XIX. MACHIAVEL HISTORIEN
^se avant que d'être à Lucques ; toutefois, il ne •ut pas devoir retourner en arrière, de peur que les .ucquois, gagnés par l'exemple des Pisans, ne lui [fermassent encore les portes. Mais les Lucquois, ipprenant les faits et gestes des Pisans, nonobstant Iqu'Uguccione fût entré dans Lucques, commencèrent, sous prétexte de délivrer Castruccio, à former ides groupes sur les places publiques, où ils s'exprimaient sans retenue, puis à faire du tumulte, après quoi ils en vinrent aux armes, réclamant la liberté de Castruccio. Uguccione, dans la crainte de plus grands malheurs, le tira de prison. Et Castruccio, ayant à la hâte réuni tous ses amis, avec la faveur du peuple, se précipita contre Uguccione ; lequel, se voyant sans ressource, prit la fuite avec ses partisans et s'en fut en Lombardie, auprès des seigneurs délia Scala, où il mourut pauvre.
Mais Castruccio, de prisonnier devenu pour ainsi dire prince dans Lucques, se servit de ses amis et de la faveur toute récente du peuple, en telle guise qu'il fut fait capitaine général des troupes lucquoises pour une année ; cette dignité obtenue, pour se faire un nom dans la guerre, il résolut de faire recouvrer
arrivasse a Lucca lo accidente seguito in Pisa, ne li parse di tornare indietro, acciocchè i Lucchesi con lo esempio de' Pisani non li serrassino ancora quelli le porte. Ma i Lucchesi sentendo i casi di Pisa, nonostante che Uguccione fussi venuto in Lucca, presa occasione délia liberazione di Castruccio, cominciorno prima ne' circoli per le piazze a parlare senza rispetto, di poi a fare tumulto, e da quello vennono ail' armi, domandando che Castruccio fusse libero : tanto che Uguccione, per timoré di peggio, lo trasse di prigione. Donde che Castruccio, subito ragunati suoi amici, col favore del popolo fece impeto contro ad Uguccione : il quale, vedendo non avère rimedio, se ne fuggi con li amici suoi, e ne andô in Lombardia a trovare i signori délia Scala, dove poveramente mori.
Ma Castruccio, di prigioniero, diventato come principe di Lucca, operô con li amici suoi e con il favore fresco del popolo in modo, che fu fatto capitano délie lor genti per uno anno : il^ che ottenuto, per darsi reputazione délia guerra, disegnô di recuperare ai Lucchesi moite terre che si erano ribeilate
aux Lucquois un grand nombre de places qui s'étaient rebellées depuis la fuite d'Uguecione. Renforcé par les Pisans, avec lesquels il s'était ligué, il alla mettre le siège devant Sarzana ; et pour venir à bout de prendre la place, il fit élever sur une position qui la dominait, une redoute, changée depuis par les Florentins, et qui s'appelle aujourd'hui Sarzanello. En deux mois, Sarzana fut prise. Après quoi, se servant du nom qu'il s'était acquis, il occupa Massa, Carrara et Lavenza ; et en un temps fort court s'empara de toute la Lunigiane. Et, pour clore le passage qui mène de Lombardie en Lunigiane, il prit d'assaut Pontremoli et chassa de ce lieu messer Anastasio Pallavicini, qui en était seigneur. Lorsqu'il revint à Lucques, après cette victoire, tout le peuple se porta à sa rencontre. Alors, lui étant avis qu'il ne devait point différer à se faire prince, s'appuyant de Pazzino del Poggio, Puccinello dal Portico, Francesco Boccansacchi et Cecco Guinigi, homme fort réputé à Lucques et qu'il parvint à corrompre, il se fit seigneur de la ville, et le peuple, par délibération solennelle, l'élut prince.
Or, en ces temps-là, Frédéric de Bavière, roi des Romains, s'était rendu en Italie pour prendre la
doppo la partita di Uguccione ; ed andô, con il favore de' Pisani con li quali si era collegato, a campo a Serezzana ; e per espugnarla, fece sopra essa una bastia, la quale dipoi mutata dai Fiorentini, si chiama oggi Serezzanello, e in tempo di doi mesi prese la terra. Dipoi, con questa reputazione, occupô Massa, Carrara e Lavenza, ed in brevissimo tempo occupô tutta Lunigiana. E per serrare il passo che di Lombardia viene in Lunigiana, espugnô Pontriemoli, e ne trasse messer Anastasio Pallavisini, che n' era signore. Tornato a Lucca con questa' vittoria, fu da tutto il popolo incontrat 3 ; ne parendo a Castr ccio da differire il farsi principe, me liante Pazzino dal Poggio, Puccinello dal Portico, Francesco Boccansacchi, e Cecco Guinigi, allora di grande reputazione in Lucca, corrotto da lui, se ne fece signore, e solennemente e per deliberazione del popolo fu eletto principe.
Era venuto in questo tempo in Italia Federigo di Baviera, re de' Romani, per prendere la corona^dello Imperio : Il quale 1