‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 126 sur 175 · XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL · texte numérisé non relu

XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL

renouvelant l'organisation. Et c'est par de telles œuvres qu'un prince nouveau acquiert de la réputation et accroît sa grandeur. Il ne faut donc point laisser passer l'occasion présente pour que l'Italie, après une si longue attente, voie enfin paraître son libérateur. Et je ne puis exprimer avec quel amour il serait reçu dans toutes les provinces qui ont souffert de ces inondations d'étrangers, avec quelle soif de vengeance, avec quelle fidélité obstinée, avec quelle vénération, avec quelles larmes I Quelles portes lui resteraient fermées ? Quels peuples lui refuseraient obéissance ? Quelle jalousie s'opposerait à ses succès ? Quel Italien lui refuserait son hommage ? Chacun trouve puante cette domination des barbares.

Que votre illustre maison prenne donc sur elle cette tâche avec le courage et l'espérance que donnent les entreprises justes, afin que sous sa bannière notre patrie retrouve son antique noblesse et que, sous ses auspices, se vérifient ces vers de Pétraque :

Vertu contre fureur Prendra les armes et le combat sera court,

Car Vantique valeur Dans le . cœurs italiens nest pas encore éteinte.

Le Prince, XXVII.

cose che di nuovo ordinate, danno riputazione e grandezza a uno principe nuovo. Non si deve, adunque, lasciar passare questa occasione, acciocchè 1' Italia vegga dopo tanto tempo apparire un suo redentore. Ne posso esprimere con quale amore ei fussi ricevuto in tutte quelle provincie che hanno patito per queste illuvioni esterne ; con quai sete di vendetta, con che ostinata fede, con che pietà, con che lacrime. QuaU porte se gli serrebbono ? quali popoli gli negherebbono la obbedienza ? quale in\idia se gli o] porrebbe ? quale ItaUano gli negherebbe r ossequio ? A oonuno puzza qu^^^sto barba ro dominio. Figli adunque la illustre Casa vostra questo assunto con quello animo e con quelle speranze che si pigliano 1' imprese giuste, acciochè sotto la sua insegna e questa patria ne sia nobilitata, e sotto i suoi ausnicii si verifichi quel detto del Petrarca :

« Virtù contra furore

' Prenderà 1' arme ; e fia '1 combat ter corto :

* Chè 1' antico valore

» Negl' itajici cor non è ancor morto. »

Principe XXV II.

Machiavel contre Dante.

Dante s'est montré en toute chose un homme supérieur, par son génie, savoir et jugement, excepté lorsqu'il vient à parler de sa patrie, qu'il a poursuivie en toute occasion, avec toutes sortes d'injures, d'une manière indigne d'un philosophe et même d'un homme. Il ne peut s'empêcher de la couvrir d'infamie, il l'accuse de tous les vices, il en condamne les habitants, il en blâme le site, il médit de ses lois et coutumes ; et ce n'est pas dans un seul endroit de son poème^ qu'il fait ainsi, mais partout, de diverses manières, avec des expressions toujours nouvelles. Tant il avait été blessé par l'arrêt de son exil, tant il brûlait du désir d'en tirer vengeance 1 Aussi s'en est-il vengé autant qu'il a pu et si le sort avait voulu qu'un seul des maux qu'il appelait sur sa patrie fût tombé sur elle, Florence aurait plus à se plaindre d'avoir nourri un tel homme que de tous ses autres malheurs. Mais la fortune, pour le faire mentir, et pour couvrir sous la gloire les calomnies du poète, a fait prospérer Florence de jour en jour davantage, l'a rendue célèbre dans tous les pays du monde, et l'a présentement conduite à une félicité si grande, si tranquille,

Dante, il quale in ogni parte mostrô d' essere per ingegno, per dottrina, e per giudizio uomo eccellente, eccettochè dove egli ebbe a ragionar délia patria sua, la quale fuori di ogni umanità e filosofico istituto perseguitô con ogni specie d' ingiuria, e non potendo altro fare che infamarla, accusa quella di ogni vizio, dannô gli uoinini, biasimô il sito, disse maie de' costumi, e délie leggi di lei, e questo fece non solo in una parte délia sua Cantica, ma in lutta, e diversamente, e in divers! modi ; tanto 1' offese 1' ingiuria dell' esilio, tanta vendetta ne desiderava, e perô ne fece tanta quanta eali p«^tè ; e se per sorte de' mali ch' egli le rTedisse, le ne fosse accaduto alcuno, Firenze arebbe più da dolersi d' aver nuttrito queir uomo, che d' alcuna altra sua rovlna. Ma la fortuna per farlo mendace, e per ricoprire colla gloria sua la calunnia falsa di quello, 1' ha continuamente prosperata, e fatta célèbre per tutte le provincie del mondo, e condotta al présente in tanta

» Voir Enfer, cliants 6, 13 et 15.

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