‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 123 sur 175 · XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL · texte numérisé non relu

XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL

Mais comme établir une république en un pays fait pour être un royaume, ou un royaume en un pays fait pour être une république, est l'entreprise d'un homme d'un génie et d'une force rares, il y en a beaucoup qui l'ont voulu tenter, peu qui l'ont su réussir. La grandeur de l'entreprise épouvante la plupart des hommes, ou leur suscite de tels obstacles qu'ils échouent dès les commencements.

Discours, I, 55.

Exhortation à délivrer V Italie des barbares ^

Quand je considère tout ce que j'ai exposé ci-dessus et que je me demande, à part moi, si en Italie les circonstances actuelles favoriseraient la carrière d'un prince nouveau, et si un homme prudent et courageux trouverait l'occasion d'établir une nouvelle forme de gouvernement, pour sa plus grande gloire et pour la plus grande utilité du pays tout entier, il me semble que jamais époque ne fut plus propice à ce dessein.

S'il fallait que le peuple d'Israël fût esclave en Egypte pour apercevoir la puissance de Moïse, que

loro. E perché il fare d' una provincia atta ad essere regno una reppuhlica, e d' una alla ad essere repubblica farne un regno, è materia da uno uonio che per cervello e per autorità sia raro ; sono stati molti che lo hanno voluto fare, e pochi clie lo abbino saputo condurre. Perché la grandezza délia cosa parte sbigottisce gli uomini, parte in modo gli 'mpedisce, che ne' primi principii mancano. Discorsi I, 55.

Esortazione a liberare Vltalia da' barbari.

Considerato adunque tutte le cose di sopra discorse, e pensando meco mcdesimo, se al présente in Italia correvano tempi da onorare un principe nuovo. e se ci era materia che dèssi occasione a uno prudente e virtuoso a introdurvi nuova forma che facesse onore a lui e bene alla università degli uomini di quella, mi pare concorrino tante cose in beneficio d' uno principe nuovo, che non so quai mai tempo fussi più atto a questo. E se, come io dissi. era necessario, volendo vedcre la virtù di Moisé, che il popolo d' Israël fusse schiavo

* Cette exhotation s'adresse à Laurent de Médicis, fils de Pierre, 1492-1519, à qui le Prince est dédié.

les Perses fussent opprimés par les Mèdes pour connaître la grandeur d'âme et le courage de Cyrus ; si enfin, pour apprécier la supériorité de Thésée, il fallait que les Athéniens fussent désunis ; de même, en notre temps, pour qu'un génie italien pût se faire jour, il était nécessaire que l'Italie en arrivât au terme où elle est parvenue, qu'elle fût plus esclave que les Hébreux, plus serve que les Perses, plus désunie que les Athéniens ; sans chef, sans loi, battue, dépouillée, déchirée, piétinée et accablée de toutes sortes de désastres.

Jusqu'à nos jours, il s'est bien révélé de temps en temps de telles lueurs chez quelques hommes qu'on a pu les croire envoyés de Dieu pour la délivrer, mais, au plus beau moment de leur carrière, la fortune les a arrêtés, si bien que l'Italie, presque mourante, attend toujours celui qui guérira ses blessures, fera cesser les pillages et les saccagements dans la Lombardie, les dévastations et les vexations dans le royaume de Naples et la Toscane, et rassainira ses plaies, si invétérées qu'elles sont devenues fistuleuses. On la voit priant Dieu de lui envoyer quelqu'un qui la délivre de la cruauté insolente des bar-

in Egitto ; ed a conoscere la grandezza e lo animo di Ciro, che i Persi fussero oppressi da' Medi ; e ad illustrare la eccellenzia di Teseo, che gli Ateniesi fussero dispersi ; cosl al présente, volendo conoscere la virtù d' uno spirito italiano, era necessario che 1' Italia si conducesse ne' tertnini presenti, e che la fusse più schiava che gli Ebrei, più serva che 1 Persi, più dispersa che gli Ateniesi ; senza capo, sen// ordine ; battuta, spogliata. lacera, corsa ; ed avesse sopportato d' ogni sorta rovine. E benchè insino a qui si sia mostro qualche spiraculo in qualcuno, da poter giudicare che fusse ordinato da Dio per sua redenzione, nientedimanco si è visto corne dipoi, nel più alto corso délie azioni sue, è stato dalla fortuna re,irobato : in modo che, rimasa corne senza vita. aspetta quai possa esser qui llo che sani le suc ferite, c ponaa fine aile direpzioni e a' sacchi di Lombardia, aile espilazioni e taglie del Reame e di Toscana, e la guarisca da quelle sue piaghe giù pe ril lungo tempo infistolite. Vedesi corne la prega Dio che le mandi qualcuno che la redima da queste crudcltà ed insolenzie

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