‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 15 sur 175 · IV. LE PASSÉ ET LE PRÉSENT · texte numérisé non relu

IV. LE PASSÉ ET LE PRÉSENT

de pays à pays, comme on le peut voir par ce que nous savons de ces anciens royaumes qui variaient de l'un à l'autre par suite de la différence de leurs mœurs ; mais le monde restait immuable. Il y eut cette seule différence que la masse du bien, qui d'abord était échu en partage aux Assyriens, fut transportée aux Mèdes, puis aux Perses, d'où elle passa ensuite en Italie et à Rome, et si, après la chute de l'empire romain, il ne s'est élevé aucun empire durable où le monde ait rassemblé toute sa puissance, on la voit néanmoins éparse en une foule de nations qui en ont donné des preuves éclatantes. Tels furent le royaume de France, l'empire des Turcs, celui du Soudan ; tels sont aujourd'hui les peuples d'Allemagne et avant eux cette fameuse tribu Sarrazine, qui fit de si grandes choses et qui occupa une si grande partie du monde après qu'elle eut détruit l'empire romain d'Orient.

Ainsi, dans ces divers pays qui ont surgi après le renversement des Romains, de même que dans toutes ces tribus, on a vu et voit encore par endroits cette valeur tant réputée qu'on loue de bonne louange. Celui qui naît en ces états et qui loue le passé plus que le présent pourrait fort bien se tromper. Mais

questo tristo e questo buono di provincia in provincia :

corne si vede per quello si ha notizia di quelli regni antichi

che variavano dall' uno ail' altro per la variazion.e de' cos-

tumi : ma il mondo restava quel medesimo. Solo vi era questa

differenza, che dove quello aveva prima collocata la sua

virtù in Assiria, la collocô in Media, dipoi in Persia, tanto

che la venne in Italia ed a Roma : e se dopo lo imperio romane

non è seguito imperio che sia durato, ne dove il mondo abbia

ritenuta la sua virtù insieme ; si vede nondimeno essere sparsa in

di moite nazioni dove si vivera virtuosamente ; come era il

regno de' Franchi, il regno de' Turchi, quel del Soldano ;

îd oggi i popoli dclla Magna ; e prima quella sctta Saracina

|che fece tante gran cose, ed occupa tanto mondo, poichè la

[distrusse lo imperio romano orientale. In tutte questc provincie,

ladunque, poichè i Romani rovinarono, ed in tutte queste sètte

fè stata quella virtù, ed è ancora in alcuna parte di esse, che si

desidera, e che con vera laude si lauda. E chi nasce in quelle,

celui qui, né en Italie ou en Grèce, n'est point devenu en Italie ultramontain et en Grèce turc, a raison de blâmer le siècle où il vit et de louer ceux qui ne sont plus. Car ces anciens temps sont tout pleins de choses qui les rendent merveilleux tandis que dans les nôtres il n'y a rien qui rachète leur extrême misère, infamie et déshonneur ; temps malheureux qui ne respectent plus la religion, les lois ni l'armée, mais sont couverts de toutes espèces de souillures. Et ces vices sont d'autant plus haïssables qu'ils se voient en ceux qui siègent aux tribunaux, qui commandent à chacun et veulent qu'on les adore.

Mais, revenant à notre propos, je dis que si le jugement des hommes est entaché quand il s'agit d'apprécier lequel vaut le mieux du présent siècle ou du passé, puisque l'ancienneté nous empêche d'avoir une connaissance aussi exacte des choses passées que des présentes, les vieillards au moins devraient rendre un jugement sain entre les temps de leur jeune âge et ceux de leur vieillesse, puisqu'ils les ont également vus et connus par eux-mêmes. Cela serait vrai si les hommes, pendant tout le cours de leur vie, conservaient mêmes idées et mêmes passions ;

e lauda in tempi passati più che i presenti, si potrebbe ingannare ; ma chi nasce in Itaiia ed in Grecia, e non sia divenuto o in Itaiia oltramontano o in Grecia turco, ha ragione di biasimare i tempi suoi, e laudare gli altri : perché in quelli vi sono assai cose che gli fanno meravigUosi ; in questi non è cosa alcuna che gU ricomperi da ogni estrema miseria, infamia e vituperio : dove non è osservanza di rehgione, non di leggi, non di miUzia ; ma sono maculati d' ogni ragione bruttura. E tanto sono questi vizi più detestabiU, qiianto ei sono più in coloro che seggono pro tribunaH, comandano a ciascuno, e vogliono essere adorati. Ma tornando al ragionamento nostro, dico che se il giudicio degli uonimi è corrotto in giudicare quale sia migliore, o il secolo présente o 1' antico, in quelle cose dove pcr 1' antichit:\ ei non ha possuto avère perfetta cognizione corne egli ha de' suoi tempi ; no doverrebbe corrompcrsi ne' vecchi nel giudicare i tempi dclla gioventù e vecchiezza loro, avcndo quelli e questi egualmente conosciuti e visti La quai cosa sarcbbe vera, se gll uomini per tutti i tempi délia lor vita fussero dcl medesimo giudizio, ed

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