Chapitre XVI LA RELIGION
Lorsqu'on se demande pourquoi les peuples de l'antiquité étaient plus épris de la liberté que ceux de notre temps, il me semble que c'est par la même raison que les hommes d'aujourd'hui sont moins forts, ce qui tient, à mon avis, à la différence de notre éducation et de celle des anciens, fondée sur la diversité de notre religion et des religions antiques. En effet, notre religion, nous ayant montré la vérité et l'unique chemin du salut, fait que nous estimons moins les honneurs de ce monde. Les païens au contraire, qui estimaient beaucoup la gloire, et y avaient placé le souverain bien, étaient plus farouches dans tout ce qu'ils faisaient. On en peut voir les marques dans une foule de leurs institutions, à commencer par la magnificence de leurs sacrifices, comparée à l'humilité des nôtres, dont la pompe plus suave qu'éclatante n'offre rien de cruel ou de propre à exciter le courage. Certes, la pompe ni la magnificence ne faisaient
Pensando dunque donde possa nascere, che in quelli tempi antichi, i popoli fussero più amatori délia libertà che in questi credo nasca da quella medesima cagione che fa ora gli uomini manco forti : la quale credo sia la diversità délia educazione uostra dalla antica, fondata nella divcrsitii deila religione nostra dalla antica. Perché avendoci la nostra religione mostra la verità c la \era via, ci fa stimarc meno 1' onore del mondo : onde i gentili stimandolo assai, ed avendo posto in quello i) somino bene, erano nelle azioni loro più feroci. Il che si puô considerare da moite loro constituzioni, cominciandosi dalla magnificenza de' sacrificii loro, alla umilitù de' nostri ; dove è qualche pompa più dilicata che magnifica, ma nessuna azione féroce o gagliarda. Quivi non mancava la pompa ne la magni-