‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 116 sur 175 · XVI. LA RELIGION · texte numérisé non relu

XVI. LA RELIGION

Le salut d'une république ou d'un royaume n'est donc point d'avoir un prince qui gouverne avec sagesse pendant sa vie, mais un qui organise l'Etat de manière que, même après sa mort, le gouvernement se maintienne. Et bien qu il soit plus facile de faire adopter à des hommes encore frustes une opinion nouvelle et un ordre nouveau, il n'est cependant pas impossible de les faire adopter à des hommes civilisés ou qui se flattent de l'être. Les Florentins ne se croient ignorants ni grossiers ; néanmoins, le frère Jérôme Savonarole leur fit accroire qu'il avait des entretiens avec Dieu. Je ne veux point juger s'il disait vrai ou faux, car on ne doit parler qu'avec respect d'un homme aussi extraordinaire. Je dis seulement qu'une infinité de gens le croyaient, sans avoir rien vu de surnaturel qui pût les obliger à croire, car sa vie entière, sa science, le sujet de ses discours suffisaient pour faire croire en lui. Toutefois, il ne faut pas que personne appréhende d'échouer aujourd'hui en des entreprises où d'autres jadis ont réussi. Car les hommes naissent, vivent et meurent toujours d'après les mêmes lois.

Discours, I, 11.

Non è, adunque, la salute di una repubblica o d' uno regno avère uno principe che prudentemente governi mentre vive ; ma uno che 1' ordini in modo, che, morendo ancora, la si mantenga. E benchè agli uomini rozzi più facilmenle si persuade uno ordine o una oppinione nuova, non è per questo impossibile persuaderla ancora agli uomini civili, e che si presumono non essere rozzi. Al popolo di Firenze non pare essere ne ignorante ne rozzo : nondimanco da frate Girolamo Savon arola fu persuaso che parla va con Dio. lo non voglio giudicare s' egli era vero o no, perché d' un tanto uomo se ne debbe parlarc con reverenza : ma io dico bene, che infiniti lo crcdevano, senza avère visto cosa nessuna istraordinaria da farlo loro credere ; perché la vita sua. la dott "ina, il soggetto che prose, erano suffizicnti a fargli prestare fede. Non sia, pertan'o. nessuno che si sbigottisca di non potere conseguire quello che è stato consoguito da altri ; perché gli uomini, nacqucro, vissero e morirono sempre con un medesimo ordine.

Discors i, I, 11.

Il est une chose où, comme en beaucoup d'autres, je suis d'une opinion contraire à celle des Florentins. Ils voudraient un prédicateur qui leur montrât le chemin du Paradis, et moi j'en voudrais trouver un qui leur montrât le chemin pour aller chez le diable ; de plus, ils le voudraient bon, prudent, intègre et loyal, et moi j'en voudrais trouver un qui fût plus fou que le Ponzo, plus roublard que frère Jérôme, plus hypocrite que frère Albert ; car il m'est avis que ce serait une belle chose, et digne de la bonté de notre temps, que tout ce que nous avons expérimenté en beaucoup de moines divers, s'expérimentât en un seul, car le vrai moyen, me semble-t-il, pour aller en Paradis, c'est d'apprendre le chemin de l'Enfer pour le fuir. En outre, quand on voit combien a de crédit un méchant revêtu du manteau de la religion, il est aisé de se figurer combien en aurait un bon qui allât, non point par simulation, mais en vérité, pieds nus, dans la boue de saint François.

Lett. jam., 422-23.

Vero è che io so che sono contrario, corne in moite altre cose, air opinione di quelli cittadini (di Firenze) : eglino vorrieno un predicatore che insegnassi loro la via del Paradiso, et io vorrei trovarne uno che insegnassi loro la via di andare a casa il diavolo ; vorrebbono appresso che fosse buono prudente intiero et Icale, et io ne vorrei trovare ujio più pazzo che il Ponzo, più versuto che fra Girolamo, più ippocrito che frate Alberto, perché mi parebbe una bella cosa, et degna délia bontà di questi tempi, che tutto qucllo che noi habbiamo sperimentato in molti frati, si esperimentasse in uno, perché io credo che questo sarebbe il vero modo ad andare in Paradiso. imparare la via dell' Inferno per fuggirla. Vedendo, oltre di questo, quanto credito ha uno tristo che sotto il mantello délia religione si nasconda, si puô fare sua coniettura facilmente, quanto ne harebbe un buono che andasse in verità et non in simulazione, pestando i fanghi di S. Francesco.

Letl. fam., 422-23.

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