‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 119 sur 175 · XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL · texte numérisé non relu

XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL

et heureuse sinon soumise dans son entier à un prince ou à une république comme c'est le cas pour la France et l'Espagne. Si l'Italie n'est pas dans la même situation, si elle n'est pas soumise à un gouvernement monarchique ou républicain, la faute en est à l'Eglise seule qui, ayant possédé longuement et tenu en mains le pouvoir temporel, n'a eu ni assez de puissance ni assez de courage pour occuper le reste de l'Italie et s'en rendre souveraine. Mais, d'autre part, elle n'a jamais été assez faible pour n'avoir pu, dans la crainte de perdre sa propriété sur les choses temporelles, appeler à son aide un allié puissant qui la défendît contre qui fût devenu trop redoutable en Italie ; les temps passés nous en montrent de nombreuses expériences. Ainsi, avec l'appui de Charlemagne, elle chassa les Lombards qui étaient déjà maîtres de presque toute l'Italie, et de nos temps, elle a enlevé la puissance aux Vénitiens avec l'aide de la France, pour chasser ensuite les Français avec l'aide des Suisses.

Ainsi, l'Eglise n'ayant jamais été assez forte pour pouvoir occuper toute l'Italie et n'ayant pas permis qu'un autre l'occupât, est cause que cette nation n'a

tutta alla obedienza d' una repubblica o d' uno principe, corne è avvenuto alla Francia ed alla Spagna. E la caf;ione che la ïtalia non sia in quel medesimo termine, ne abbia anch' ella o una repubblica o uno principe che la governi, è solamente la Chiesa : perché, avendovi abitato e tenuto imperio temporale, non è stata si potente ne di tal virtù. che r ab'.ia potuto occupare il restante d' ïtalia, e farsene principe; e non è stata, dsll' altra parte, si débile, che, per paura di non perderc il dominio délie cose temporali, la non at Li potuto convocare uno potente che la difenda contra a quello che in ïtalia fusse diventato troppo potente : corne si è veduto anticamente per assai espericnzc, quando mediante Carlo Magno la ne cacciô i Lombard i, ch' erano rii^ quasi rc di tutta Ïtalia ; e quando ne' tempi nostri clla toise la potenza a' Veneziani con r aiuto di Francia ; dipoi ne cacciô i Franciesi con 1' aiuto de' Svizzcri. Non essendo, dunque, stata la Chiesa potente da potere occupare rilnlia, ne avendo permesso che un altto la occu{»i, è stata cagione che la non ô potuta venire sotto un capo ; ma è stata sotto più principi c signori, da' quali è nata tanta

pu se réunir sous un chef unique, mais qu'elle est restée sous plusieurs princes et seigneurs ; de là tant de désunion et de faiblesse qu'elle est devenue la proie non seulement de barbares puissants mais de quiconque l'assaille.

C'est à l'Eglise et non à d'autres que nous Italiens en sommes redevables.

Et qui voudrait acquérir une preuve de cette vérité par une expérience irrécusable n'aurait besoin que d'avoir assez de puissance pour envoyer la Cour romaine avec toute l'autorité qu'elle a en Italie, habiter dans les terres des Suisses, chez le peuple, le seul de nos jours qui vive à la manière des anciens et quant à la religion et quant aux institutions militaires ; et il verrait en peu de temps les mœurs corrompues de cette cour produire plus de désordre dans cette contrée que n'en pourrait produire, en n'importe quel temps, n'importe quel désastre.

Discours, I, 12.

Ces réformes ne sont pas moins nécessaires aux religions, et l'exemple de la nôtre en est une preuve convaincante. Si saint François et saint Dominique ne l'avaient point ramenée vers son principe, elle

disunione e tanta debolezza, che la si è condotta ad essere stata preda, non solamentc di Barbari potenti, ma di qualunque r assalta. Di che noi altri Italiani abbiamo obLligo con laChiesa, e non con altri. E chi ne volcsse |.er esperienza certa vedere più pronta la verità, bisognerebbe che fusse di tanta potenza, che mandasse ad abitare la corte romana, con 1' autorità che r ha in TtaUa, in le terre de' Svizzeii ; i quali oggi sono quelli soli popoli che \ivono, e quanto alla religione e quanto agli ordini militari, secondo gli antichi : e vedrebbe che in poco tempo farebhero più disordine in quella provincia i costurai tristi di quella corte, che qualunche altro accidente che in qualunche tempo vi potessi surgere. Discorsi I, 12.

Ma quanto aile sètte, si vede ancora queste rinnovazioni essere necessarie per lo essempio délia nostra religione ; la quale se non fusse stata ritirata verso il suo principio de San Francesco e da San Domenico, sarebbe al tutto speuta.

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