XV. LA GUERRE ET LA PAIX
ceux qui en seront mécontents, et ce qui peut résulter d'un tel mécontentement. Leit. fam.y 274.
Sur V organisation d'une armée nationale^.
Si vous avez bonne mémoire, Cosimo, vous me disiez ne pouvoir comprendre comment moi, si grand admirateur de l'antiquité, et contempteur de ceux qui ne l'imitent point dans les choses essentielles, je ne l'avais pas imitée dans les institutions de la guerre, qui ont toujours été ma première pensée et ma principale occupation. Je vous ai répondu que les hommes qui veulent faire une chose doivent se préparer d'avance à savoir la faire afin de pouvoir la mettre à exécution lorsque l'occasion s'en présentera. C'est à vous, qui m'avez entendu discourir aussi longuement sur ce sujet, de juger si je saurais ou non ram.ener les institutions militaires aux principes de l'antiquité ; vous avez pu connaître tout le temps que j'ai consumé dans ces graves pensées, et je pense également que vous sentez tout le désir que j'aurais de les pouvoir exécuter. Si j'ai pu le faire, ou si l'occasion
e da quella mala contentezza loro quello che ne possa nascere.
Lctl. fam., 274.
Se vi ricorda bene, Cosimo, voi mi dicesti, che, essendo io dair uno canto esaltatore dell' antichità, e biasimalore di quelli che ndle cose gravi non la imitano, e dair altro, non r avendo io nelle cose délia guerra, dove io mi sono affaticato, imitata. non ne potevi ritrovare la cagione ; a che lo risposi corne gli uomini che voghono fare un;i cosa, conviene prima si preparino a saperla fare, per poltre ipoi operarla quando occasione lo permetta. Se io saprei ridurre la milizia ne' modi antichi o no, io ne voglio per giudici voi, che mi avele sentito sopra questa materia lungamente disputare ; donde coi avete potuto conoscere qiinnto tempo io aboia consumato in questi pensieri, e ancora credo possiate immaginare quanto disiderio sia in me di mandarli ad effetto. Il che se io ho potuto fare, o se mai me n' è s'tata data occasione, facilmente potete conjct-
' Paroles de Fabrizio Colonna, condottiere, à Cosimo Rucellaï.
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ne m'en a jamais été donnée, il vous est facile maintenant de le conjecturer. Toutefois, pour lever tous vos doutes, et pour ma justification, je veux encore vous en dire les causes ; et je remplirai en partie de cette façon la promesse que je vous fis, de vous montrer les difficultés ou facilités qu'on rencontre de nos jours en de semblables imitations.
De tous les actes importants que les hommes font aujourd'hui, il n'en est point qu'il soit plus facile de ramener aux principes de l'antiquité que les institutions militaires, mais seulement pour ces princes dont l'état est assez grand pour y lever une armée de quinze à vingt mille jeunes gens. D'un autre côté, rien n'est plus difficile pour ceux qui ne possèdent pas cet avantage. Et afin de vous faire entendre ma pensée sur ce point, sachez d'abord qu'il existe pour les grands capitaines, deux sortes de gloire : la première appartient à ceux qui ont accompli de grandes choses avec des armées qu'ils avaient trouvées tout organisées; tels furent la plupart des citoyens romains, et tous ceux qui avec de telles armées n'ont eu d'autre peine que de les maintenir en ordre et de les bien conduire ; les autres sont ceux qui ont eu, non seulement à triompher de l'ennemi, mais qui
turarlo. Pure per farvene più ccrti, e per più nua giustificazione, voglio ancora addurre le cagioni, e parle vi osserverô quanto promissi di dimostrarvi, le difficultà e le facilita chc sono al présente in tali imitazioni. Dico percanto corne niuna azione clie si faccia oggi tra gli uomini, è più facile a ridurre ne' modi antichi che la milizia, ma per coloro soli che sono principi di tanto stato, che potessero almeno di loro suggetti mettere insieme quindici o ventnnila giovani. Dali' altra parte, niuna cosa è piu difficile che questa a coloro che non hanno taie comodità. E perché voi intendiate mcglio questa parte, voi avete a sapere corne e' sono di due ragioni capitani lodati. L' una è quelli che con uno esercito ordinato per sua naturale disciplina hanno fatto grandi cose, corne furono la maggiore parte de' cittadini romani ed altri che hanno guidati cserciti, i quali non hanno avuto altra fatica che mantenerli buoni, e vedere di guidarh securamente. L' altra è quelli. che non soJamente hanno avuto a superare il nimico, ma prima ch' cgli