‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 16 sur 175 · IV. LE PASSÉ ET LE PRÉSENT · texte numérisé non relu

IV. LE PASSÉ ET LE PRÉSENT

mais comme elles changent, bien que les temps ne changent pas, les hommes ne peuvent juger que les temps sont les mêmes, ayant d'autres passions, d'autres plaisirs, d'autres considérations dans leur vieillesse que dans leur jeunesse. Les hommes, à mesure qu'ils vieillissent, perdent en force ce qu'ils gagnent en jugement et prudence ; aussi est-il nécessaire que ce qu'ils aimaient et pratiquaient en leur jeunesse leur devienne fastidieux en avançant en âge, et au lieu de s'en prendre à leur manière de voir, ils en accusent les temps.

D'ailleurs, rien ne peut assouvir les désirs insatiables de l'homme, car il a reçu de la nature la faculté de vouloir et pouvoir désirer toute chose, mais la fortune ne lui permet d'en atteindre qu'un petit nombre. Il en résulte dans le cœur de l'homme un continuel mécontentement et un dégoût des choses qu'il possède, qui lui font blâmer le temps présent, louer le passé et désirer l'avenir, encore qu'il n'y soit poussé par aucun raisonnable motif.

Je ne sais si je ne vais point mériter d'être compté parmi ceux qui se trompent si, dans ces Discours, je loue par trop les temps des anciens Romains et blâme

avessero quelli medesimi appetiti : ma variando quelli, ancora che i tempi non variino, non possono parère agli uomini quelli medesimi, avendo altri appetiti, altri diletti, altre considerazioni nella vecchiezza, che nella gioventù. Perché, mancando gli uonimi quando li invecchiano di forze, e crescendo di giudizio e di prudenza ; é necessario che quelle cose che in gioventù parevano loro sopportabili e buone, rieschino poi invecchiando insopportabili e cattive ; e dove quelli ne doverrebhono accusare il giudicio loro, ne accusano i tempi. Sendo, oltra di questo, gli appetiti umani insaziahili, perché hanno dalla natura di potere e voler desiderare ogni cosa, e dalla fortuna di potere conseguirne poche ; ne risulta continuamente una mala contentezza nelle menti umane, cd un fastidio délie cose che si posseggono : il che fa biasimare 1 presenti tempi, laudare i passati, e desiderare i futurl ; ancora <he a fare questo non fussino mossi da alcuna ragionevole cagione. Non so, adunque, se io meriterô d' essere numerato tra quelli che si ingannano, se in questi mia discorsi io lauderô

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les nôtres. Certes, si la vertu qui régnait en ces temps, et le vice qui règne de nos jours n'étaient plus visibles que la clarté du soleil, je parlerais avec plus de retenue, crainte de partager l'erreur dont j'accuse certains. Mais la chose étant si manifeste que chacun la voit, je m'enhardirai à dire manifestement ce que je'pense de ces temps et des nôtres, afin que l'esprit des jeunes gens qui liront mes écrits puisse fuir l'exemple des uns, et tâcher d'imiter les autres, toutes les fois que la fortune leur en présentera l'occasion. Car c'est le devoir d'un honnête homme d'indiquer aux autres le bien que la mauvaiseté des temps et de la fortune ne lui a point permis de faire lui-même, afin que parmi tous ceux qui en sont capables, il s'en trouve un, plus aimé du ciel, qui le puisse accomplir.

Discours, II, Prologue.

troppo i tempi degli antichi Romani, e biasimerô i nostri. E veramente, se la virtù che allora regnava, ed il vizio che ora régna, non fussino più chiari che il sole, andrei col parlare più rattenuto, dubitando non incorrere in quello inganno di che io accuso alcuni. Ma essendo la cosa si manifesta che ciascuno, la vede, sarô animoso in dire manifestamente quello che intenderô di quelli e di questi tempi ; acciocchè gli animi de' giovani che questi mia scritti leggeranno, possino fuggire questi, e prepararsi ad imitar quegU, qualunque volta la fortuna ne dessi loro occasione. Perché gU è offizio di uomo buono, quel bene che per la malignità de' tempi e délia fortuna tu non hai potuto operare, insegnarlo ad altri, acciocchè sendone molti capaci, alcuno di quelli, più amato dal Cielo, possa operarlo.

Discorsi, II. Prologo.

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