : nell' altre cose non puô fare

Page 1