‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 144 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

on ne le vit faire une action ou dire une parole déplaisante ; il était respectueux avec ses supérieurs, modeste avec ses égaux et affable avec ses inférieurs. C.e qui le faisait aimer non seulement de toute la famille Guinigi, mais de la cité de Lucques tout entière.

Or, il advint à cette époque, Castruccio ayant déjà dix-huit ans, que les Gibelins furent chassés de Pavie par les Guelfes ; les Visconti de Milan mandèrent à leur secours messer Francesco Guinigi. Castruccio le suivit, et fut chargé de tous les détails de sa compagnie. Pendant cette expédition, il donna tant de preuves de prudence et de courage que personne, parmi tous ceux qui prirent part à l'entreprise, ne s'acquit autant de bienveillance et d'estime auprès «le chacun : et le nom de Castruccio devint grand et glorieux, non seulement à Pavie, mais dans toute la Lombardie.

De retour à Lucques, Castruccio, beaucoup plus estimé encore qu'il ne l'était à son départ, fit tout ce qu'il put pour se rendre populaire, employant tous les moyens qui sont nécessaires pour se gagner les I hommes. Sur ces entrefaites, messer Francesco

vedeva una modestia inestimabile : perché mai non se gli vedeva

fare atto, o sentivasegli dire parola che dispiacessi ; ed era iriverente ai maggiori, modesto con gli equali, e con li inferiori fpiacevole. Le quali cose lo facevano non solamente da tutta

la famiglia de' Guinigi, ma da tutta la città di Lucca amare. fOccorse in quelli tempi, sendo già Castruccio di xviii anni, .che i ghibellini furono cacciati dai guelfi di Pavia : in favore ide' quali fu mandato dai Visconti di Milano messer Francesco

Guinigi, con il quale andô Castniccio, corne quello che aveva [il pondo di tutta la compagnia sua. Nella quale espedizione, jGastruccio dette tanti saggi di se di prudenza e di animo, che |niuno che in quella impresa si trovassi, ne acquistô grazia ^appresso di qualunche, quanta ne riportô egli : e non solo il jnome suo in Pavia, ma in tutta la Lombardia diventô grande [ed onorato.

Tomato, adunche, in Lucca Castruccio, assai più stimato jthe al partire suo non era, non mancava in quanto a lui era Lpossibile di farsi amici, osservando tutti quelli modi che a |cug,dagnarsi uomini sono necessarii. Ma sendo venuto messer

Guinigi étant venu à trépas, laissant un fils de treize ans nommé Pagolo, il avait institué Castruccio tuteur de l'enfant et gouverneur de ses biens. A l'heure de mourir, il le fit venir à son chevet et le pria de vouloir bien élever son fils avec autant de sollicitude qu'il avait été élevé lui-même, et de rendre au fils les bienfaits qu'il n'avait pu rendre au père. Puis messer Francesco Guinigi ayant trépassé, Castruccio. resté gouverneur et tuteur de Pagolo, s'accrut tellement en réputation et puissance qu'une part de la popularité qu'il s'était acquise à Lucques se convertit en envie ; si bien qu'il devint suspect et que plusieurs, calomnieusement, l'accusaient d'aspirer à la tyrannie ; parmi lesquels le plus important était messer Giorgio degli Opizi, chef du parti guelfe. Celui-ci espérait devenir, par la mort de messer Francesco Guinigi, en quelque sorte le souverain de Lucques, et comme il pensait que Castruccio, resté dans le gouvernement grâce à l'influence de ses qualités, lui en avait enlevé toutes les occasions, il allait semant toutes sortes de choses contre lui, afin de le discréditer. A quoi Castruccio répondit d'abord par le dédain ; puis le soupçon vint s'y joindre, et il fut bientôt persuadé

Francesco Guinigi a morte, ed avendo lasciato un suo figliuoo di età di anni xiii chiamato Pagolo, lasciô tutort e govematore de' suoi béni Castruccio, avendolo innanzi al morire fatto venire a se, e pregatolo che fussi contento allevare il suo figliuolo con quella fede che era stato allevato egli, e quelli meriti che non aveva potuto rendere al padre, rendesse al figliuolo. Morto, pertanto, messer Francesco Guinigi, e rimaso Castruccio governatore e tutore di Pagolo, accrebbe tanto in riputazione e potenzia, che quella grazia che soleva avère in Lucca, si converti parte in invidia ; talmente che molti come uomo sospetto e che avesse 1' animo tirannico, lo caluniavano : intra i quali, il primo era messer Giorgio degli Opizi, capo délia parte guelfa. Costui sperando per la morte di messer Francesco rimancre come principe di Lucca, li pareva che Castruccio, sendo rimasto in quello govcrno, per la grazia che li davano le sue qualità, gliene avessi tolta ogni occasione, e per questo andava seminando cose che gli togliessino grazia : di che Castruccio prese prima sdegno ; al quale poco dipoi si aggiunse il sospetto, perché pensava che messer Giorgio non

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