XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL
aurait complètement cessé de vivre ; mais, par la pauvreté et l'exemple du Christ, ils la ranimèrent dans le cœur des hommes, où elle était déjà éteinte ; et leurs règles nouvelles furent si fortes que la vie déshonnête des prélats et chefs de la religion n'ont pu causer sa ruine. En effet, par la pauvreté de leur vie, par l'influence sur le peuple de leurs prédications et de la confession, ils ont réussi à lui persuader que c'est un péché de médire et un mérite de vivre sous l'obéissance des frères, et que s'il arrive aux frères de commettre des fautes, il faut laisser à Dieu le soin de les en châtier. Aussi pèchent-ils tant et plus, parce qu'ils ne craignent point un châtiment qu'ils ne voient et auquel ils ne croient point.
Cette réforme a donc maintenu et maintient notre religion. Discours ^ III, 1.
Certes, là où cette bonté n'existe pas, on ne peut rien attendre de bon : c'est ainsi qu'aujourd'hui on ne peut rien espérer de ces pays corrompus, comme l'est, entre tous, l'Italie ; bien que la France et l'Espagne aient aussi leur bonne part de telle corruption. Et si, dans ces deux royaumes, on ne voit pas
Perché questi, con la povertà e con l'essempio délia vita di Cristo, la ridussono nella mente degli uomini, che già vi era spenta : e furono si potenti gli ordini loro nuovi, ch'ei sono cagione che la disonestà de' prelati e de' capiti délia religione non la rovini ; vivendo ancora poveramente, ed avendo tanto credito nelle confession! con i popoli e nelle predica-
I zioni, che é danno loro ad intendere corne egli è maie a dir maie del maie, e che sia bene vivere sotto l'ubidienza loro,
1 e se fanno errori lasciargli gastigare a Dio : e cosi quelli fanno il peggio che possono, perché non temono quella punizione
i che non veggono e non credono. Hn, adunque, questa rinnovazione mantenuto, e mantiene, questa religione.
Discorso III. 1. ,
E veramente, dove non è questa bontà, non si puA sperare nul'O di bene ; corne non si puô sperare nelle provincie che in questi tempi si veggono corrotte : corne è la Italia sopra tutte le altre ; ed ancora la Francia e la Spagna di tnle corruzione ntengono parte. E se in quelle provincie non si vede tanti
autant de désordres que l'Italie en enfante chaque jour, il ne faut pas l'attribuer à des vertus qui leur sont en grande partie étrangères, mais à la présence d'un roi qui maintient l'union dans l'Etat, et aux institutions non encore corrompues de ces rovaumes.
C'est en Allemagne surtout que cette bonté et cet esprit de religion sont encore visibles à un haut degré parmi le peuple et font que plusieurs états indépendants y vivent libres, observant leurs lois, de manière à ce que personne, ni au dehors ni au dedans, ne songe à s'en rendre maître. Et pour prouver qu'une bonne part des vertus antiques régnent encore dans leur sein, j'en veux donner un exemple semblable à celui que j'ai cité plus haut du Sénat et du peuple romain.
Lorsqu'il advient que ces républiques ont besoin d'obtenir une certaine somme d'argent pour les dépenses de l'Etat, il est d'usage que les magistrats ou les conseils chargés du gouvernement imposent tous les habitants du pays à un ou deux pour cent de ce que chacun possède. Cette mesure adoptée suivant les formes usitées dans le pays, chacun se présente devant le receveur des impôts ; il prête d'abord le serment de payer la somme convenable,
disordini quanti nascono in Italia ogni di, dériva non tanto dalla Kontà de' popoli, la quale in buona parte è mancata ; quanto dallo avère uno re clie gli mantiene uniti, non solamente per la vitù sua, ma per 1' ordine di quelli rcgni. che ancora non sono guasti. Vedesi bene nclla provincia délia Magna, questa bontA e questa religione ancora in quflli popoli esser grande ; la quai fa che moite repubbliche vi vivono libère, ed in modo osservano le loro Icggi, che nessuno di fuori ne di d entre ardisce occuparle. E che sia vcro che in loro regni buona parte di quella anlica bontiX, io ne voglii^ dare uno essempio simile a questo detto di sopra del Senato e délia Plèbe romana. Usano quelle repubbliche, qunn<lo gli occorre loro bisogno di avère a spendcre alcuna quantit.^ di danari per conto pubblico, che quelli magistrali o consigli che ne hanno autorità, pbnghino a tutti ^li abitanti dclla citt;'i uno per cento. o dua, di qucllo che ciascjno lu di valsente. E fata t:Ue del.berazione seconde r ordine délia terra, si rappresenta ciascuno dinanzi agli esecutori di taie imposta ; e, preso prima il giuramento di pagure