‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 110 sur 175 · XV. LA GUERRE ET LA PAIX · texte numérisé non relu

XV. LA GUERRE ET LA PAIX

ItTribles, n'ont fait que ravir aux peuples et aux chefs le peu de réputation qui leur restait encore. Un tel abaissement ne peut provenir que de ce que les institutions actuelles sont défectueuses, et que nul n'a su en adopter de nouvelles. Ne croyez point que les armes italiennes recouvrent jamais quelque renommée, sinon par les moyens que je vous ai dits, et grâce aux princes (ui ont en Italie de puissants états ; car on ne peut imprimer cette forme que dans des hommes simples, frustes, et qui vous appartiennent, et non chez des hommes corrompus, mal gouvernés et étrangers. Et l'on ne verra jamais un bon sculpteur se flatter de tirer une belle statue d'un bloc mal ébauché ; il y parviendra sans peine, d*un marbre brut.

Nos princes italiens s'imaginaient, avant d'avoir essuyé les coups des guerres ultramontaines, qu'il suffisait à un prince de savoir puiser dans les livres une réponse plaisante, écrire une belle lettre, de montrer dans ses paroles et ses dits promptitude et finesse ; savoir ourdir une intrigue, se parer d'or et de pierreries, dormir et manger avec plus de splendeur que les autres princes, s'entourer de toutes les voluptés, se montrer envers ses sujets plein d'avarice

e fiere, tanto più hanno fatto perdere di reputazione aile membra cd a' capi suoi. Questo conviene che nasca che gli ordini consueti non erano c non sono buoni, e degli ordini nuovi non ci è alcuno che abbia saputo pigliarne. Ne crediate mai che si renda reputazione aile arme italiane, se non per quella via che io ho dimostra, e mediante coloro che tengono stati grossi in Italia, perché questa forma si puù imprimere negli uomini semplici, rozzi e proprj, non ne' maligni, maie custoditi e forestieri. Ne si troverà mai alcuno buono scultore, che creda fare una bella statua d' uno pezzo di marmo maie abbozzato, ma si bene d' uno rozzo. Oedevano i nostri principi italiani, prima ch' egli assaggiassero i colpi délie oltremontane guerre, che ad uno principe bastasse sapere negli scittori pensare una acuta risposta, scrivere una bella lettera, mostrare ne detti e nelle parole arguzia e prontezza, sapere tessere una fraude, ornarsi di gemme e d' oro, dormire e mangiare con maggiore splendore che gli altri, tenere assai lascivie intorno, governarsi co' sudditi avaramentc e superbamente marcirsi

et d'orgueil ; croupir dans l'oisiveté ; donner, par faveur, les grades dans l'armée ; mépriser quiconque eût osé leur montrer une voie plus honorable, et vouloir que leurs paroles fussent considérées comme des oracles. Ils ne s'apercevaient point, les malheureux, qu'ils se préparaient par cette conduite, à devenir la proie du premier qui les viendrait assaillir. De là naquirent, en 1494, ces grands épouvantements, ces fuites précipitées, ces pertes surprenantes ; et c'est ainsi que les deux plus puissants itats qui existaient en Italie ont été à plusieurs reprises ravagés et pillés.

Mais le pire de tout, c'est que les princes qui nous sont restés persistent dans le même aveuglement, vivent dans les mêmes désordres et ne veulent point s'apercevoir que ceux qui voulaient jadis conserver leurs états faisaient ou faisaient faire tout ce que je viens de vous exposer et mettaient tout leur soin à endurcir leur corps aux fatigues et à rendre leur âme insensible aux dangers. C'est pour cela que César et Alexandre et tant d'autres princes et guerriers illustres combattaient toujours au premier rang, et marchaient à pied couverts de leur armure : et s'ils perdaient leurs états, ils voulaient aussi perdre la

neir ozio, dare i gradi délia milizia per grazia, disprezzare, se alcuno avesse loro dimostro alcuna lodevole via, volere che le parole loro fussero responsi di oraculi ; ne si accorgevano i meschini che si preparavano ad essore preda di qualunque gli assaltava. Di qui nacquero poi nel mille quattrocento novantaquattro i grandi spaventi, le subite fughe, e le miracolose perdite ; e cosi tre potentissimi stati che erano in Italie, sono stati più volte saccheggiati e guasti. Ma quello che è peggio, è che quelli che ci restano stanno nel medesimo errore. e vivono nel medesimo disordine, e non considerano che quelli che anticamente volevano tenere lo stato, facevano e facevano tare tutte quelle cose che da me si sono ragionate, e che il loro studio era preparare il corpo a' disagi e lo animo a non temere i pericoh. Onde nasceva che Cesare, Alessandro e tutti quegli uomini e principi eccellenti, erano i primi intra i combattitori, andavano armati a piè, e se pur e' perdevano lo stato, e' volevano perdere la vita ; talmcnte che vivevano e morivano vir-

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