‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 138 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

vestiges, on les regarde comme choses fabuleuses et l'on n'y ajoute point créance, comme c'est le cas pour l'histoire de Diodore de Sicile, laquelle, bien qu'elle rapporte les événements de quarante ou cinquante mille années, est réputée, comme je le pense moijkmême, chose mensongère.

m Quant aux causes qui viennent du ciel, ce sont les "fléaux qui détruisent la race humaine et réduisent à un petit nombre les habitants d'une partie du monde, tels que peste, famine ou inondation. Et ce dernier fléau est le plus désastreux, tant parce qu'il est le plus universel, que parce que ceux qui parviennent à en échapper sont pour la plus grande partie hommes montagnards et grossiers, lesquels n'ayant nulle connaissance de l'antiquité, ne peuvent en transmettre la mémoire à leurs descendants. Et si, parmi eux, quelque homme instruit du passé parvient à se sauver, afin d'en retirer réputation et renom, il cache sa science et l'altère à sa guise ; si bien qu'il n'en reste à la postérité que ce qu'il a bien voulu écrire, et rien de plus.

Que ces inondations, pestes et famines adviennent, je ne crois pas qu'on en puisse douter, soit parce que

variarono due o tre volte, si perde la memoria délie cose fatte innanzi a quel tempo. E se pure ne resta alcun segno, si considéra corne cosa favolosa, e non è prestato loro fede : corne interv'iene alla istoria di Diodoro Siculo, che bcnchè e' renda ragione di quaranta o cinquanta mila anni, nondimeno è riputata, corne io credo che sia, cosa mendace. Quanto aile cause che vengono dal cielo, sono quelle che spengono la umana generazione, e riducono a pochi gli abitatori di parte del monde. E questo viene o per peste o per famé o per una inondazione d' acque : e la più importante è questa ultima, si perché la è più universale, si perché quelli clie si salvano sono uomini tutti montanari e rozzi, i quali non avendo notizia di alcuna antichità, non la possono lasciare a' posteri. E se infra loro si salvasse alcuno che ne avesse notizia, per farsi riputazione c nome, la nasconde, e la perverte a suo modo ; talchè ne resta solo a' successori quanto ei ne ha voluto scrivere, e non altro. E che qucste inondazioni, pesti e fami venghino, non credo sia da dubitarne ; si perché ne sono piene tutte le istorie, si perché

les histoires en sont pleines, soit parce qu'il est dans! la nature des choses qu'elles adviennent : la nature, en effet, ressemble à ces corps simples qui, lorsqu'ils renferment des humeurs superflues, après les avoir remuées, les rejettent d'eux-mêmes, et recouvrent ainsi la santé. Il en est de même dans le corps composé de la société humaine : lorsque tous les pays regorgent d'habitants, en sorte que ceux-ci ne peuvent aller nulle part ailleurs, tous les lieux étant occupés, et quand la malice et mauvaiseté des hommes est venue à son comble, il est nécessaire que le monde soit purgé par un de ces trois moyens, afin que les hommes, réduits à un petit nombre, et frappés par l'adversité, vivent plus commodément et redeviennent meilleurs. Discours^ II, 5.

D'où cela vient-il, je ne le saurais dire, mais on voit par des exemples anciens et modernes qu'il n'advient jamais un événement important dans une cité ou dans une province, qu'il n'ait été prédit ou par devins ou par révélations ou par prodiges, ou par autres signes célestes...

La raison ne peut en être expliquée et interprétée que par un homme ayant connaissance des choses

si vede que sto effetto délia oblivionc délie cosc, sî perché e' pare ragionevole che sia : perché la natura, come ne' corpi semplici, quando vi é ragunato assai materia superflua, muove per se medesima moite volte, e fa una purgazione, la quale è salute di quel corpo ; cosi interviene in questo corpo misto délia umana generazione, che quando tutte le provincie sono ripiene di abitatori, in modo che non possono vivere, né possono andare altrove, per esser occupati e pieni tutti i luoghi ; e quando la astuzia e mahgnità umana è venuta dove la puô venire, conviene di nécessita che il mondo si purghi per uno de' tre modi ; acciochè gli uomini essendo divenuti pochi e battuti, vivano più comodamente, e diventino migllori. Discorsi II, 5.

Donde e' si nasca io non so, ma si vede per gli antichi e per gli moderni essempi, che mai non venue alcuno grave accidente in una città o in una provincia, che non sia stato, o da indovini o da revelazioni o da prodigi, o da altri segni celesti, predetto.

La cagione di questo credo sia da essere discorsa ed inter-

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