XV. LA GUERRE ET LA PAIX
furent auparavant dans la nécessité de se créer une bonne armée et d'y introduire l'ordre et la discipline. Ceux-là, sans doute, méritent plus de louanges que n'en ont mérité ceux qui, avec des armées bonnes et anciennement organisées, ont fait de grandes choses. Parmi ces capitaines, il y eut Pélopidas, Epaminondas, Tullius Hostilius, Philippe de Macédoine, père d'Alexandre le Grand, Cyrus, roi des Perses, et Sempronius Gracchus. Tous ceux-là furent obligés de former d'abord une bonne armée avant de pouvoir s'en servir pour combattre. Tous y parvinrent soit par leur sagesse, soit parce qu'ils avaient assez d'hommes pour les pouvoir dresser à de tels exercices. Jamais il n'eût été possible à aucun d'eux, malgré tout son génie, d'accomplir aucune action glorieuse dans un pays étranger, parmi des peuples corrompus et ennemis de toute bonne obéissance.
Il ne suffit donc pas, en Italie, ( e savoir conduire une armée déjà toute formée : il faut d'abord être en état de la créer, et ensuite de la savoir commander. Mais ces choses ne sont à la portée que des princes auxquels l'étendue de leurs états et le nombre de leurs sujets permettent de telles entreprises. Puis-je me mettre dans ce nombre, moi qui ne commandai
arrivino a quello, sono stati nécessitât! fare buono e bene ordinato lo esercito loro ; i quali senza dubbio nieritano più Iode assai che non hanno meritato quelli che con gli eserciti antichi e buoni hanno virtuosamente operato. Di questi tali fu Pelopida ed Epaminonda, Tulio Ostilio, Filippo di Macedonia padre d' Alessandro, Ciro re de'Persi, Gracco romano. Costoro tutti ebbero prima a fare lo esercito buono, e poi combattere con queilo. Costoro tutti lo poterono fare, si per la prudenza loro, si per avère suggetti da poterli in similc esercizio indirizzare. Uè mai sarebbe stato possibile che alcuno di loro, ancora che uomo pieno d' ogni eccellenza, avesse potuto in una provincia aliéna, piena di uomini corrotti, non usi ad alcuna onesta ubbidienza, fare alcuna opéra lodevole. Non basta adunque in Italia il sapere governare uno esercito fatto, ma prima è necessario saperlo fare e poi saperlo comandare. E di questi bisogna sieno quelli principi, che per avère molto stato ed assai suggetti, hanno commodità di farlo.
jamais, ni ne puis commander que des armées étrangères et des hommes soumis à d'autres qu'à moi ? Je vous laisse à juger s'il est possible d'introduire parmi de tels hommes aucune des améliorations dont je vous ai entretenu aujourd'hui. Quand je pourrais forcer un de ces soldats qui servent actuellement à porter plus d'armes que de coutume et à joindre à ces armes des vivres pour deux ou trois jours et une pioche ; quand je parviendrais à le faire travailler à la terre et à l'assujettir, pendant une partie du jour, à des manœuvres simulées, afin de pouvoir m'en servir lorsqu'il faudra réellement combattre ; quand il s'abstiendrait du jeu, de la débauche, du blasphème et de l'insubordination où il se complait aujourd'hui ; quand il se soumettrait à cette discipline ; quand son respect pour l'ordre et la propriété serait tellement profond qu'il craindrait de toucher à l'arbre couvert de fruits qui se trouverait placé au milieu de son cantonnement, comme on lit que c'est arrivé souvent dans les armées d'autrefois, que pourrais-je lui promettre qui pût, en me faisant craindre, m'attirer tout ensemble son respect et son amour, lorsque, la guerre terminée, tous nos rapports se trouvent entièrement rompus ? De quoi pourrais-je
De' qunli non posso essere io che non comandai mai, ne posso comandarc se non ad eserciti forestieri, e ad uomini obbligati ad altri e non a nie. Ne' quali s' egli è possibile o no introdurre alcuna di quelle cose da me ogu'i ragionate, Io voglio lasciare nel giudiiio vostro Ouando potrei io fare portare ad uno di questi soldat!, che oggi si praticnno, più arme che le consuete ; ed, oltra aile arme, il cibo per due o tre ^iorni, e la zappa ? Quando potiei io farlo zappare, o tencrlo oi^ni fJîiorno moite ore sotto J'arme negli esercizi finti. per potere poi ne' ven valermene ? Quando si asterrebbe egli dai giuochi. dalle lascivie, dalle bestemmie, dalle insolenze. che ogni di fanno ? Quando si ridurrebbero eglino in tanta disciplina, ed in tanta ubbidicnza e reverenza ,clie uno arbore pieno di pomi nel mezzo degli alloglamentJ vi si trovasse c lasciasse intalto, come si legge che nejih eserciti antichi moite volte intervenne ? Che cosa posso io promettere loro. mediante la quale e' mi abbiano con reveren/a ad amare o temere, quando. finita la guerre e' non hanno più alcuna cosa a convenire mcco ? Di che gli