‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 121 sur 175 · XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL · texte numérisé non relu

XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL

et il jette ensuite dans un coffre destiné à cet usage ce que, dans son âme et conscience, il croit devoir payer ; et il n'y a de témoin de ce paiement que celuilà seul qui paie.

D'où l'on peut conjecturer combien il existe encore parmi ces hommes de bonté et de religion. On doit penser également que chacun paie la somme due ; car s'il ne la donnait pas, la contribution n'atteindrait pas le montant déterminé par les sommes précédemment obtenues : si quelqu'un ne payait point, la fraude ne tarderait pas à être découverte, et dès qu'on s'en apercevrait, on aurait bientôt fait d'adopter un autre moyen de paiement.

Cette probité est d'autant plus admirable de nos jours, qu'elle est plus rare, et qu'elle n'existe plus que dans ces pays seuls. Il y a deux causes à cela. La première est qu'ils n'ont jamais eu grand commerce avec leurs voisins qui ne sont point venus chez eux et chez lesquels ils ne sont point allés : contents des biens qu'ils possèdent, ils se nourrissent des aliments, se vêtent des laines que produit le pays ; il n'ont eu ainsi nul motif de rechercher ces relations, principe de toute corruption ; ils n'ont pu prendre les mœurs ni des Français, ni des Espagnols, ni des

la conveniente somma, getta in una cassa a ciô deputata quello che secondo la conscienza sua gli pare dover pagare : del quai pagamento non è testimonio alcuno, se non quello che paga. Donde si puô conietturare, quanta bontà e quanta religione sia ancora in quelli uomini. E debbesi stimare che ciascuno paghi la vera somma : perché, quando la non si pagnsse, non gitterebbe la impozi/ione quella quantité che loro disegnassero secondo le antiche che fussino usitate riscuotersi ; e non gittando, si conoscerebbe la fraude ; e conoscendosi, arebbon preso altro modo che questo. La quale bont;\ è tanto più da nmmirare in questi tempi, quanto ella è più rara : anzi si \ede essere rimasa sola in quella provincia. 11 che nasce da due cose : 1' una, non avère avuti commerzi grandi co' vicini ; perché ne quelli sono iti a casa loro, ne essi sono iti a casa altrui ; perché sono stati contenti di quelli béni, e vivere di quelli cibi, vestire di quelle lane che dà il paese : d' onde è statu tolta via la cagione d' ogni conversazione, ed il principio di ogni corruttela ; perché non hanno possuto pigliare i cos-

Italiens, nations qui toutes ensemble sont la corruption du monde.

La seconde cause à laquelle ces républiques doivent la pureté de leurs mœurs et l'existence politique qu'elles ont conservée, c'est qu'elles ne souffrent pas qu'aucun de leurs citoyens se prétende gentilhomme, ou vive comme tel. Au contraire, ils maintiennent parmi eux une égalité parfaite, et sont très fort ennemis de tous les seigneurs ou gentilshommes qui pourraient exister dans le pays ; et si quelques-uns, par fortune, viennent à tomber entre leurs mains, ils les tuent, comme une source de corruption et de désordres de toutes sortes.

Pour donner à entendre ce que veut dire ce mot de gentilhomme, je dirai qu'on appelle ainsi ceux qui vivent dans l'oisiveté des revenus de leurs biens ; qui coulent leurs jours dans l'abondance, sans nul souci, pour vivre, ni d'agriculture, ni d'aucun autre travail de nécessité. De tels hommes sont pernicieux dans toutes les républiques et dans tous les pays ; mais les plus pernicieux de tous sont ceux qui, en plus des précédentes richesses, commandent à des châteaux et ont des sujets qui leur obéissent. De ces deux espèces d'hommes, le royaume de Naples,

tumi ne franciosi ne spagnuoli ne italiani, le quali nazioni tutte insieme sono la corruttela del mondo. L' altra cagione è, che quelle repubbliche dove si è mantenuto il vivere politico ed incorrotto, non sopportano che alcuno loro cittadino ne sia, ne viva ad uso di gentiluomo : anzi mantengono infra loro una pari qualità, ed a quclli signori e gentiluomini che sono in quella provincia, sono inimicissimi ; e se per caso alcuni pervengono loro nelle mani, corne principi di corruttela e cagione di ogni sacndalo, gli ammazzano. E per chiarire questo nome di gentiluomini qualc e' sia, dico che gentiluomoni sono chiamati quelli che ociosi vivono de' proventi délie loro possessioni abbondantemente, senza avère alcuna cura o di coltivare, o di alcuna altra necessaria fatica a vivere, Questi tali sono perniciosi in ogni repubblica e in ogni provincia ; ma più perniciosi sono quelli che, oltre aile predette fortune, comandano a castella, ed hanno sudditi che ubbidiscono a loro. DI queste duc sorti di uomini ne sono pieni il regno di Napoli,

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