XIX. MACHIAVEL HISTORIEN
promptement. Dans ses propos et réparties, il était grave et pénétrant. Messer Rinaldo degli Albizzi lui ayant envoyé dire dans le commencement de son exil aque la poule couvait )\ Cosme lui fit répondre qu' « elle pourrait mal couver étant hors de son nid ». Et à d'autres rebelles qui lui faisaient entendre qu'ils ne dormaient pas : Je crois bien, dit-il, je vous ai enlevé le sommeil. Lorsque le pape Pie II excitait les princes chrétiens à marcher contre les Turcs, il dit de lui : Cest un vieillard qui lait une entreprise de jeune homme. Quand les ambassadeurs de Venise vinrent à Florence en même temps que ceux d'Alphonse, pour se plaindre de la république, il leur montra sa tête découverte et leur demanda de quelle couleur étaient ses cheveux ; ils lui répondirent qu'ils étaient blancs. Alors il repartit : Avant qu'il soit peu, vos sénateurs les auront aussi blancs que moi. Sa femme, peu de temps avant qu'il mourût, lui ayant demandé pourquoi il tenait les yeux fermés: Ùesty dit-il, pour les y accoutumer. A son retour d'exil, plusieurs citoyens disaient que la ville se corrompait, et qu'on agissait contre Dieu en chassant de Florence tant d'hommes de bien ; il leur répondit que « ville corrompue valait mieux que ville perdue ; que deux
e nei suol detti e risposte era arguto e grave. Mandôgli messer Rinaldo degli Albizzi nel principio del suo esilio a dire : Che la gallina covava : a cui Cosimo rispose : Ch' ella poteva mal covare sendo fuora del nidio. E ad altri ribelli che gli fecero intendere che non dormivano, disse : Che lo credeva, avendo cavato loro il sonno. Disse di papa Pio, quando eccitava i principi per 1' impresa contra il Turco : Ch' egli era vecchio, e faceua una impresa da giovane. Agli oratori vineziani, i quali vennero a Firenze insieme con quelli del re Alfonso a dolersi délia RepubMica, mostrô il capo scoperto ; e domandôgli di quai colore fusse : al quale risposero, bianco ; ed egli allora soggiunse : E' non passera gran tempo, che i voslri Senatori r auranno bianco come io. Domandandogli la moglie poche ore avanti la morte, perché tenesse gli occhi chiusi, rispose : Per avvezzargli. Dicendogli alcuni cittadini dopo la sua tornata dair esilio, che si guastava la città, e facevasi contra Dio a cacciare da quella tanti uomini dabbene, rispose : Com* egli
1 ïi
aunes de drap rouge suffisaient pour faire un homme de bien, et que Von ne soutenait pas un état avec un chapelet en main ». Ces paroles servirent à ses ennemis de prétexte pour le calomnier, en l'accusant de se préférer à sa patrie, et d'aimer mieux ce monde que l'autre. Je pourrais citer encore beaucoup d'autres mots de lui, mais cela me semble inutile.
Cosme fut l'ami et le protecteur des lettrés. Il fit venir à Florence le Grec Argiropoulos, l'un des hommes les plus érudits de son temps, afin que la jeunesse florentine apprît de lui la langue grecque et les autres connaissances qu'il avait encore. Il nourrit dans sa maison le second père de la philosophie platonicienne, Marsile Ficin, qu'il aima d'une grande affection ; et pour qu'il eût le loisir de se livrer plus commodément à l'étude des lettres, afin de pouvoir mieux le féquenter, il lui donna à Careggi une propriété voisine des siennes.
Ainsi donc, sa prudence, ses richesses, sa manière de vivre et son bonheur le firent aimer et craindre à Florence, et merveilleusement estimer, non seulement des princes de l'Italie, mais de l'Europe entière.
C'est sur de telles bases, laissées par lui, que ses descendants purent l'égaler en valeur et le surpasser
era meglio cilla guasta che perduta : e corne due canne di panno rosata facevano un uomo da bene ; e che gli stati non si lenevano con i poiernostri in mano : le quali voci dettero materia ai nimici di calunniarlo, corne uomo che amasse più se medesimo che la patria, e più questo mondo che quell' altro. Potrebbonsi riferire molti altri suoi detti, i quali corne non necessari s' omettono. Fu ancora Cosimo degli uomini litterati amatore ed esaltatore ; e perciô condusse in Fircnze lo Argiropolo, uomo di nazione greca, ed in quelli tempi litteratissimo. acciocchè da quello la gioventù fiorentina la lingua greca e r altre sue dottrine potessero apprendcre. Nutri nelle sue case Marsilio Ficino, secondo padre délia platonica filosofia, il quale sommamente amô ; e perché potessc più comodamente seguitare gli studj delle lettere, e per poteilo con più sua comodità usare, una possessione propinqua alla sua di Careggi gli donô. Questa sua prudenza adunque, queste sue ricchezze, modo di viverc e fortuna lo fecero a Firenze dai cittadini