MACHIAVEL SATIRIQUE
Premier chant de VAne d'or.
Je chanterai pourvu que Fortune le veuille, les diverses aventures, peines et douleurs que j'ai subies sous la forme d'un âne.
Je ne demande point que l'Hélicon répande pour moi une autre onde que la sienne, ni que Phébus dépose son arc et son carquois pour accompagner mes vers avec sa lyre ;
Soit parce que telle faveur ne s'obtient plus de nos jours, soit parce que le braire d'un âne, j'en suis certain, se passe d'accompagnement.
Je ne cherche ni prix ni récompense, ni mérite, et me soucie fort peu d'être mordu par un détracteur caché ou découvert ;
I varj casi, la pena, e la doglia,
Che sotto forma d'un Asin soffeisi, Canterô io, purchè Fortuna voglla.
Non cerco, che Elicona altr' acqua versi, E Febo pos il' arco, e la faretra, E con la lira accompagni i miel versi ;
Si perché questa grazia non s' impetra
In questi tempi, si percli'io son certo. '
Che al suon d' un raglio non bisogna certa.
Ne cerco aveme prezzo, premio, o merto ; Ed ancor non mi euro, che mi morda Un detraltore, 0 palese, o copcrto.