XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL
bares. On la voit encore toute disposée, toute prête à suivre la première bannière qui se lèvera.
Mais en qui peut-elle espérer si ce n'est en votre illustre maison ^ qui, par sa valeur et par sa fortune, par la faveur de Dieu et de l'Eglise, dont elle occupe actuellement le trône, est seule capable d'entreprendre cette délivrance. Cette œuvre ne sera point difficile si vous avez sous les yeux la vie et les actions des héros que je viens de vous nommer. C'étaient assurément des hommes rares et merveilleux, mais après tout c'étaient des hommes, et l'occasion leur était moins favorable qu'à vous, leur entreprise n'était ni plus juste que celle-ci ni plus facile, et Dieu n'était pas plus pour eux que pour vous. Ce sera justice, car la guerre est toujours juste lorsqu'elle est nécessaire, et il y a de l'humanité à prendre les armes lorsque c'est l'unique ressource des opprimés. Voilà le vœu de tous, et, au milieu de cette disposition unanime, la difficulté ne peut être grande ; il suffit que vous preniez exemple sur ceux que je vous ai proposés pour modèles.
Bien plus, Dieu manifeste ici sa volonté par des signes éclatants : la mer s'est entr'ouverte, une nuée
barbare. Vedesi ancora tutta prona e disposta a seguire una bandiera, purchè ci sia alcuno che la pigli. Ne si vede al présente che eJla possa sperare, altra che la illustre Casa vostra potersi fare capo di questa redenzione, sendo questa dalla sua virtù e fortuna tanto siita esaltata, e da Dio e dalla Chiesa, délia quale tiene ora il principato, favorita. E questo non vi sarà molto difficile, se vi recherete innanzi le azioni e vite de' soprannominati. E benchè quelli uomini siano rari e maravigliosi, nondimeno furono uomini, ed ebbe ciascuno di loro minore occasione che la présente ; perché 1' impresa loro non fu più giusta di questa, ne più facile ; ne fu Dio più a loro amlco che a voi. Qui è giustizia grande • perché quella guerra è giusta che pli è necessaria : e quelle armi son pietose, dove non si s|era in altro che in elle. Qui è disposizione arandissima ; né puô essere, dove è grande disposizione, grande difficultà, pur che quella pigli delli oraini di coloro che io vi ho proposto per mira. Oltre a questo, qui si veggono estraordi-
^ La famille de Médicis.
a montré le chemin, l'eau a jailli du rocher, il a plu de la manne ; tout a favorisé votre grandeur . le reste doit être votre ouvrage. Dieu ne veut pas tout faire pour ne pas nous ôter, avec le libre arbitre, la portion de gloire qui nous revient.
Il ne faut pas s'étonner si aucun des Italiens dont j'ai parlé n'a pu accomplir ce qu'on attend de votre illustre maison et si, au cours de tant de guerres, la valeur militaire de l'Italie a semblé éteinte. C'est venu de ce que les anciennes institutions étaient mauvaises et que personne n'a su en trouver de nouvelles.
Rien n'honore plus un homme qui commence à s'élever que l'établissement de lois et d'institutions nouvelles ; si celles-ci posent sur des fondements solides et si elles ont un caractère de grandeur, elles le rendent digne d'admiration et de respect ; or, en Italie il y a bien sujet d'introduire de nouvelles formes. On trouverait beaucoup de courage dans chaque individu si les chefs n'en manquaient pas. Voyez dans les duels et les rencontres particulières combien les Italiens sont supérieurs en force, en adresse, en intelligence; mais, qu'on en vienne aux batailles, tout s'évanouit. Il faut en accuser la fai-
nari senza esempio condotti da Dio : il mare s' è aperto, una nube vi ha scorto il cammino, la pietra ha versato l'acque, qui è piovuto la manna, ogni cosa è concorsa nella vostra grandezza , il rimanente dovete far voi. Dio non vuole far ogni cosa, per non ci tôrre il libero arbitrio, e parte di quella gloria che tocca a noi. E non è maraviglia se alcuno de' prenominati Italiani non ha possuto fare quello che si puô sperare facci la illustre Casa vostra e se in tante revoluzioni d' Italia, ed in tanti maneggi di guerra, e' pare sempre che in quella la virtù militare sia spenta : perché questo nasce che gli ordini antichi di quella non erano buoni, e non ci è suto alcuno che n' abbi saputo trovare de' nuovi. Nessuna cosa fa tanto onore a un uomo che di nuovo surga, quanto fanno le nuove leggi e nuo\i ordini trovati da lui. Queste cose, quando son ben fondate ed abbino in loro grandezza, lo fanno reverendo e mirabile ; ed in ItaUa non manca materia da introdurvi ogni forma. Qui è virtù grande nelle membra, quando ella non mancasse nei capi. Specchiatevi nelli duelli e nei congressi de' pochi ,quanto gl' Ttalinai siano superiori con le forze, con la destrezza, con 1' ingegno. Mn corne si vionc aç!}\ eserdtl.