‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 127 sur 175 · XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL · texte numérisé non relu

XVII. LE PATRIOTISME DE MACHIAVEL

que si Dante pouvait la voir, ou bien il se condamnerait lui-même, ou bien, percé de nouveau des traits de Tenvie, qui lui était innée, il voudrait mourir une seconde fois. Ce n'est donc point merveille si, celui qui a couvert d'opprobre sa patrie chaque fois qu'il l'a pu, a tenté encore de ravir à sa langue maternelle cette réputation qu'il croyait lui avoir donnée par ses écrits, et si, pour s'exempter de lui rendre aucunement honneur, il a composé son traité De Vulgari Eloquio, où il cherche à montrer que le dialecte dont il s'est servi n'est pas le florentin. En quoi il est aussi digne de foi que lorsqu'il dit avoir trouvé Brutus^ dans la bouche du grand Lucifer, cinq citoyens de Florence au nombre des larrons^ et son Cacciaguida^ en Paradis. Il en est de même d'une foule d'autres opinions que la passion lui a inspirées, et où il fut si aveuglé qu'il en perdit entièrement le sens, savoir et gravité, au point de paraître un autre homme. Si bien que s'il eût jugé toutes choses de telle sorte, ou il ne serait point sorti de Florence, ou il en eût été chassé comme fou.

Discours sur la langue.

félicita, e si tranquillo stato, clie se Dante la vedesse, o egli accuserebbe se stesso, o ripercosso da' colpi di queila sua innata invidia, vorrebbe, essendo risuscitato, di nuovo morire. Non è pertanto maraviglia, se costui che in ogni cosa accrebbe infamia alla sua patria. voile ancora nella lingua tôrle queila riputazione, la quale j^areva a lui d' averle data ne' suoi scritti, e per non 1' onorare in alcun modo, compose queil' opéra per mostrar queila lingua, nella quale egli aveva scritto, non esser Fiorentina ; il che tanto se gli debbe credere, quanto ch' ei trovasse Hruto in bocca di Lucifero maggiore, e cinque cittadini Fiorenfini intra i ladroni, e quel suo Cacciaguida in Paradiso, e simili sue passioni, ed opinioni, nelle quaii fu tanto cieco, che perse ogni sua gravita, dottrina, e giudicio, e oivenne al tutto un altro uomo ; talmentechè se egli avesse giudicato cosl ogni cosa, o egli sarebbe vivuto sempre a Firenze, 0 egli ne sarebbe stato cacciato per pazzo.

Dialogo sopra la lingua.

^ Voir Enfer, chant 34.

* Enfer, chants 24 et 25.

' Paradis, chant 16.

Profession de foi de Machiavel.

Je crois que les plus grands honneurs que puissent recevoir les hommes sont ceux que leur décerne librement la patrie ; je crois que le plus grand bien qu'on puisse faire, et le plus agréable à Dieu, est celui qu'on fait à sa patrie.

Parmi les hommes célèbres pour leurs actions, il n'en est point qu'on exalte davantage que ceux qui, par leurs lois ou leurs institutions, ont réformé les républiques et les royaumes. Voilà, après ceux qui furent des dieux, les premiers qu'on loue. Et, parce que peu d'hommes ont eu l'occasion de faire ces réformes, et que très peu ont su les faire, cette gloire n'a été donnée qu'à bien peu. Mais cette gloire a été tellement estimée par les hommes qui ne vivaient que pour elle, que ceux qui n'ont pu fonder une république en réalité, l'ont fondée par écrit ; comme Aristote, Platon et beaucoup d'autres, lesquels ont voulu montrer au monde que s'ils n'ont pu créer un gouvernement civil comme Solon et Lycurgue, la faute n'en est point à leur ignorance, mais à l'impossibilité où ils étaient de le réaliser.

Discours sur la réforme du gouvernement de Florence.

lo credo che il maggiore onore che possono avère gli uomini, sia quello che voluntariamente è loro dato dalla loro patria : credo che il maggiore bene cht si faccia, e il più grato a Dio, sia quello che si fa alla sua patria. Oltra di questo, non è esaltato alcuno uomo tanto in alcuna sua a/.ione, quanto sono quegli che hanno con leggi e con istituti riformato le repubbUche e i regni : questi sono, dopo quelli che sono stati iddii, i primi laiidati. E perché e' sono stati pochi che abbino avuto occasione di farlo, e pochissimi quelli che lo abbino sa|.uto fare, sono piccolo numéro quelli che lo ablino fatto : ed è stata stimata tanto questa gloria dagli uomini che non hanno atteso ad altro che a gloria, che non avendo possuto fare una repubblica in atto, 1' hanno fatta in scritto ; corne Anstotile, Platone e molti altri ; i quali hanno voluto mostrare al mondo, che se, corne Solone e I.icurgo, non hanno potiito fonaare un vivere civile, non è mancato dalla ignoranza loro, ma dalla impotenza di metterlo in atto.

Sopra il modo di rijormoj- lo staio di Firenze.

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