‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 118 sur 175 · XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL · texte numérisé non relu

XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL

religions, même fausses. Les hommes avisés les propageaient sans s'inquiéter de leur origine, et l'autorité de ces hommes les rendait dignes de foi aux yeux de chacun. Rome eut beaucoup de ces mira- les parmi lesquels je citerai le suivant. Au sac de la cité des Véiens par les soldats romains, plusieurs d'entre eux pénétrèrent dans le temple de Junon. S'étant approchés de la statue, ils lui demandèrent si elle voulait venir à Rome : « Vis venire Romam ? » Il parut à l'un qu'elle faisait signe de consentir, à tel autre qu'elle disait oui. Et parce que ces soldats étaient pleins de religion (ainsi que Tite-Live le démontre, puisqu'ils entrèrent dans le temple sans tumulte, tous remplis de dévotion et de respect), il leur sembla entendre la réponse qu'ils avaient présumée à leur demande. Cette croyance ou crédulité fut accueillie et propagée par Camille ainsi que les autres chefs du gouvernement.

Certes, si la religion avait pu se maintenir parmi les chefs de la république chrétienne, telle que son divin fondateur l'avait établie, les ttats chrétiens seraient bien plus unis et plus heureux qu'ils ne sont présentement. La preuve la plus frappante de sa déchéance,

false : perché i prudent) gli aumentano, da qualunque principio e' si nascano ; e 1' autorità loro dà poi a quelli fede appresso a qualunque. Di questi miracoli ne fu a Roma assai ; e intra c;li altri fu, che saccheggiando i soldati romani la città de' Veienti, alcuni di loro enlrarono nel tempio di Giunone, ed accostandosi alla immagine di quella. e dicendole vis venire Romam, parve ad alcuno vedere che la accennasse"; ad alcun altro, che ella dicesse di si. Perché, sendo quelli uomini ripieni di religione (il che dimostra Tito Livio, perché nell' entrare nel tempio, vi entrarono senza tumulto,' tutti devoti e pieni di reverenza), parve loro udire quella risposta che alla domanda loro per avventura si avevano presupposta : la quale opinione e credulità. da Cammillo e dagli altri principi délia città fu al tutto favorita ed accresciuta. La quale religione se ne' Principi délia repubblica cristiana si fusse mantenuta, second© che dal datore d' essa ne fu ordinato, sarebbero gli stati e le repubbliche cristiane più unité e più felici assai ch' elle non sono. Ne si pud fare altra maggiore coniettura délia declinazione d' essa,

c'est de voir que les peuples les plus voisins de l'Eglise romaine, tête de notre religion, sont justement les moins religieux. Celui qui considérerait ses principes fondamentaux et combien la pratique d'aujourd'hui s'en éloigne, jugerait sans aucun doute que l'heure est proche de la ruine ou du châtiment.

Et comme plusieurs estiment que le bonheur de l'Italie dépend de l'Eglise de Rome, j'invoquerai contre elle des raisons qui se présentent à mon esprit ; j'en alléguerai d'abord deux très fortes, lesquelles, selon moi, sont sans réplique. En premier lieu, les exemples coupables de cette cour ont éteint dans ce pays toute dévotion et toute religion, ce qui entraîne après soi des inconvénients sans fin, des désordres sans fin ; et comme partout où règne la religion on suppose l'existence de toute sorte de bien, de même où elle manque on suppose le contraire, c'est donc à l'Eglise et aux prêtres que nous autres Italiens nous avons cette première obligation d'être sans religion et sans mœurs, mais nous leur en avons une bien plus grande encore qui est la cause de notre ruine : c'est que l'Eglise a entretenu et entretient la division dans notre pays. En effet, nulle contrée ne fut unie

quanto è vedere corne quelli popoli che sono più propinqui alla Chiesa romana, capo délia religione nostra, hanno meno religione. E chi considérasse i fondamenti suoi, e vedesse 1' uso présente quanto è diverso da quelli, giudicherebbe esser propinquo, senza dubbio, o la rovina o il flagello, E perché sono alcuni d' opinione, che '1 ben essere délie cose d' Italia dipende dalla Chiesa di Roma, voglio contro ad essa discorrere quelle ragioni che mi occorrono : e ne allegherô due potentissime, le quali, secondo me, non hanno repugnanza. La prima è, che per gli esscmpi rei di quella corte, questa provincia ha perduto ogni divozione ed ogni religione : il che si tira dietro infiniti inconvenienti e infiniti disordini ; perché, cosî corne dove è religione si presuppone ogni bene, cosi dove ella manca si presuppone il contrario. Abbiamo, adunque, con la Chiesa e con i preti noi Italiani questo primo obhllgo, d' essere diventati senza religione e cattivi : ma ne abbiamo ancora un maggiore, il quale é cagiono délia rovina nostra questo è che la chiesa ha tcnuto e tiene questa noslra provincia divisa. E veramente, alcuna provincia non fu mai unita o felice. se la non viene

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