‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 146 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

Monte Carlo et postée entre Monte Catini et Pescia. Uguccione vint se placer au-dessous de Monte Carlo, à deux milles environ de l'ennemi. Là, pendant quelques jours, il n'y eut entre les deux armées que de légers chocs de cavalerie, parce que Ugur cione étant tombé malade 1, Pisans et Lucquois évitaient avec soin d'en venir aux prises avec l'enemi. La maladie d'Uguccione s'étant aggravée, il se retira pour se faire soigner, à Monte Carlo, et laissa à Castruccio le commandement de l'armée. Cet événement fut cause de la ruine des Guelfes, qui redoublèrent de confiance, leur étant avis que l'armée ennemie fût restée sans capitaine. Castruccio s'en avisa, et, plusieurs jours durant, fit en sorte de les enfoncer toujours plus en cette opinion : faisant semblant de craindre, ne laissant sortir du camp aucune munition. De leur côté, flu; les Guelfes s'apercevaient d'une telle crainte, plus ils devenaient outrecuidants, et ils se présentaient chaque jour en ordre de bataille devant l'armée de Castruccio. Lorsqu'il lui sembla les avoir assez bouffis de confiance, et qu'il eut observé leurs

ito da Monte Carlo, e postosi intra Monte Catino e Pescia : îd Uguccione si misse sotto Monte Carlo, propinquo a' nimici

due miglia, dove qualche giorno intra i cavagji dell' uno e jdeir altro esercito si fece alcuna leggiera zuffa, perché sendo immalato Uguccione ^, i Pisani ed i Lucchesi si fuggivono di Tare la giornata con li nimici. Ma sendo Uguccione aggravato lel maie, si ritirô per curarsi a Monte Carlo, e lasciô a Castruccio la cura dellv^ esercito. La quale cosa fu la rovina de' Guelfi ; )erchè questi persono animo, parendo loro che lo esercito Inimico fussi rimaso senza capitano II che Castruccio conobbe, îd attese per alcuni giorni ad accrescere in loro questa opilione, mostrando di ten ère, non lasciando uscire alcuno délie

lunizioni del campo : e dall' altra parte i Guelfi quanto )iù vedevono questo timoré, tanto più diventavono insolenti,

ciascuno giorno ordinati alia zuffa si presentavono air eser- :ito di Castruccio. Il quale, parendoli avère dato loro assai inimo, e conosciuto V ordine loro, deliberô fare la giornata

^ La bataille de Monte-Catini eut lieu effectivement, mais

ion point comme Machiavel la décrit. Il fait tomber malade

Iguccione délia Faggiola, afin de donner le commandement

Castruccio. fcln réalité ce fut Uguccione qui dirigea la bataille.

dispositions, il résolut de livrer bataille ; et d'abord il affermit par paroles le courage de ses soldats, et leur promit victoire certaine pourvu qu'ils voulussent obéir à ses ordres. Castruccio s'était avisé que les ennemis avaient placé toutes leurs troupes les plus fortes au centre, et les plus faibles aux ailes. Il prit, de son côté, des dispositions contraires : il mit aux ailes tout ce qu'il y avait de plus vaillant, et au centre les gens de moindre valeur. Et dans cet ordre il sortit de ses retranchements. A peine en vue de l'ennemi, qui le venait défier insolemment, suivant son habitude, Castruccio commanda aux troupes du centre d'avancer avec lenteur, et aux ailes de se mouvoir avec rapidité. Si bien que, lorsqu'on en vint aux prises, seules les ailes de l'une et de l'autre armées se joignirent, tandis que le centre resta sans coup férir, parce que les troupes du centre de Castruccio étant restées très en arrière, celles de l'ennemi ne les purent toucher ; et, par cette manœuvre, les plus vigoureux soldats de Castruccio combattirent les plus faibles de l'ennemi, et les plus vigoureux de l'ennemi restaient sans coup férir, ne pouvant ni s'attaquer aux troupes qu'ils avaient en face, ni secourir les

con quelli ; e prima, con le parole fermô lo animo de' suoi soldati, e mostrô loro la vittoria certa, quando volessino ubbidire alli ordini suoi. Aveva Castruccio veduto corne li nimici avevano messe tutte le loro forze nel mezzo délie schiere, e le genti più deboli nelle corna di quelle : onde che esso fece il contrario, perché messe nelle corna del suo esercito la più valorosa gente avesse, e nel mezzo quella di meno stima. E uscito de' suoi alloggiamenti con questo ordine, corne prima venue alla vista dello esercito inimico, il quale insolentemente secondo l'uso lo veniva a trovare, comandô che le squadre del mezzo andassero adagio, e quelle délie corna con prestezza si movessino. Tanto che, quando venue aile mani con nimici, le corna sole dell' uno e dell' altro esercito combatte\ ono, e le schiere del mezzo si posavano ; perché le genti di mezzo di Castruccio erano rimaste tanto indneto, che quelle di mezzo ilelli inimici non le aggiugnevano e cosî venivono le più gagliarde genti di Castruccio a combattere con le più deboli degli inimici, e le più gagliarde loro si posavono, senza potere offendere quelli avevono allô incontro, o dare alcuno aiuto

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