‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 14 sur 175 · IV. LE PASSÉ ET LE PRÉSENT · texte numérisé non relu

IV. LE PASSÉ ET LE PRÉSENT

seulement ils agrandissent ce qu'ils ont fait de valeureux, mais ils célèbrent encore les actions ennemies, en sorte que tous ceux qui naissent ensuite dans la nation victorieuse ou vaincue ont sujet d'admirer ces hommes et ces temps, et sont forcés de les aimer et célébrer.

Il y a plus. Les hommes haïssent les choses ou par crainte ou par envie ; or ces deux puissants motifs de haine n'existent plus à l'égard des choses passées, celles-ci ne pouvant plus vous nuire ni vous donner sujet de les envier. Il n'en va pas ainsi des choses qu'on manie et qu'on voit; lesquelles, par l'entière connaissance qu'on en a, ne vous restent cachées en aucune de leurs parties ; mais, apercevant en elles ensemble avec le bien qu'elle contiennent une foule d'autres choses qui vous déplaisent, vous êtes forcé de les juger inférieures à celles du passé, quoique fort souvent en vérité le présent mérite bien davantage gloire et renommée.

Je ne parle point ici des choses qui ont trait aux arts ; lesquelles œuvres ont en elles tant de clarté que le temps ne saurait leur ôter ou donner plus de gloire qu'elles n'en méritent ; mais je parle des

accrescono quello che da loro è virtuosamente operato, ma ancora le azioni de' nimici in modo illustrano, che qualunque nasce dipoi in qualunque délie due provincie, o nella vittoiiosa G nella vinta, ha cagione di maravigliarsi di quelli uomini e di quelli tempi, ed è forzato sommamente laudargli ed amargli. Oltra di questo, odiando gli uomini le cose o per timoré o per invidia, vengono ad essere spente due potentissime cagioni deir odio nelle cose passate, non ti potendo quelle offendere, e non ti dando cagione d' invidia rK. Ma al contrario interviene di quelle cose che si maneggiano e veggono ; le quali, per la intera cognizione di esse, non ti essendo in alcuna parte nascoste, e conoscendo in quelle insieme con il bene moite altre cose che ti dispiacciono, sei forzato giudicarle aile antiche molto inferiori, ancora che in verità le presenti molto più di quelle di gloria e di fama meritassero : ragionando non délie cose pertinenti aile arti, le quali hanno tanta chiarezza in se, che i tempi possono tôrre o dar loro poco più gloria che per loro medesime si meritino ; ma par-

mœurs et coutumes des hommes, dont on ne voit point de témoignages aussi évidents.

Je répéterai donc que cette liabitude de louer et de blâmer dont j'ai déjà parlé, existe en effet ; mais il faut ajouter, pour dire le vrai, qu'elle ne nous abuse pas toujours. Car il est nécessaire que notre jugement se rencontre quelquefois avec la vérité, parce que les choses humaines, toujours en mouvement, tantôt s'élèvent et tantôt s'abaissent.

Ainsi voit-on une cité ou province organisée pour la vie civile par un législateur excellent, et pendant quelque temps, par la force de cet organisateur, aller de progrès en progrès vers le mieux. Celui qui naît alors dans un tel état, et qui loue le passé aux dépens du présent, il se trompe ; et son erreur est causée par ce que j'ai dit précédemment. Mais ceux qui naissent ensuite dans cette cité ou province, lorsque le temps est venu où elle descend vers la décadence, alors ceux-là ne se trompent aucunement.

Et lorsque je réfléchis sur la marche de ces choses, je me dis que le monde a toujours été du même train et qu'il y a toujours eu en lui une égale portion de bien et de mal, mais que ce bien et ce mal passent

lando di quelle pertinenti alla vita e costumi degli uomini, délie quali non se ne veggono si chiari testimoni. Replico, pertanto, essere vera quella consuetudine del laudare e biasimare soprascritta ; ma non essere già sempre vero che si erri nel farlo. Perché qualche volta è necessario che giudichino la verità ; perché essendo le cose umane sempre in moto, o le salgono, o le scendono. E vedesi una città o una provincia essere ordinata al vivere politico da qualche uomo eccellente ; ed, un tempo, per la virtù di quello ordinatore, andare sempre in augumento verso il meglio. Chi nasce allora in taie stato, ed ei laudi più li antichi tempi che i moderni, s'inganna ; ed è causato il suo inganno da quelle cose che di sopra si sono dette. Ma coloro che nascono dipoi, in quella città o provincia, che gli ô venuto il tempo che la scende verso la parte piCi rea, allora non s' Ingannano. E pensnndo io come queste cose procedino. giudico il monde sempre essere stato ad un medcsimo modo, ed in quello esser stato tanto di buono quanto di tristo : ma variare

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