XV. LA GUERRE ET LA PAIX
faire rougir des hommes nés et élevés sans aucjun sentiment de l'honneur ? Pourquoi auraient-ils pour moi le moindre égard, puisque je leur suis inconnu ? Par quel Dieu ou par quels saints pourrais-je les faire jurer ? Par ceux qu'ils adorent ou par ceux qu'ils blasphèment ? J'ignore quels sont ceux qu'ils révèrent, mais je sais qu'ils les blasphèment tous. Comment pourrais-je croire qu'ils tinssent les promesses qu'ils ont faites à ceux qu'ils méprisent à toute heure ? Comment ceux qui méprisent Dieu même pourraient-ils respecter les hommes ? Quelle louable institution pourrait-on établir en une pareille misère ? Et si vous m'alléguiez que les Suisses et les Espagnols sont de bons soldats, je vous avouerai qu'ils l'emportent de beaucoup sur les Italiens ; mais si vous prenez garde à mon raisonnement et à la manière d'agir de ces deux peuples, vous verrez tout ce qui leur manque pour atteindre à la perfection des anciens. Les Suisses sont devenus d'excellents soldats, par une habitude naturelle, due à ce que je vous ai dit ; et les Espagnols doivent tout à la nécessité ; parce que, ayant à combattre en pays étranger, se voyant forcés à vaincre ou mourir, et
ho io a fare vergognare, che sono nati ed allevati senza vergogna ? Perché mi hanno eglino ad osservare, che non mi conoscono ? Per quale Iddio, o per quali santi gli ho io a fare giurare ? Per quei ch' eglino adorano, o per quoi che bestcmmiano ? Che ne adorino non so io alcuno ; ma so bene che li bestemmiano tutti. Come lio io a credere ch' eglino osservino le promesse a coloro che ad ogni ora ei dispregiano ? Come possono coloro, che dispregiano Iddio, riverire gli uomini ? Quale dunque buona forma sarebbe quella che si potesse imprimere in questa materia ? E se voi mi allegassi che i Svizzeri e gli Spagnuoli sono buoni, io vi confesserei come eglino sono di gran lunga migliori che gl' Italiani ; ma se voi noterete il ragionamento mio, ed il modo del procedere d' ambidue, vedrete come e' manca loro di moite cose ad aggiugnere alla perfezione degli antichi. Ed i Svizzeri sono fatti buoni da uno loro naturale uso, causato da quello che oggi vi dissi, quegli altri da una nécessita; perché militando in una provincia forestiera, e parendo loro essere costretti o morire o vincere.
ne voyant pas la possibilité de fuir, ils sont devenus courageux. Mais leur supériorité est en grande partie défectueuse ; et le seul avantage qu'ils aient est qu'ils ont coutume d'attendre l'ennemi jusqu'à la pointe de la lance ou de l'épée. Personne n'est capable de leur enseigner tout ce qui leur manque, et à plus forte raison, quelqu'un qui ne parlerait pas la même langue.
Mais revenons aux Italiens. Privés qu'ils sont de princes sages, ils n'ont pu adopter aucune institution louable ; et ne s'étant point trouvés dans la même nécessité que les Espagnols, ils ne les ont point instituées d'eux-mêmes, si bien qu'ils sont devenus la honte du monde entier. Ce n'est point aux peuples qu'en est la faute, mais bien à leurs princes, lesquels ont été châtiés, et ont la juste punition de leur imprévoyance, en perdant leurs états ignominieusement et sans avoir tenté, pour se défendre, aucune action courageuse. Voulez-vous contrôler la vérité de mon dire ? Considérez combien de guerres ont eu lieu en Italie depuis la venue du roi Charles VIII jusqu'à nos jours. Les guerres ont coutume de rendre les hommes belliqueux et réputés ; cependant les guerres dont je vous parle, encore que grandes et
per non parère loro avère luogo alla fuga, sono diventati buoni. Ma è una bontà in moite parti defettiva, perché in quella non è altro di buono, se non che si sono assuefatti ad aspettare il nimico infino alla punta délia picca e délia spada. Ne quello che manca loro, sarebbe alcuno atto ad insegnarlo, e tanto meno chi non fusse délia loro lingua.Ma torniamo agli Italiani, i quali per non avère avuti i loro principi savi, non hanno preso alcuno ordine buono, e per non avère avuto quella nécessita che hanno avuta gli Spagnuoli, non gli hanno per loro medesimi presi ; taie che riniangono il vituperio del niondo. Ma i popoli non ne hanno colpa. ma si bene i principi loro ; i quali ne sono stati gastigati, e délia ignoranza loro ne hanno portate giustc pêne, perdendo ignominiosamente lo stato, e senza alcuno esemplo virtuoso. Voleté voi vedere se questo che io dico è vero ? Considerate quante guerre sono state in Italia dalla passata del re C.arlo a oggi ; e solendo le guerre fare uoniiui hoUicosi e roputati, queste quanto più sono state grandi