‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 114 sur 175 · XVI. LA RELIGION · texte numérisé non relu

XVI. LA RELIGION

point défaut à leurs cérémonies, mais on y joignait l'acte du sacrifice, plein de sang et de férocité, puisqu'on égorgeait une multitude d'animaux. La vue d'un tel spectacle, cruel et terrible, rendait les hommes semblables à lui. D'autre part, la religion antique n'accordait les honneurs divins qu'aux hommes illustrés par une gloire mondaine, tels que les chefs d'armée et les chefs de républiques. Notre religion, au contraire, n'a sanctifié que des hommes humbles et contemplatifs, et non les hommes d'action. Elle a de plus placé le souverain bien dans rhumilité, l'abaissement, et le mépris des choses de ce monde ; tandis que la religion antique le faisait consister dans la grandeur d'âme, la force corporelle, et dans tout ce qui pouvait rendre les hommes très forts et valeureux. Et si notre religion exige que nous ayons de la force, c'est plutôt celle qui fait supporter les maux que celle qui porte aux grandes actions.

Il semble donc que cette nouvelle manière de vivre ait rendu le monde faible et l'ait livré en proie aux scélérats qui le peuvent manier à leur guise, en toute sécurité, voyant l'universalité des hommes disposée, dans l'espoir du Paradis, à souffrir tous leurs outrages plutôt qu'à s'en venger.

fîcenza délie cerimonie, ma vi si aggiungeva 1' a/ione del sacrificio pieno di sangue e di ferocia, ammazzandovisi moltitudine di animali : il quale aspetto sendo terrihile. rendeva gli uomini simili a lui. La religione antica, oitre di questo, non bealificava se non gli uomini pieni di mondana glona ; corne erano capitani di eserciti, e principi di repubbliche. La nostra religione ha glorificato più gli uommi umili e contemplativi, che gli attivi. Ha dipoi poslo il sommo bene nella umilità, abieziom, nello aispregio délie cose umane : quell' altra lo poneva nella grandezza dello animo, nella fortezza del corpo, ed in tutte le allre cose atte a fare gli uomini fortissimi. E se la religione nostra richiede che abbi in te foitezza, vuole che tu sia atto a palire più che fare una cosa forte. Questo modo di vivere, adunque, pare che al bi renduto il mondo debole, e datolo In preda agli uomini scellerati ; i quali sicuramente lo possono maneggiare, veggcndo corne la università degli uomini, per andare in paradiso, pensa più a sopportare le sue bat.iture,

Toutefois, si le monde s'est efféminé, si le ciel n'ordonne plus la guerre, cela vient plutôt sans doute de la lâcheté des hommes qui ont interprété notre religion d'après la paresse et non selon la vertu ; car s'ils avaient considéré qu'elle permet l'exaltation et la défense de la patrie, ils auraient vu qu'elle veut également que nous l'aimions et honorions, et qu'il fallait donc nous préparer à devenir capables de la défendre.

Ces fausses interprétations qui corrompent l'éducation sont cause qu'on ne voit plus au monde autant de républiques que dans l'antiquité, et que par conséquent, les peuples n'ont plus autant d'amour pour la liberté qu'ils n'en avaient alors.

Discours, II, 2.

Toutes les villes, tous les pays qui vivent dans la liberté prospèrent grandement. La population y est plus nombreuse, parce que les mariages y sont plus libres et qu'on s'y marie plus volontiers ; car chacun voit naître avec joie des enfants qu'il croit pouvoii' nourrir, et dont il ne craint pas qu'on ravisse le patrit moine ; il sait qu'il a donné le jour, non pas à deesclaves, mais à des hommes libres qui pourrons

che a vendicarle. E benchè paia che si sia effeminato il mondo, e disarmato il Cielo, nasce più senza dubbio dalla viltà degli uomini, che hanno interpretato la nostra religione second o r ozio, e non secondo la virtù. Perché, se considerassino corne la permette la esaltazione e la difesa délia patria, vedrebbono corne la vuole che noi 1' amiamo ed onoriamo, e prepariamoci ad esser tali che noi la possiamo difendere. Fanno adunque queste educazioni, e si false interpretazioni, che nel mondo non si vede tante repubbliche quante si vedeva anticamente ; ne. per conseguente, si vede ne' popoli tanto amore alla libertà quanto allora. Discorsi, II, 2.

... tutte le terre e le provincie che vivono libère in ogni parte... fanno i progressi grandissimi. Perché quivi si vede maggiori popoli, per essere i matrimoni più liberi, e più desiderabili dagli uomini : perché ciascuno procréa volentieri quelli figlioli che crede poter nutrire, non dubitando che il patrimonio gli sia tolto, che e' conosce non solamente che nascono liberi e non schiavi, ma che possono mediante la virtù

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