‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 104 sur 175 · XV. LA GUERRE ET LA PAIX · texte numérisé non relu

XV. LA GUERRE ET LA PAIX

roi ne peut rien faire sans prendre conseil, et ses conseillers ont à craindre qu'il ne se trouve auprès de lui tel qui désire la guerre, ne pouvant vivre sans elle. Art de la guerre, I.

Tant qu'elle fut bien ordonnée, c'est-à-dire jusqu'aux Gracques, Rome n'eut aucun soldat de métier, aussi en eut-elle peu de mauvais, lesquels furent tous punis sévèrement. Donc, une cité bien ordonnée doit vouloir que l'étude de la guerre soit employée en temps de paix comme exercice, en temps de guerre par nécessité et pour la gloire, et laisser au peuple seul la faculté d'en user comme d'un art, ainsi que fit Rome. Et tout citoyen qui dans cet exercice vise un autre but n'est pas bon citoyen, et toute cité qui autrement se gouverne n'est pas cité bien ordonnée. Art de la guerre, I.

Si l'on commence la guerre quand on veut, on ne la termine pas de même ; aussi, un prince, avant de se jeter dans une entreprise, doit-il mesurer ses forces et se gouverner d'après elles. Mais il doit avoir

alcuna cosa senza consiglio, ed hanno a temere quelli che lo consigliano, ch' egli abbi alcuno appresso che ne' tempi di pace desideri la guerra, per non potere senza essa vivere.

Arie délia guerra, I.

Roma pertanto, mentre ch' ella fu bene ordinata. che fu infino a' Gracchi, non ebbe alcuno soldato che pigliasse questo esercizio per arte ; e perô ne ebbe pochi cattivi, e quelli tanti furono severamente puniti. Debbe adunque una città bene ordinata volere che questo studio di guerra si usi ne' tempi di pace per esercizio e ne' tempi di guerra per nécessita e per gloria, ed al pubblico solo lasciarla usare per arte, come fece Poma.'E qualunque cittadino, che ha in taie esercizio altro fine, non è buono ; e qualunque città si governa altrimenti, non è bene ordinata.

Arte délia guerra, I,

Perché ciascuno puô cominciare una guerra a sua posta, ma non finirla, debbe uno principe, avanti che prenda una impresa, misurare le forze sue, e secondo quelle governarsi. Ma debbe avère tanta prudenza, che délie sue forze ei non

assez de clairvoyance pour ne pas se faire illusion sur ses forces ; et il se trompera toutes les fois qu'D comptera ou sur ses deniers, ou sur la nature du pays, ou sur l'affection de ses sujets, à défaut d'une bonne armée nationale. Car toutes les choses dont je viens de parler ajoutent bien de nouvelles forces à celles qu'on possède déjà, mais elles ne les peuvent donner. Elles ne sont rien par elles-mêmes, et ne vous sont d'aucune utilité sans une armée fidèle. Sans elle, les deniers en grand nombre ne vous serviront de rien, non plus que la force du terrain : la fidélité et l'affection des hommes ne durent point ; et, lorsque vous ne les pouvez défendre, comment pourraient-ils vous rester fidèles ? Les montagnes, les lacs, les lieux les plus inaccessibles deviennent plaines lorsqu'ils manquent de défenseurs courageux. Vos deniers ne vous défendent point, mais vous font dépouiller plus vite ; et rien n'est plus faux que la commune opinion que l'argent est le nerf de la guerre.

Cette sentence est alléguée chaque jour, et des princes moins sages qu'ils ne devraient se hâtent de la suivre. Ils se fondent sur elle et se figurent que

s'inganni ; ed ogni volta s' ingannerà, quando le misuri o dai danari, o dal sito, o dalla benivolenza degli uomlni. mancando dair altra parte d' arme proprie. Perché le cose predette ti accrescono bene le forze, ma le non te ne danno ; e per se medesime sono nulla ; e non giovano alcuna cosa senza 1' arme fedeli. Perché i danari assai, non ti bastano senza quelle ; non ti giova la fortezza del paese ; e la fede, e benivclenza degli uoniini non dura, perché qiiesti non ti possono cssere fedeli, non gli potendo difendere. Ogni monte, ogni lago. ogni luogo inaccessibile diventa piano, dove i forti difensori mancano. I danari ancora non solo non ti difendono, ma ti fanno predare più presto. Né puô essere più quella comune opinione che dice che i danari sono il nervo délia guerra.

La quai sentenza ô allegata ogni giorno, e da' principi non tanto prudenti che basti, seguitata. Perché, fondatisi sopra

Page 1