‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 111 sur 175 · XV. LA GUERRE ET LA PAIX · texte numérisé non relu

XV. LA GUERRE ET LA PAIX

vie ; de sorte qu'ils vivaient et mouraient valeureusement. Si l'on peut blâmer dans la plupart d'entre eux un excès d'ambition, on ne pourra jamais leur reprocher ni mollesse ni aucune chose qui rend les hommes lâches et efféminés. Si nos princes pouvaient lire ces exemples et y croire, serait-il possible qu'ils ne changeassent pas de manière de vivi*e, et que leurs états ne jouissent pas d'une fortune meilleure ?

Puisque vous vous plaignîtes, au commencement de notre entretien, de votre ordonnance, je vous répondrai que si vous l'aviez établie comme je l'ai indiqué, et que si l'expérience vous eût prouvé qu'elle était défectueuse, c'est alors que vous auriez eu le droit de vous plaindre ; mais si votre armée n'a été ni organisée ni exercée comme je vous l'ai dit, c'est à elle à se plaindre de vous, qui au lieu d'une figure parfaite, n'avez produit qu'une ébauche informe. Les Vénitiens, de même que le duc de Ferrare, avaient commencé cette réforme ; ils n'ont pas su la mener à bonne fin ; c'est donc à eux qu'il faut s'en prendre, et non à leurs solats. Je vous affirme que, parmi les princes qui régnent en Italie, le premier qui entrera dans cette voie deviendra le premier, seigneur et maître de toute cette contrée. Et il en

tuosamente. E se in loro, o in parte di loro si poteva dannare troppa ambizione di regnare, mai non si troverà che in loro si danni alcuna moliizie, o alcuna cosa che faccia gli uomini delicati ed imbelli. Le quali cose, se da questi principi fussero lette e credute, sarebbe impossibile che loro non mutassero forma di vivere, e le provincie loro non mutassero fortuna. E perché voi nel principio di questo nostro ragionamento vi dolesti délia vostra ordinanza, io vi dico che, se voi 1' avete ordinata corne io ho di sopra ragionato, ed ella abbia date di se non buona esperienza, voi ra>»ionevolmente ve ne potete dolere ; ma s' ella non è cosl ordinata ed esercitata corne ho detto, ella puo dolersi di voi, che avete fatto uno abortivo, non una figura perfetta. I Viniziani ancora e il duca di Ferrara la cominciarono e non la seguirono ; il che è stato per difetto loro, non degli uomini loro. Ed io vi afferme, che qualunque di quelli, che tengono oggi stati in Italia, prima entrera per questa via, fia, prima che alcuno altro, signore di questa pro-

sera de ses ctats comme du royaume de Macédoine, lorsqu'il se rangea sous la domination de Philippe, qui, élevé par Epaminondas le Thébain, apprit de lui l'art d'organiser une armée et qui, pendant que le reste de la Grèce, oisive, ne s'occupait qu'à entendre réciter des pièces de théâtre, sut s'élever, par cette discipline et continuel exercice, à un tel degré de puissance qu'il parvint en peu d'années à s'emparer de toute cette contrée, et à laisser à son fils un empire fondé sur d'assez solides fondements pour lui permettre de devenir prince de tout l'univers. Quiconque méprise ces pensées, s'il est prince, dédaigne ses états, et s'il est citoyen, sa patrie.

Pour moi, je me plains de la nature qui devait ou me laisser ignorer ces maximes ou me donner la faculté de les mettre en pratique. Aujourd'hui que je suis vieux, je n'espère plus pouvoir en trouver l'occasion. C'est pourquoi je me suis montré libéral de mon expérience envers vous qui, jeune et d'un rang élevé, si les choses que je vous ai dites vous ont plu, pourrez en temps et lieu les conseiller à votre prince et l'aider à les mettre en œuvre. Que ce grand dessein ne vous étonne ni ne vous effraie ; car cette contrée semble née pour ressusciter les choses mortes, comme

vincia ; ed interverrà allô stato suo corne al regno de' Macedoni, il quale, venendo sotto a Filippo, che aveva imparato il modo deir ordinarc gli esercili da Epanànonda tebano, diventô, con questo ordine e con questi esercizi, mentre che 1' altra Grecia stava in ozio ed attendeva a recitare commedie, tanto potente che potette in poclii anni tutta occuparla, ed alfigliulo lasciare taie fondainento, che potè farsi principe di tutto il mondo. (^olui adunque che dispregia questi pcnsieri, s' egli è principe, dispregia il principato suo ; s' egli è cittadino, la sua città. J£d io mi dolgo délia natura, la quale a ella non mi dovea fare conoscitore di questo, o ella mi doveva dare facultà a poterlo eseguire. Ne penso oggimai, essendo vecchiO, potere averne alcuna occasione ; e per questo io ne sono stato con voi libérale, che, essendo giovani c qualificati, potrete, quando le cose dette da me vi piacciano, ai debiti tempi, in favore dei vostri principi, aiutarle e consigliarle. Di che non voglio vi sbigottiate o diffidiate, perché questa provincia pare nata per risuscitare le cose morte, corne si è visto délia poesia, délia pittura e délia

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