‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 143 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

rnesser Francesco ; lequel, en richesse, en grâce et en valeur passait tous les autres Lucquois. Il ne connaissait d'autre occupation que la guerre et il avait longtemps servi sous les Visconti de Milan. Et comme il était Gibelin, tous les Lucquois qui suivaient ce parti avaient pour lui la plus haute estime. Ce seigneur, lorsqu'il se trouvait à Lucques, se réunissait soir et matin avec les autres citoyens sous la loggia du podestat, qui donne sur la place San Michèle, la première place de Lucques. Là, il vit souvent Castruccio avec les autres enfants des alentours dans ces exercices auxquels nous avons dit plus haut qu'ils s'exerçaient. Et lui étant avis, non seulement qu'il surpassait les autres, mais que ceux-ci en quelque mesure l'aimaient et le révéraient, il devint grandement désireux de savoir qui il était. Ce que lui en dirent les assistants l'anima plus ardemment encore du désir de l'avoir auprès de lui. fn jour donc, l'ayant appelé, il lui demanda ce qu'il ^aimerait le mieux, ou de vivre dans la maison d'un gentilhomme qui lui enseignerait à chevaucher, et à lanier les armes, ou dans la maison d'un prêtre, [ans laquelle on n'entendait jamais rien que messes ît offices. Messer Francesco vit combien Castruccio réjouissait aux seuls noms d'armes et de chevaux ;

)er grazia e per virtù passava di lunga tutti li altri Lucchesi, lo esercizio del quale era la guerra, e sotto i Visconti di Milano iveva lungamente militato ; e perché ghibellino era, sopra tutti li altri che quella parte in Lucca seguitavano era stimato. "^ostui trovandosi in Lucca, e ragunandosi sera e mattina con altri cittadini sotto la Loggia del podestà, la quale è in testa délia piazza di San Michèle, che è la prima piazza di \ucca, vidde più volte Castruccio con li altri fanciulli délia mtrada in quelli esercizii che io dico di sopra esercitarsi ; e )arendoli che, oltre al superarli, egli avesse sopra di loro una lutorità regia, e che quelli in un certo modo lo amassino e iverissino, diventô sommamente desideroso di intendere di 10 essere. Di che sendo informato dai circostanti, si accese maggior desiderio di averlo appresso di se ; ed un giorno liamatolo, il domandô dove più voluntieri starebbe, o in casa i un gentiluomo che gl' insegnassi cavalcare e trattare armi, in casa d'uno prête, dove non si udisse mai altro che ufficii messe. Conobbe messer Francesco quanto Castruccio si

toutefois, il resta un peu honteux, sans répondre. Enfin, comme messer Francesco l'encourageait à parler, il dit que, si cela pouvait plaire à messer Antonio, il ne demandait pas mieux que de laisser les études de prêtre pour embrasser celles de soldat. La réponse plut infiniment à messer Francesco, et il fit tant auprès de messer Antonio qu'au bout de peu de jours, celui-ci consentit à lui céder son fils adoptif ; ce qui le mut à cela fut, sur toute autre chose, le caractère du garçon qu'il sentait bien ne pouvoir tenir ainsi plus longtemps.

Castruccio passa donc de la maison de messer Antonio Castracani, chanoine, en celle de messer Francesco Guinigi, condottiere ; et il est surprenant de penser au peu de temps qu'il lui fallut pour acquérir toutes les qualités et toutes les bonnes manières qu'on requiert d'un gentilhomme. D'abord, il devint un excellent cavalier ; il n'y avait cheval si fougueux qu'il ne maniât le plus adroitement du monde. El dans les joutes et tournois, encore qu'il fût tout jeunet, il n'avait pas son pareil, aussi bien pour Tadresse que pour la force. Il faut ajouter à cela ses manières qui révélaient une rare modestie; jamais

ralle^rô sentendo ricordare cavalli ed armi : pure, stando un poco vergognoso, e dandoli animo messer Francesco a parlare, rispose che quando piacesse al suo messere, che non potrebbe avère maggior piacere che lasciare li studii del prête, e pigliare quelli del soldato. Piacque assai a messer Francesco la risposta, ed in brevissimi giorni operô tanto. che messer Antonio gliene concedette : a che lo spinse più che alcuna altra cosa la natura del fanciullo, giudicando non lo potere tenere molto tempo cosi.

Passato, pertanto, Castruccio di casa di messer Antonio Castracani calonaco, in casa messer Francesco Guinigi condottiere, è cosa straordinaria a pensare in quanto brevissimo tempo ei diventô pieno di tutte auelle virtù e costumi, che in uno gentiluomo si richieggono. In prima, ei si fece uno eccellente cavalcatore, perché ogni ferocissimo cavallo con somma destrezza maneggiava ; e nelle giostre e ne' torniamenti. ancora che giovinetto, era più che alcun altro riguardevole : tanto che in ogni azione o forte o destra, non trovava uomo (ho lo superasse. A che si aggiugnevano i costumi. dove si

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