LE PASSÉ ET LE PRÉSENT
Les hommes, le plus souvent sans raison, louent le temps passé et blâment le présent. Et ils sont à tel point partisans des choses passées qu'ils vantent non seulement ces âges dont ils ont eu connaissance par la mémoire que les historiens en ont conservée, mais même ceux que, dans leur vieillesse, ils se souviennent d'avoir vus étant jeunes. Quand ils auraient tort, comme c'est en général le cas, je me persuade que plusieurs raisons les conduisent à cette erreur.
La première, à mon avis, c'est qu'on ne connaît pas toute la vérité sur les choses de l'antiquité, mais que le plus souvent on prend soin de cacher celles qui jetteraient le déshonneur sur ces siècles, alors qu'on exalte et magnifie tout ce qui peut accroître leur gloire. La plupart des historiens obéissent tellement à la fortune des vainqueurs que, pour rendre leurs victoires encore plus glorieuses, non
Laudano sempre pli uomini, ma non sempre rasionevolmente, gli antichi tempi, e gli presenti accusano : ed in modo sono délie cose passate partigiani, che non solamente celebrano quelle etadi che da loro sono state, per la memoria che ne hanno lasciata gli scrittori, conosciute ; ma quelle ancora che, sendo gia vecchi, si ricordano nella loro giovanezza avère vedute. E quando questa loro oppinione sia falsa, come il più délie volte è, mi persuade varie essere le cagioni che a questo inganno gli conducono. E la prima credo sia, che délie cose antiche non s' intenda al tutto la verità : e che di quelle il più délie volte si nasconda quelle cose che recherebbono a quelli tempi infamia ; e quelle altre che possono partorire loro gloria, si rendino magnifiche ed ami)lissimc. Perô che i più degli scrittori in modo alla fortuna de' vincitori ubbidiscono, che per fare le loro vittorie gloriose, non solamente