XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL
blesse des officiers ; ceux qui savent n'obéissent pas, chacun croit savoir et personne jusqu'ici ne s'est imposé aux autres soit par sa valeur militaire soit par sa fortune au point de se faire obéir. Il est résulté de là que, si longtemps au cours de tant de guerres qui ont eu lieu ces vingt dernières années, toute armée composée uniquement d'Italiens n'a éprouvé que revers ; preuve en soit d'abord le Taro, puis Alexandrie, Capoue, Gênes, Vailà, Bologne, Mestri.
Si votre illustre maison veut imiter les grands hommes qui délivrèrent leur pays, elle doit avant toute chose et comme base de toute son entreprise se pourvoir d'une armée nationale ; on ne peut trouver de meilleurs, de plus vrais ni de plus fidèles soldats ; et bien que chacun, en particulier, soit bon, tous deviendront encore meilleurs lorsqu'ils verront leur prince les commander lui-même, les honorer et les rémunérer.
Il est donc nécessaire d'avoir des troupes levées dans le pays même pour que la valeur italienne puisse repousser les étrangers. L'infanterie suisse et l'infanterie espagnole passent pour terribles mais l'une et l'autre ont un défaut grâce auquel une troi-
non compariscono : e tiilto procède dalla debolezza de' capi, perché quelli che sanno, non sono ubbidienti, ed a ciascuno par sapere, non ci essendo infino a qui suto alcuno ciie si sia rilevato tanto, e per virtCi e per fortuna, ciie gli altri cedino. Di qui nasce ciie in tanto tempo, in tante guerre fatte nei passali venti anni, quando gli è stato un esercito lutto italiano, sempre ha fatto maia prova ; di che è testimone prima il Tare, dipoi Alessandria, Capua, Genova, Vail^, Bologna, Mestri. Volendo dunque la illustre Casa vostra seguitare quelli eccellenti uominl che redimerono le provincie loro, è necessario innanzi a tutte le altre cose, corne vero fondamento d' ogni impresa, provvedersi d' armi proprie, perché non si puù avère né più fldi né più veri né migliori soldati. E benchè ciascuno di essi sia buono, tutti insieme diventeranno migliori, quando si vedranno comandare da loro principe, e da quello onorare c intrattenere. E necessario, pertanto, prepararsl a queste armi, per potersi con virtù italiana difendere dagli esterni. E benché la fanteria svizzera e spagnuola sia stimata terribile nondimanco in ambedue è difetto, per li quale un ordine terso
sième armée pourrait non seulement leur résister, mais encore avoir confiance de les vaincre. En effet, les Espagnols ne soutiennent pas le choc des escadrons, et les Suisses peuvent avoir peur de fantassins aussi acharnés qu'eux au combat.
Aussi a-t-on vu et verra-t-on encore l'infanterie espagnole défaite par la cavalerie française, et l'infanterie suisse détruite par l'infanterie espagnole. Du fait que j'avance on a vu, sinon une expérience complète, du moins un essai dans la bataille de Ravenne, où l'infanterie espagnole s'est rencontrée avec les bataillons allemands qui observent la même formation que les Suisses.
Avec leur agilité coutumière, à l'abri de leurs boucliers, les Espagnols réussirent à pénétrer par dessous les piques et, sans risque, frappaient les Allemands, qui ne pouvaient se défendre et ils les auraient détruits jusqu'au dernier si la cavalerie ne les avait chargés à leur tour.
Maintenant qu'on a vu le défaut de l'une et de l'autre de ces deux infanteries, on peut en organiser une nouvelle qui résiste à la cavalerie et ne redoute pas d'autres fantassins. Ce n'est pas en créant un nouveau genre de troupes qu'on y arrivera, mais en
potrebbe non solamente opporsi loro, ma confidare di superargli. Perché gli Spagnuoli non possono sostenere i cavalli, e gli Svizzeri hanno ad aver paura de' fanti, quando gli riscontrino nel combattere ostinati corne loro. Donde si è veduto, e \edrassi per esperienza, gli Spagnuoli non poter sostenere una cavalleria francese, e gli Svizzeri essere rovinati da una fanteria spagnuola. E benrhè di quest' ultimo non se ne sia vista intera esperienza, nientedimeno se ne è ^eduto un saggio nella giornata di Ravenna, quando le fantarie spagnuole si affrontarono con le battaglie tedesche, le quali servano il medesimo ordine che i Svizzeri : dove gli Spagnuoli, con r agilità del corpo e aiuti de' loro brocchieri, erano entrati tra le picclie loro sotto, e stavano securi a offendergli, senza che li Tedeschi vi avessino remedio ; c se non fussi la cavalleria che gli urto, gli arebbono consumati tutti. Puossi adunque, conosciuto il difetto dell' una e dell' altra di queste fanterle. ordinarne una di nuovo, la quale résista a' cavalh, e non abbi paura de' fanti : 11 che lo farà non la generazione délie armi, ma la variazione degli ordini. E queste sono di quelle