XV'II. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL
les terres de l'Eglise, la Romagne et la Lombardie regorgent. C'est pourquoi n'y a-t-il jamais eu dans ces états aucun gouvernement régulier, ni aucune existence politique, parce qu'une telle race d'hommes est ennemie de toute institution civile. Vouloir introduire une république dans un pays organisé de la sorte serait tenter l'impossible. Mais si l'on voulait y rétablir l'ordre, on ne le pourrait à moins de faire un roi. La raison en est que là où la corruption est si grande que la loi n'a point de pouvoir contre elle, il est besoin de mettre, à côté de la loi, une force supérieure. Cette force est dans la main d'un roi, c'est son pouvoir absolu et excessif qui peut seul mettre un frein à l'ambition et corruption excessive des grands.
L'exemple de la Toscane en est la preuve. Dans un espace de terrain très resserré, trois républiques ont subsisté durant de longues années : Florence, Sienne et Lucques. Les autres cités de cette province n'ont point été tellement serves, que par leur courage et leurs anciennes institutions elles n'aient su garder leur liberté, ou du moins le désir de la liberté. Ce qui vient de ce qu'il n'existe en ce pays aucun seigneur de château et qu'on n'y voit aucun ou très
terra di Roma, la Romagna e la Lombardia. Di qui nasce che in quelle provincie non è mai stata alcuna repubblica, ne alcuno vivere politico ; perché tali generazioni di uomini sono al tutto nemici d' ogni civiltcà. Ed a volere in provincie fatte insimilmodo introdurre una repubblica, non sarebbe possibile ma a volerle riordinare, se alcuno ne fusse arbitro, non arebbe altra via che farvi un regno. La ragione è questa, che dove è tanto la materia corrotta che le leggi non bnstino a frenarla, vi bisogna ordinare insieme con quelle maggior forza : la quale è una mano regia, che con la potenza assoluta ed eccessiva Iionga freno alla eccessiva ambizione e corruttela de' potenti. Verificari questa ragione con lo ess'empio di Toscana : dove si vede in poco si)azio di terrcno state longamente tre repubbliche Firenze. Siena e Lucca ; e le altre città di quella provincia essere in modo serve, che, con 1' animo e con 1' ordine, si vede o che le mantengono, o che le vorrebbono mantenere la loro libortà. Tutto è nato per non essere in quella provincia alcun signore de castella, e nessuno o pochissirai gentiluomini ; ma
peu de gentilshommes, mais qu'il y règne une telle égalité qu'un homme sage et instruit des constitutions des anciennes républiques y introduirait facilement une existence politique. Mais l'infortune de cette contrée a été si grande que jusqu'en ces temps il ne lui est échu en partage aucun homme qui ait pu ou su tenter une telle entreprise.
On peut donc conclure de ce que je viens de dire que celui qui veut établir une république en un pays où il existe un grand nombre de gentilshommes, ne pourra le faire s'il ne les anéantit du premier au dernier ; et que celui qui prétend établir un royaume ou une principauté là où règne l'égalité, ne pourra réussir qu'en élevant au-dessus de cette égalité un grand nombre d'hommes d'un esprit ambitieux et remuant, et en les faisant gentilshommes de fait et non pas de nom seulement ; en leur donnant châteaux et domaines, en leur faisant présent de richesses et de sujets : de sorte que, placé au milieu d'eux, il appuie sur eux son pouvoir, comme ils appuient sur lui leur ambition ; et que les autres soient contraints à supporter un joug que la force, et nul autre sentiment, peut leur faire supporter. La force de l'oppresseur se trouvant en proportion avec celle de l'opprimé, chacun reste à la place où le sort l'a mis.
esservi tnnta qualit;\, che facilmente da uno uomo prudente» e che délie antiche civiltà avesse cognizione, vi si introdurrebhe un viver civile. Ma lo infortunio suo è stato tanto grande, che infino a questi tempi non ha sortito alcuno uomo che lo abLia potuto o saputo fare. Trassi adunque di questo discorso questa conclusione : che colui che vuole fare dove sono assai ?cntiluomini una repubblica, non la puô fare se prima non gli spegne tutti : e che colui che dove è assai equnlità vuole fare uno regno o uno principato, non lo potrà mai fare se non trae di quella equalitù molti di aninio ambizioso ed inquieto, e quclli fa gentiluomini in fatto, e non in nome, donando loro cnstella e possessioni, e dando loro favore di suslnnze e d' uomini ; acciocchè, posto in mezzo di loro, mediante quelli mantenga la sua potenza ; ed cssi, mediante quello. la loro ambizione ; c gli altri siano constrotti a sop|)ortare quel giogo che la forza, e non a tro m;ii. puô far sopportare loro Ed cssendo per questa via proporzione da chi sforza a chi è sforzato, slanno fermi gli uomini ciascuno nello ordine